DE LA M£SS2. I
ITest-ce pas là un meryeilleux changement I En yérité, lui diâ-je y mon père, je ne puis m'empécher de vous dire ma pensée. Je crains que vous ne preniez mal vos mesures , et que cette indulgence ne soit capable de choquer plus de monde que d'en attirer. Car la messe ^ par exemple , est une chose si grande et si sainte y qu'il suffîroit pour faire perdre à ros auteurs toute créance dans ^esprit de plusieurs personnes , de leur montrer de quelle manière ils en parlent. Gela est bien vrai , dit le père , à regard de certaines gens : mais ne savezyous pas que nous nous accommodons à toute sorte de personnes ? Il semble que vous ayez perdu la mémoire de ce que je tous ai dit si souyent sur ce sujet. Je veux donc vous en entretenir la première fois à loisir , en différant pour cela notre entretien des àdoucissemens de la confession. Je vous le ferai si bien entendre , que vous ne l'oublierez jamais. Nous nous séparâmes là-dessus ; et ainsi je m'imagine que notre première conversation sera de leur politique. Je suis y etc.
Depuis que )*û écrit cette lettre , j'ai vu le lirre du m Paradis onrert par cent dérotions aisées à pratiquer, » parle P. Bany , et celai de « La Marque de prédestinam tion , » par le P. Binet : ce sont des pièces digues d'éïre» Toes.
DIXIEME LETTRE i.
AUoncUienent qne lei jéioitef ont apportés ment de pénitence , par lenn maxîitoce confenion , la latisfaeUon , ra]>M>Ioti(ni , les •:on« prochaines de pécher, 1« contriiiMi et T de Oieu*
Pe Parif , ce a aoAt iC5««
0K8IEUR,
Ce n*e8t pas encore ici la poHtiqne de la Société I mais c'en est un des plus grands principes. Vous y verrez les adoucissemens de Im confession , qui sont assurément le meilleur moyen que ces pères aient trouvé pour attirer tout le monde , et ne rebuter personne. II £iJloit savoir cela avant que de passer outre. Et c'est pourquoi le père trouva à propos de m'en. instruire en cette sorte.
Vous avez vu , me dit - il ^ par tou^ ce qne je vous ai dit jusques ici y avec quel succès nos pères ont travaillé à découvrir , par leurs lumières , quMLy a un grand nombre de choses
» Cette lettre fut f«ite de concert arec M. Arnaaid*
ADOVCIS8EMSX8. 199
permises , qui passoient autrefois pour défendues ; mais parce quHl reste encore des péchés qu^on n'a pu excuser , et que IVnique remède en est la confession y il a été bien nécessaire •d'en adoucir les difficultés , par les voies que j'ai maintenant à vous dire. Et ainsi, après TOUS avoir montré dans toutes nos conversations précédentes , comment on a soulagé les scrupules qui troubloient les consciences , en faisant voir que ce qu'on croyoit mauvais ^ ne l'est pas ; il reste à vous montrer en celle-ci la manière d'expier facilement ce qui est véritablement péché , en rendant la confession aussi aisée qu'elle étoit difficile autrefois. Et par quel moyen , mon père? C'est, dit-il, par ces subtilités admirables qui sont propres à notre Compagnie , et que nos pères de Flandre appellent , dans l'Image de notre premier siècle, 1. 3, or. I , p. 401 , et 1. 1 , c. a , ^c de pieuses et saintes <c finesses , et un saint artifice de dévotion : n piam et religiosam calliditatem , et pietatis « solerticurij » au 1. 3 , c 8. C'est par le moyen de ces inventions « que les crimes s'expient au* n jourd'hui alacriuay avec plus d'alégresse et ce d'ardeur qu'ils ne se commettoient autrefois ; « ensor te que plusieurs personnes effacent leurs €< taches aussi promptement qu'ils les contracu tenii plurimivixcitiua maculiis contrahunt.
20O DIXIEME rETTEE*
m quant ehatnt , » comme il est dit an méiii# lien. Apprenez - moi donc , je tous prie , mon père , ces finesse* si salutaires. Il y en a pinsîenrs j me dit-il ; car comme il se trouTe bean* coup de choses pénibles dans la confession , on a apporté des adoncissemens à chacune. Et parce que les principales peines qui 8*y rencontrent , sont la honte de confesser de certains péchés^ le soin d'en exprimer les circonstances , la pénitence qu'il en faut faire y la résolution de n'y plus tomber , la fuite des occasions prochaines qui y engagent y et le regret 4e les aroir commis ; j'espère tous montrer aujourd'hui qu'il ne reste presque rien de 0chenx en tout cela y tant on a eu soin d'ôter toute l'amertume et tonte Taigrear d'un remède si nécessaire.
