‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 94 sur 99 · PRINCIPES ET SUITES DE ' LA PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

PRINCIPES ET SUITES DE ' LA PROBABILITÉ

sujficit : comme si l'école de Jésus-Christ était devenue tout d'un coup une école de pyrrhoniens.

Mais le venin de cette doctrine consiste dans l'union de ces quatre maximes^ qui servent de fondement à toutes les autres.

La première, que « lorsqu'il y a différentes opinions proa bables sur quelque point, et que quelques-uns soutiennent a qu'une chose est défendue, les autres, au contraire, qu'elle « est permise, toutes ces deux opinions sont également sûres a en conscience , et quoique par nécessité il y en ait une des c< deux qui soit fausse et contraire à la loi de Dieu , on ne laisse « pas néanmoins d'aller au ciel par toutes les deux, et aussi « bien par la fausse que par la véritable : Ut qtuimcunque a dtmrum viarum primo diversarum homines inierint, recta c< tendant ad superos y » comme dit Escobar. TheoL moral., t. V, in prael., cap. 8.

La deuxième , « qu'il est permis de choisir l'opinion la moins « probable et la moins sûre , en quittant la plus probable et la (f plus sûre : c'est-à-dire que , lorsqu'on est en doute s'il y a « péché dans une action ou s'il n'y en a points et que Topinion « qui soutient qu'il y en a nous paraît plus probable, en sorte c( que, tout considéré, nous sommes de ce sentiment, il nous « est néanmoins permis et sûr en conscience de faire cette (f action, que nous croyons plus probablement être un péché. »

La troisième, « qu'une opinion est probable, lorsqu'elle est « appuyée d'une raison ou d'une autorité considérable, et qu'il « n'est pas nélbessaire que ces deux conditions soient jointes c< ensemble, l'mie ou l'autre suffisant. Us appellent la première « sorte de probabilité, probabilitatem intrinsecam ; et la seii coude, probabilitatem ex trinsecam)^.

La quatrième, a que, selon le sentiment général des ca- « suistes, une opinion est probable et peut être conimunément « suivie sans crainte , lorsqu'elle est soutenue par quatre au- « teurs graves, et que plusieurs enseignent que l'autorité d'un « seul suffit » .

C'est dans l'enchaînement et dans l'union de ces quatre maximes que consiste la doctrine de la probabilité. Cet extrait, et ceux que nous avons donnés auparavant , en peuvent faire

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