‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 95 sur 99 · VG PRINCIPES ET SUITES DE LA PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

VG PRINCIPES ET SUITES DE LA PROBABILITÉ

voir les pernicieuses suites. Mais pour fermer la bouche à tous ceux qui la voudraient défendre y il n'y a qu'à les avertir que l^tat aussi bien que la religion est obligé de rétouffer, parce que tant qu'elle subsistera on ne pourra jamais empêcher que les détestables maximes contre la sûreté de la personne des rois et contre leur autorite souveraine , qui ont été si souvent condamnées par les parlements , par les universités et par le clergé de France , ne demeurent toujours probables et sûres en conscience, et ne soient regardées par ceux qui sont instruits en cette doctrine comme des voies certaines pour aller au ciel, puisqu'elles ont été enseignées, non par un ni par quatre, mais par plus de vingt des plus célèbres de ces casuistes.

Enfin , pour donner en peu de paroles un contre-poison qui ne puisse être suspect, nous joindrons ici un lien célèbre de saint Thomas qui éclaircit toute cette matière.

S. Thomas, quodlib. 8, art. 13.

Utrum, quando sunt divenae opiniones de aliquo facto, file, qui seqiiitnr minitt ftifam, peceet; of de pturalitate pracbendarom.

Respondeo, dicendum, quod duobus modis aliqùis ad peccatum obligatur : uno modo, faciendo contra legem, ut cum aliquis fornicatur : alio modo, faciendo contra conscîentîam, etiamsi non sit contra legem; ut si conscientid dictât alicui, quod levare festucam de terra sit peccatum mortale. Ex conscientia autem obligatur aliquis ad peccatum, sive habeat certani fidenide contrario ejus quod agit; sive etiam habeat opinionem cum aliqua dubitatione. Illud autem quod agitur contra legem, semper est malum, nec excusatur per hoc quod est secunduni conscientam ; et similiter, quod est contra conscientiam, est malum, quamvis non sit contra legem. Quod autem nec contra conscientiam , nec contra legem est , non potest esse peccatum. Dicendum est ergo, quod quaadô duae sunt opiniones contrari» de eodem, opportet esse alteram veram, et alterani fiilsam. Aut ergo illequi facit contra opinionem magistrorum,

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