Car pour commencer par la peine qu'on a de confesser de certains péchés, comme tous n^ignorez pas qu'il est souTcnt assez important de se conserver dans l'estime de son confesseur y n'est-ce pas une chose bien commode de permettre , comme font nos pères j et entre antres Escobar, qui cite encore Snarez, te 7, a« 4 9 n* i35, n d'avoir deux confesseurs , l'un pour «c les péchas mortels, et l'autre pour les Téniels, m afin de se maintenir en bonne réputation aau pr(;3 de son confesseur ordinaire , ut bonam a famam apud ordinanum tueatur, pourm
Hv sachement de pénitence, âoi
« qu'on ne prenne pas de- lu. occasion de de- •r meurer dans le péché mortel. » Et il donne ensuite un autre subtil moyen pour se confesser d*un péché , même à son confesseur ordinaire , sans qu'il s'apperçoive qu'on l'a commis depuis la dernière confession. « C'est , dit- il , €€ de faire une confession générale , et de con- «c fondre ce dernier péché avec les autres dont •c on s'accuse en gros. » Il dit encore la même chose , princ. ex. 2 , n. 73. Et tous avouerez ^ je m'assure ) que cette décision du père Bauny » Theol. mor. tr. 4 > <1* ^^ > P* ^^7 > soulage encore bien la honte qu'on a de confesser ses rechutes : « Que , hors de certaines occasions , « qui n'arrivent que rarement , le confesseur « n'a pas droit de demander si le péché dont « on s'accuse est un péché d'habitude , et qu'on ce n'est pas obligé de lui répondre sur cela ; m parce qu'il n'a pas droit de donner à son « pénitent la honte de déclarer ses rechutes m fréquentes. »
Comment , mon père ? j'aiiperois autant dire qu'un médecin n'a pas droit de demander à son malade s'il y a long-temps qu'il a la fièvre. Les péchés ne sont -ils pas tous difiPérens selon ces différentes circonstances? et le dessein d'un ▼éritable pénitent ne doit- il pas être d'exposer tout l'état dé sa conscience à son confesseur y
arec la même sincérité et la même ouverture de cœur que 8*11 parloit à Jésus -Christ , dont le prêtre tient la place? Or , n'est-on pas bien éloigné de cette disposition, quand on cache ses rechutes fréquentes , pour cacher la grandeur de son péché 1 Je vis le bon père embarrassé là-des* sus : de sorte qu'il pensa à éluder cette difficulté» plutôt qu'à la résoudre ,^en m'apprenant une^ autre de leurs règles , qui établit seulement un nouveau désordre , sans justifier en aucune sorte cette décision du père Bauny , qui est à mon sens une de leurs plus pernicieuses maximes, et des plus propres à entretenir les vicienz dans leurs mauvaises habitudes. Je demeure d'accord , me dit -il , que l'iiabitude augmente la malice du péché , mais elle n'en change pas la nature : et c'est pourquoi on n'est pas obligé à s'en confesser , selon la règle de nos pères » qu'Escobar rapporte, princ. ex. a, n. 39 : « Qu'on «c n'est obligé de confesser que les circonstan* « ces qui changent l'espèce du péché y et non m pas celles qui l'aggravent. »
C'est selon cette règle que notre père Granados dit, in Spart, cont. 7, t. 9, d. 9 , n. aa, <t Que si on a mangé de la viande en carême y « il suffit de s'accuser d'avoir rompu le jeûne , m sans dire si c'est en mangeant de la viande ^ « ou en disant deux repas maigres. » Et selon
1>17 SACREMENT DE pilYITEKCE. 2o3
notre perç RegînaUlus , tr. i, l. 6» c. 4 > n. 1 14 : « Un devin qui 8*est servi ile Part cliabolin que , n'est pas obligé à déclarer cette cir« et constance ; mais il sufEt de dir*^ quUl s'est «I mêlé de deviner , sans exprimer si c'est par <c la chiromancie , ou par un pacte avec le du* ce mon, » Et Fagundez , de notre Société , p* 2 , 1. 4» c. 3, n. 17, dit aussi : <cLe rapt n'est «c pas une circonstance qu'on soit tenu de dé« ce couvrir , quand la fille y a consenti. » Notre père Escobar rapporte tout cela au m6me liea^ n. ^ly 6\ j 6^^ avec plusieurs autres décisions assez curieuses des circonstances qu'on n'est pas obligé de confesser. Vous pouvez les y voir Tons-méme; Voilà, lui dis-je , des artifices de dévotion bien accommodans.
