‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 97 sur 99 · PRINCIPES ET SUITES DE LA PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

PRINCIPES ET SUITES DE LA PROBABILITÉ

Explicpiés par Caràmoubl, Pun des plus célèbres entre les casaistes nou- Teauxy dans un livre imprimé en 16&3, intitulé Theounu FOHOAiiBiiTALts.

I. Deux sortes de probabilités: Tune par la raison, Tautre par Tautorité. Que Tune sans l'autre suffit; que toutes les opinions probables sont également sûres d'elles-mêmes ; que^ par accident , les pluç douces sont les plus sûres ^ et qu'il est permis de suivre la moins probable. Garamouel, Theol.fundamy

4V6 TABLE DES PROPOSITIONS

II. Que y selon le sentiment commun des casuisies , quatre auteurs suf&ent pour rendre une opinion probable ; et^ par une conséquence nécessaire y un seul suffit aussi. Ibid.y p. 137.

III. Trois conditions nécessaires, pour pouvoir dire qu'une action est illicite, et que. Tune des trois manquant , on doit dire qu'elle est permise. Ibid., p. 1 38.

lY. Que les évéques ne peuvent défendre les livres des casuistes que comme des marchandises ou comme nuisibles par accident, et non pas les condamner comme mauvais. Ihid.^ p. 89.

y. Qu'il est impossible de condamner en elle-même une opinion probable, et qu'il est impossible aussi qu'une opinion soutenue par plusieurs docteurs ne soit pas probable. lbid,<,

VI. Qu'une opinion probable , c'est-à-dire qui a été soutenue par des casuistes célèbres , ne peut cesser d'être probable et sûre, si le contrmre ne devient article de foi par une nouvelle définition de l'Église; et qu'une condamnation moindre que celle-là ne lui peutôter sa probabilité. Ihid.j p. 89.

VII. Que , supposé la doctrine de la probabilité , tout ce que quelques casuistes écrivent pour condamner quelques opinions relâchées des autres ne sert de rien , parce que cela n'empêche pas que ces opinions des autres ne demeurent probables. Ibid»,

VIII. Que, lorsqu'il n'y a encore qu'un auteur grave qui ait traité d'un cas en propres termes, son opinion est moralement certaine et plus que probable. Exemple de la doctrine du père Lamy, qui donne permission aux religieux de tuer pour des calomnies. Ibid,<, p. 545.

IX. Qu'on ne doit point alléguer les lois civiles ou ecclésias^ tiques contre les nouvelles opinions des casuistes , parce que , étant plus jeunes que les lois, elles ne peuvent y avoir été expressément condamnées. Ibid.^ p. 549.

X. Que les inconvénients et les dangereuses suites qui naissent des opinions probables n'empêchent point qu'elles ne soient probables. Ibid.

XI. Qu'il faut réformer la logique, parce que celle qu'on a en-

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seignée jusqu'ici ne s'accorde pas assez bien avec la doctrine de ia probabilité. Ibid.y p. 550.

XII. Usage dé la doctrine de la probabilité , pour autoriser les plus nEÛ&chantes décisions. Ibid., p. 550 et 552.

xm. Que les juges ne peuvent condamner ceux qui ont suivi une opinion probable , comme serait celui qui aurait tué pour la défense de son hoimeur^ et qu'il en est de même de l'excommunication^ etc. Caramouel^ p. 202 5 et /n CemmBntario in régula sancii Benedieti , 1. 1^ n. 65.

xiT. Que ceux qui suivent les opinions probables les plus douces^ c'est-à-dîre les plus relâchées^ telles que sont celles qui sontapprouvées par Diana, doivent être appelés^ non-seulement des soldats généreux, mais aussi des vierges, parce que ces^ opioionsdonnentmoyen d'agirdanstouslespréceptesde l'Église avec une telle pureté qu'on n'y commet pas même un seul péché véniel. Garaniouel , In Epistola ad Ant. Dianam ^ p. 24. . XV. Que , par le moyen des opinions probables y on satisfait ài'oiBce divin sans aucun péché véniel^ quelque distraction que l'on y ait , même volontaire , parce qu'on n'a qu'à croire probablement que l'Église ne commande que la récitation extérieure y sans qu'on soit obligé à aucune attention intérieure. Caramouel , pour recommander Tutilité de cette invention , déclare^ parlant de lui-même^ qu'il ne se confessait pas en un an une fds d'avoir fait la moindre faute vénielle en disant son bréviaire ; mais qu'au contraire il pouvait jurer qu'il n'en avait fait aucune , quoiqu'il eût souvent plusieurs distractions^ même volontaires. Caramouel, p. 134.

XVI. Que , de deux opinions probables contraires, une même personne peut à sa fantaisie se servir de Tune , et un moment après de l'autre , quelque dommage que le prochain en puisse recevoir. Que cette doctrine est vraie , quelques inconvénients qui en arrivent, et quoique , par ce changement d'opinion, on s'exempte d'observer Içs commandements de l'Église , parce que ces commandements sont fort anciens, et que ces sul)tilités sont fort nouvelles ; et qu'ainsi l'Église, ne les ayant point prévues , ne les a point aussi défendues. IHd. , p. 1 43 .

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