Tout cela néanmoins , dit il , ne seroit rien y si on n'avoit de plus adouci la péiïitence , qui est une des choses qui éloignoit davantage de la confession. Mais maintenant les plus délicats ne la sauroient plus appréhender , après* ce que nous avons soutenu dans nos thèses du . collège de Glermont : « Que si le confesseur im* « pose une pénitence convenable , convtnien" et tem j et qu'on ne veuille pas néanmoins l'ac* m cepter , on peut se retirer en renonçant à tt l'absolution et à la pénitence imposée. » Et Escobar dit encore dans la Pratique de la
2o4 DrxiEME rSTTRB.
pénitence y selon notre Société , tr. 7 , es. 4 » n. 188 : a Qne si le pénitent déclare qa*il reut <K remettre à l'antre monde à £ûre pénitence , «I et sonfiiir en purgatoire tontes les peines <K qni Ini sont dnes , alors le confessenr doit loi «c imposer nne pénitence bien légère pour Fin- . «c tégrité dn sacrement , et principalement s*il «c reconnoit qu'il n'en accepteroitpas une plus « grande. » Je crois, lui dis- je, qne si cela étoit , on ne derroit plus appeUer la confession le sacrement de pénitence. Vous arez tort, dit -il ; car au moins on en donne toujours quelqu'une pour la forme. Mais | mon père , juges- TOUS qu'un homme soit digne de recevoir l'absolution, quand il ne veut rien Êdre de péni* ble pour expier ses ofTensesl Et quand des personnes sont en cet état, ne devriez -tous pas plutôt leur retenir leurs péchés , que de les leur remettre i Avez- vous l'idée véritable de retendue de votre ministère, et ne savez- vous pas que vous y exercez le pouvoir de lier et de dé-* lierl Croyez- vous qu'il soit permis de donner l'absolution indifféremment à tous ceux qui la demandent , sans reconnoitre auparavant si Jésus-Christ délie dans le del ceux que vous déliez sur la terre ? Hé quoi , dit le père , pensezirous que nous ignorions <c qne le confesseur u doit se rendre juge de la disposition de son
SE LÀ coiTPEssxoK. ao5
«r pénitent ; tant parce qu'il est obligé de ne . n pas dispenser les sacremens à ceux qui en «c sont indignes , Jésus-Christ lui ayant ordon* ci né d'être dispensateur fidèle , et de ne pat «c donner les choses saintes aux chiens *, que n parce qu'il est juge , et que c'est le devoir «c d*un juge de juger justement, en déliant «c ceux qui en sont dignes , et liant ceux qui «c en sont indignes , et aussi parce qu'il ne doit €t pas absoudre ceux que Jésus-Christ condam- «c ne ? » De qui sont ces paroles-là , mon père? De notre père Filiutius^ répliqua- t-il , to. i , tr. 7 , n. 354* Vous me surprenez , lui dis- je ; je les prenois pour être d'un des pères de l'église. Mais , mon père , ce passage doit bien étonner les confesseurs , et les rendre bien circonspects dans ladispensation de ce sacrement, pour reconnoître si le regret de leurs pénitens est suffisant , et si les promesses qu'ils donnent de ne plus pécher à l'avenir sont receyables. Cela n'est point du tout embarrassant , dit le père : Filiutius n'avoit garde de laisser les confesseurs dans cette peine ; et c'est pourquoi , ensuite de ces paroles , il leur donne cette méthode facile pour en sortir. « Le confesseur peut « aisément se mettre en repos touchant la dis- «. position de son pénitent. Car s'il ne donne a pas des signes suffisans de douleur , le con-
d06 SIXIEME LETTRE é
«c fesseiir n'a qu'à lui demander s'il ne déteste n pas le péché dans son ame , et s'il répond n que oui y il est obligé de l'en croire. Et il « faut dire la même chose de la résolution pour n l'ayenir , à moins qu'il y eût quelque obli- «ff gation de restituer , ou de quitter quelque M occasion prochaine. » Pour ce passage , mon père y je vois bien qu'il est de Filiutius. Vous TOUS trompez , dit le père : car il a pris tout cela mot à mot de Suarez , in 3. par. to. 4 y disp. 3a , sect. a , n. a. Mais, mon père , ce dernier passage de Filiutius détruit ce qu'il ayoit établi dans le premier. Car les confesseurs n'auront plus le pouvoir de se rendre juges de la disposition de leurs pénitens , puisqu'ils sont obligés de les en croire sur leur parole , lors même qu'ils ne donnent aucun signe suffisant de douleur. Est-ce qu'il y a tant de certitude dans ces paroles qu'on donne , que ce seul signe soit convaincant ^ Je doute que l'expérience ait fait conftoître à vos pères y que tous ceux qui leur fîont ces promesses les tiennent y et je suis trompé s'ils n'éprouvent souvent le contraire. Cela n'importe , dit le père ; on ne laisse pas d'obliger toujours les confesseurs à les croire. Car le P. Bauny, qui a traité cette question à fond dans sa Somme des péchés, c. 4^, p. 1090, 1091 et 109a y conclut « que toutes les fois que
BE lVbSOLVTXOIT* 20/
m ceux qui récidivent souvent , sans qu^on y ce voie aucun amendement , se présentent au «c confesseur , et lui disent quUls ont regret du ce passé y et bon dessein pour l'avenir , il les en ce doit croire sur ce qu'ils le disent , quoiqu'il ce soit à présumer telles résolutions ne passer €t pas le bout des lèvres. Et quoiqu'ils se porcc tent ensuite avec plus de liberté et d'excès «c que jamais dans les mêmes fautes , on peu( c« néanmoins leur donner l'absolution selon ce mon opinion. » Voilà , je m'assure y tous vos doutes bien résolus.
Mais y mon père , lui dis- je , je trouve que TOUS imposez une grande charge aux confesseurs y en les obligeant de croire le contraire de ce qu'ils voient. Vous n'entendez pas cela ^ dit- il ; on veut dire par-là qu'ils sont obligés d'agir et d'absoudre , comme s'ils crojoient que cette résolution fût ferme et constante y encore qu'ils ne le croient pas en efiet. Et c'est ce que nos pères Suarez et Filiutius expliquent ensuite des passages de tantôt. Car après avoir dit ce que le prêtre est obligé de croire son pé- <f nitent sur sa parole , » ils ajoutent « qu'il « n'est pas nécessaire que le confesseur se per- ^-^ ce suade que la résolution de son pénitent s'exéc( cutera , ni qu'il le juge même probablement ; ce mais il sufHt qu'il pense qu'il en a à l'heure
a même le dessein en général , quoiqu'il doive « retomber en bien peu ,de temps. Et <f est ce a qu'en seîgnent tons nos auteurs , » ila docent emnes autores» Douterez -tous d'une chose que nos auteurs enseignent? Mais , mon père, que deyiendra donc ce que le père Pétau a été obligé de reconnoltre lui-même dans la préf. de la Pén. publ. pag. 4* « Q}^^ les saints pères , les ce docteurs , et les conciles sont d'accord , corna me d'une vérité certaine , que la pénitence «c qui prépare à l'Eucharistie , doit être Téria table , constante , courageuse , et non pas n lâche et endormie , ni sujette aux rechutes ce et aux reprises ? » Ne voyez-vous pas , ditil , que le père Pétau parle de V ancienne ég^ùe? Mais cela est maintenant si peu de saison , pour user des termes de nos pères, que, selon le père Bauny, le contraire est seul véritable ; c'est au tr. 4* <!• 1^* P* 9^' « Il y a des auteurs qui di- «I sent qu'on doit refuser l'absolution à ceux «c qui retombent souvent dans les mêmes pén chés , et principalement lorsqu'après les avoir €t plusieurs fois absous , il n'en paroît aucun « amandement : et d'autres disent que non.
« Mais la seule véritable opinion est qu'il ne «faut point leur refuser l'absolution : et enn core qu'ils ne profitent point de tous les avis •c qu'on leur a souvent donnés , qu'ils n'aient
YiE l'absoltitioit. 209
^ pas garderies promesses quUls ont faites de «« changer de vie , qu'ils n'aient pas travaillé à «c . se purifier y il n'importe : et quoi qu'en disent ce les autres , la véritable opinion , et laquelle <« on doit suivre , est que , même en tous ces n cas, on les doit absoudre. » Et tr. 4> 4* ^3 1 pag. 100. « Qu'on ne doit ni refuser, ni difféce rer l'absolution à ceux qui sont dans des pén elles d'habitude contre la loi de Dieu , de « nature , et de l'église , quoi qu'on n'y voie tt aucune espérance d'amendement : » Etsi tmendationis futurae nulla spes appareaU
Maïs y mon père , lui dis-je , cette assurance d'avoir toujours l'absolution , pourroit bien porter les pécheurs.... Je vous entends , dit-il , en m'interrompant ; mais écoutez le père Baunjy q. i5. (t On peut absoudre celui qui avoue <f qlie l'espérance d'être absous l'a porté à pé- <« cher avec plus de facilité qu'il n'eût fait sans ce cette espérance. » Et le père Gaussin défendant cette proposition , dit, pag. su de sa Bép. à la Théol. mor. « Que si elle n'étoit vé« <c ritable , l'usage de la confession seroit interc« dit à la plupart du monde; et qu'il n'y auroit rc plus d'autre remède aux pécheurs , qu'une c( branche d'arbre et une corde. » O mon pere^ que cps maximes -là attireront de gens à vos confessionnaux I Aussi , dit-il , vou^ ne sauries
aïO IXXXEME LETT&S»
croire combien il y en rient : « nous sommée « flctablés et comme opprimés sons la foule de « nos pénitcns , m pœnitentium numéro obnti»
mur , comme il est dit en l'Image de notre pre* mîer siècle , 1. 3^ c* 8* Je sais^ Ini dis-je , nn moyen facile de tous décharger de cette près* se. Ce seroit seulement y mon père , d'obliger les pécheurs à quitter les occasions prochaines : TOUS TOUS soulageriez assez par cette seule in« rention. Kous ne cherchons pas ce soulage* ment , dit-il *, au contraire : car comme il est dit dans le même lirre , 1. 3 , c. 7 , pag. 374 : M Notre Société a pour but de traTailler à éta- « blir les vertus , de ïaixe la guerre aux Tices, « et de servir un grand nombre d'ames. » Et comme il y a peu d'âmes qui veuillent quitter les occasions prochaines , on a été obligé de définir ce que c'est qu'occasion prochaine ; comme on voit dans Escobar , en la Pratiqne de notre Société , tr. 7 , ex. \jn. ^26. <c On « n'appelle pas occasion prochaine celle on (c l'on ne pèche que rarement , comme de père cher par un transport soudain avec celle avec <i qui on demeure, trois ou quatre fois par « an ; » ou y selon le père Bauny, dans son livre fran^ois , une ou deux fois par mois, p. 1082; et encore pag. 1089, où il demande « ce qu'on « doit faire entre les maîtres et servantes |
13£ t^ABSOLUTIOK. SU
«E cousine et cousines qui demeurent ensem- TC ble , et qui se portent mutuellement à pé« «t cher par cette occasion. » Il les faut séparer , lui dis'je. Cest ce qu^il dit aussi, « si les rêve chûtes sont fréquentes , et presque journace lieres : mais sUls n^offensent que rarement ic par ensemble, comme seroit une ou deux « fois le mois , et qu'ils ne puissent se séparer «c sans grande incommodité et dommage , on «c pourra les absoudre selon ces auteurs, et ce entre autres Suarez , pourvu qu'ils prometa tent bien de ne plus pécher , et qu'ils aient «r un yrai regret du passé. » Je l'entendis bien ; car il m'ayoit déjà appris de quoi le confesseur se doit contenter pour juger de ce regret. £t le père Bauny, continua- 1- il, permet, p. lodS et 1084 9 à ceux qui sont engagés dans les occasions prochaines, « d'y demeurer quand ils «« ne les pourroient quitter sans bailler sujet rc au monde de parler , ou sans en recevoir de « l'incommodité. » Et il dit de même en sa Théologie morale , tr. 4 9 Oe PœniU q- 13 , pag. 93 , et q. 14^ p* 94 • " Qu'on peut et qu'on doit ce absoudre une femme qui a chez elle un homn me avec qui elle pèche souvent, si elle ne le ce peut faire sortir honnêtement , ou qu'elle ait te quelque cause de le retenir : Si non potesi « honeste ejicere , aut habeat €diquam c^usani
dis DIXIEME I.ETT&e;
(t retinendi ; pourm qn'eUe propose bîeo d€
n ne plus pécher avec luî. »
O mon père , lui dis-je , Tobligation de quîtter les occasions est bien adoucie , si on en est dispensé aussitôt qu*on en recevroit de Tincommodité : mais je crois au moins qu'on y est obligé y selon vos pères , quand il n'y a point de peine? Oui, dit le père , quoique toutefois cela ne soit pas sans exception. Car le père Bauny dit au même lieu : « Il est permis <c à toutes sortes de personnes d'entrer dans « les lieux de débauche pour y convertir des rc femmcTs perdues , quoiqu'il soit bien yraisem- 4» blable qu'on y péchera : comme si on a déjà «c éprouvé soufent qu'on s'est laissé aller au « péché , par la vue et les cajoleries de ces ce femmes. Et encore qu'il y ait des docteurs «c qui n'approuvent pas cette opinion , et qui <c croient qu'il n'est pas pern^is de mettre voce lontairement son salut en danger pour secc courir son prochain , je ne laisse pas d'em- «c brasser très volontiers cette opinion qu'ils ce combattent, m Voilà, mon père , une nouvelle sorte de prédicateurs. Mais sur quoi se fonde le père Bauny pour leur donner cette mission? C^est , me dit-il , sur un de ses principes , qu'il donne au môme lieu après Basile Ponce. Je TOUS en ai parlé autrefois, et je crois queyoïK
1)ES OCCASIONS PROCHAINES. ftl3-
TOUS en souvenez. C'est ce qa*on peut recher* «( cher une occasion directement et par elle- Cl même , primo etper se, pour le bien tempo- « rel ou spirituel de soi ou du prochain. »
Ces passages me firent tant d'horreur y que je pensai rompre là-dessus : mais ]e me retins ^ afin de le laisser aller jusqu'au bout, et me contentai de lui dire : Quel rapport y a-t-il, mon père , de cette doctrine à celle de l'évangile y qui oblige « à s'arracher les yeux , efà <i retrancher les choses les plus nécessaires y m quand elles nuisent au salut? u Et comment pouvez - vous concevoir qu'un homme qui demeure volontairement dans les occasions des péchés, les déteste sincèrement? N^est-il pas visible au contraire , qu'il n'en est point touche comme il faut , et qu'il n'est pas encore arrivé à cette véritable conversion de cœur, qui fait autant aimer Dieu qu'on a aimé les créatures ?
Gomment , dit il, ce »eroit-lù une véritable contrition ? Il semble que vous ne sachiez pas que, coirime dit le père Pintereau en la seconde partie de l'Abbé de Boisic , page 5o :
<i Tous nos pères enseignent , d'un commun <• accord , que c'est une erreur , et presque •I une hérésie , de dire que la contrition soit m nécessaire , et que l'attrition toute seule, et
Al4 DIXIEME LETTR£«
« même conçue par lb seul motif des peinei m de Tenfer , qui exclut la volonté d'offenser, m ne suffit pas avec le sacrement, u Quoi , mon père , c'est presque un article de foi , que ]*attrition conçue par la seule crainte des peines suffît avec le sacrement? Je crois que cela est particulier à vos pères. Car les autres qui croient que Tattrition suffît avec le sacrement , Teulent au moins qu'elle soit mêlée de quelque sonour de Dieu. Et de plus il me semble que ▼os auteurs mêmes ne tenoient point autrefois que cette doctrine fût si certaine. Car votre père Suarez en parle de cette sorte , De Pœn. q. 90 ) article 4 y disposit. i5 , sect. 4 » n. 17. n Encore, di|-il, que ce soit une opinion «I probable que Pattrition suffit avec le sacre* « ment , toutefois elle n'est pas certaine , et il elle peut être fausse : non est certa j et potesi «1 esse falsa. Et si elle est fausse y Tattrition ne m suffit pas pour sauver un homme. Donc celui m qui meurt sciemment en cet état , s'expose «t volontairement au péril moral de la damna^ «r tion éternelle. Car cette opinion n'est ni fort n ancienne , ni fort commune : JVec valde anti* tt qua , nec multum communie» u San chez ne trouvoit pas non fins qu'elle fût si assurée, puisqu'il dit en sa Somme , 1. 1 1 c. 9, n. 3j t
BE t'ATTKITIOîr. ai 5
«t Qne le malade et son confesseur qnî se conet tenteroient à la mort de Tattrition avec le « sacrement , pécheroient mortellement , à eau €t se du grand péril de damnation oà le péni- •t tent s'exposeroit , si l'opinion qui assure que €1 l'attrition suffit avec le sacrement , ne se « trouToit pas vt^ritable. » Ni Ck>mitolus aussi , quand il dît , Resp, Mor. 1. i , q. 3a , n. 7 , 8 : «t Qu'il n'est pas trop sûr que l'attrition suffise « ayec le sacrement. »
Le bon père ni\arrêta là-dessus. Et quoi , ditil y vous lisez donc nos auteurs ! tous faites bien; mais vous feriez encore mieux , de ne les lii^e qu'avec quelqu'un de nous. Ne voyez-vous pas que , pour les avoir lus tout seul y vous en avez conclu que ces passages font tort à ceux qui soutiennent maintenant notre doctrine de l'at* trition , au lieu qu'on vous auroit montré qu'il n'y a rien qui les relevé davantage. Car quelle gloire est-ce à nos pères d'aujourd'hui , d'avoir en moins de rien répandu si généralement leur opinion par - tout , que hors les théologiens if n'y a presque personne qui ne s'imagine que ce que nous tenons maintenant de l'attrition , n'ait été de tout temps l'unique créance des fidèles? Et ainsi quand vous montrez par nos pères mè. mes y qu'il y a peu d'années £»« cette opinion
%l6 SIXIEME X.ETT11E.
n'étoitpaa certaine , que feites-vons antre cho' se , sinon donner à nos derniers auteurs tout rhonnenr de cet établissement %
Aussi Diana , notre ami intime y a cm nons iaire plaisir de marquer par quels degrés on y est arrivé. Cest ce quUl fa\t p. 5 , tr. i3y où il dit : « Qu^autrefois les anciens scholastiques •I soutenoient que la contrition étoit nécessaire et aussi tôt qu'on avoit fait un péché mortel : <c mais que depuis on a cru qu'on n*y étoit ce obligé que les jours de fêtes , et ensuite que <c quand quelaue grande calamité menaçoittout « le peuple : que , selon d'autres , on étoit « obligé à ne la pas différer long«temps , quand M on approche de la mort. Mais que nos pères ce Hurtado et Vasquez ont réfuté excellemment a. toutes ces opinions -là , et établi qu'on n'j a étoit obligé que quand on ne pouvoit être ce absous par une autre Toie , ou à l'article de n la mort ! m Mais , pour continuer le merveilleux progrès de cette docrine , ['ajouterai que nos pères Fagundez praec. 2 , t. a , c. 4 9 n* i3 ; Granados in 3. part, contr. 7 , d. 3 , sec. 4)0. 37 ; et Escobar , tr. 7 , ex. 4 9 n. 88 y dans la Pratique y selon notre Société , ont décidé : « Que la contrition n'est pas nécessaire même a à la mort , parce , disent-ils , que si Tattrition a avec le sacrement ne suffîsoitpas à la mort|
SB LA COKTKITIOir. 317
« il s^ensttivroit que l'attrition ne seroit paa n «ufii santé avec le sacrement. » Et notre savant Hurtado , de 8acr> d. 6 > cité par Diana , part* 5 > tr. 4 y Miscell. r. 193 , et par Escobar, tr. 7 y ez« 4 » A* 9^ I ^* encore plus loin , éooatez-le. n Le regret d'avoir péché f qu'on ne «I conçoit qu'à cause du seul mal temporel qui « en arrive , comme d'avoir perdu la santé , ou « son argent, est-il suffisant 1 1l faut distino guer. Si on ne pense pas que ce mal soit enci voyé de la main de Dieu , ce regret ne sufêt fit pas ; mais si on croit que ce mal est en» m voyé de Dieu , comme en efiet tout mal , dii « Diana , excepté le péché , vient de lui , ce re- «I gret est suffisant. «» Cest ce que dit Escobar en la Pratique de notre Société, Notre père* François Lamy soutient aussi la même chose | tr. S, disp. 3) n. x3.
. Vous me surprenez ^ mon père ; car je ne ▼4>is rien en toute cette attrition-là que de na« turel *, et ainsi un pécheur se pourroit rendre digne de l'absolution sans aucune grâce suraaturelle. Or il n'y a personne qui ne sache que c*est une hérésie condamnée par le concile. Je l'aurois pensé comme vous, dit -il; et cepen* dant il fout bien que cela ne soit pas. Car nos pères du collège de Glermont ont soutenu dant leurs thèses du a3 mai et du 6 Juin 1644 a FaoTXMCUUS u 10
ai 8 DIXI£H£ I.ETTRB.
col. 4>B. 1 : « Qu^une attriùon peut être sainte « et suffisante pour le sacrement , quoiqu'elle te ne soit pas surnaturelle, m Et dans celle du mois d*aoîkt 1643 : « Qu*nne attrition qui n^est « que naturelle , sufEtpour le sacrement, pour- « TU qu'elle soit honnête : m jid sacrumenium 4ufficii aUritio matumlu, modo honesta, VoiUi tout ce qui se peut dire , si ce n'est qu'on TeuiU le ajouter une conséquence y qui se tire aisé» ment de ces principes : qui est que la con« tiition est si peu nécessaire au sacrement , qu'elle y seroit au contraire nuisible , en ce qu*e&çant les péchés par elle-même , elle ne laissoroit lien à faire au sacrement. C'est ce que dit notre père Valentia , ce célèbre jésuite, to. 4 9 ^sp. 7 , q. ft , p. 4- « Ia contrition n'est fi point du tout nécessaire pour obtenir l'effet « principal du sacrement , mais au contraire * elle y est plutôt un obstacle : » Imo obstat poiims quùminus efftdus sêquatur. On ne pent rien désirer de plus à l'avantage de l'attrition. Je le croîa , mon père; mais soaffies que je yobs en dise mon sentiment , et que je tous lasse toir à quel excès cette doctrine conduit. Lorsque tous dites que l'atiriHon conçut par la seule crainte des peines suffit avec le sacrement pour justifier les pécheurs , ne s'ensuît-il pas de -là qu'on pourra toute sa TÎe expier ses
X>£ L^AMOUA DE DIEU. dlQ
pécliés de cette sorte , et ainsi être sattvë sans avoir jamais aimé Dieu en sa vie ? Or vos pères oseroient-ils soutenir cela ?
Je vois bien , répondit le père , par ce que TOUS me dites , que vous avez besoin de savoir la doctrine de nos pères touchant Pamour de Dieu. C'est le dernier trait de leur morale , et le pins important de tous. Vous deviez l'avoir compris par les passages que je vous ai cités de la contrition. Mais en voici d'antres plus précis sur l'amour de Dieu ; ne m'interrompez donc pas , car la suite même en est considérable. Écoutez Escobar , qui rapporte les opinions différentes de nos auteurs sur ce sujet , dans la Pratique de l'amour de Dieu selon notre Société , au tr. i , ex. a , n. ai , et tr. 5 , ex. 4 , n. 8, sur cette question : <i Quand est- «t on obligé d'avoir affection actuellement pour «1 Dieu ? Suarez dit que c'est assez , si on l'ai- <« me avant l'article de la mort^ sans détermi- <c ner aucun temps. Vasquez , qu'il suffît en- 41 core k l'article de la mort. D'autres , quand 41 on reçoit le baptême. D'autres , quand on «I est obHgé d'être contrit. D'autres , les jours Cl de fêtes. Mais notre père Castro Palao com- «c bat toutes ces opinioiis4ày et avec raison , n mcrito» Hurtado de Mendoza prétend qu'on « y est obligé tous les ans, et qu'on nous traitet
« bien fkTorablement encore de ne nous y obU« « ger pas plus soifvent. Mais notre père Co- « ninck croit qu^on y est obligé en trois ou <• quatre ans. Henriquez tous les cinq ans. Et et Filintius dit quMl est probable qn^on n*y est « pas obligé à la rigueur tous les cinq ans. Et m quand donc? Il le remet au jugement des I' « sages, tt Je laissai passer tout ce badinage
où l'esprit de Phomme se joue si insolemment de Tamour de Dieu. Mais , poursuivit-il , notre père Antoine Sirmond y qui triomphe sur cette matière dans son admirable livre de la Défense de la yertu, oà il parie françois en Frtmce, comme il dit au lecteur , discourt ainsi au 2^. tr« sect. 1 y pag. la , i3 , 14 , etc. « St. Thomas [ et dit qu^on est obligé à aimer Dieu aussitôt
ti après ru8ag« de raison : c'est un peu bienci tôt. Scotus y chaque dimanche : sur quoi « fondé ? D'autres y quand on est grièyemenc <i tenté : oui , en cas qu'il n'y eût que cette «I voie de fuir la tentation. Sotus y quand on « reçoit un bienfait de Dieu : bon pour L'en « remercier. D'autres y à la mort *. o'est bien I «• tard. Je ne crois pas non plus que ce soit à
« chaque réception de quelque sacrement :
<« l'attrition y suffit avec la confession , si on « en a la commodité. Suarez dit qu'on y est a obligé en nn temps : mais en quel tempfti
SE l'amOV& DB DI£U. %%l
n II VOUS en fait juge , et il n*en sait rien. Or « ce que ce docteur n'a pas su , je ne sais qui « le sait. «» Et il conclut enfin qu'on n'est obligé à autre chose à la rigueur qu'à observer Ict autres commandemens f sans aucune affection pour Dieu , et sans que notre coeur soit à lui ^ pourvu qu'on ne le haïsse pas. C'est ce qu'il prouve en tout son second traité. Vous le verrez à chaque page , et entre antres aux pages 16 9 19 , a4 9 a8 9 où il dit ces mots : a Dieu en «I nous commandant de l'aimer y se contente 4t que nous lui obéissions en ses autres corna mandemens. Si Dieu eût dit : Je vous pera drai j quelque obéissance que vous me ren- « diez , si de plus votre cœur n'est à moi : ce « motif y h votre avis ^ eftt-il été bien proporn tionné à la fin que Dieu a pu avoir ) Il est « donc dit que nous aimerons Dieu en faisant a sa volonté ^ comme si nous l'aimions d'af- « fection y comme si le motif de la charité « nous y portoit. Si cela arrive réellement ^ « encore mieux : sinon, nous ne laisserons «• pas pourtant d'obéir en rigueur au comman- « dément d'amour , en ayant les oeuvres » de Cl façon que ( voyez la bonté de Dieu )f il ne M nous est pas tant commandé de l'aimer f que m de ne le point haïr. 1»
Cest ainsi que nos peret ont déchargé les
hommes de l'obligadon pénible d'aimer Diea actuellement. Et cette docrineest si arantagease , que nos pères Annat , Pintereau , Le IVIoyne , et A. Sirmond même , Pont défendue rigoureusement , quand on a roulu la combattre. Vous n'avez qu^à le voir dans leurs réponses à la Théologie morale : et celle du père Pinterean en la a. p. de Tabbé de Boisic , p. 53 , vous fera juger de la valeur de cette dispense y par le prix qu'il dit qu'elle a coûté , qui est le sang de Jésus- Christ. C'est le couronnement de cette doctrine. Vous y verrez donc que cette dispense de l'obligation factieuse d'aimer Dieu , est le privilège de la loi évangelique par-dessus la judaïque, ail a été raisonnable , dit-il , que dans « la loi de grâce du nouveau Testament , Dieu <• levât l'obligation fâcheuse et difficile , qui <t étoit en la loi de rigueur , d'exercer un acte «I de parfaite contrition pour être justifié, et <i qu'il instituât des sacreniens pour suppléer « à son défiiut , à l'aide d'une 4^Aposition plus a facile. Autrement certes les chrétiens , qui <( sont les enfans , n'auroient pas maintenant <i plus de facilité à se remettre aux bonnes gra« ce ces de leur père , que les juifs , qui étoient fi les esclaves, pour obtenir miséricorde de leur «1 seigneur, u O mon père! lui dis-je, il n'y a point de
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patience que tous ne mettiez à bout ^ et on ne peut ouïr ftans horreur les choses que je viens d*entendre. Ce n'est pas de noi-méme , di^iI. Je le sais bien , mon père , mais vous n'en ayez point d*afersion ; et bien loin de détester les auteurs de ces maximes y vous arez de.Vestime pour eux. Ne craignez- vous pas qne votre con«sentement ne vous rende participant de leur crime? Et pouvez -vous ignorer que saint Paul juge K dignes de mort non- seulement les aucc teurs des maux , mais aussi ceux qui y conct sentent? » Ne suffisoit-îl pas d'avoir permis aux hommes tant de choses défendues, parles palliations que vous y avez apportées? lalloit* il encore leur donner l'occasion de commettre les crimes mêmes que vous n'avez pu excuser ^ par la facilité et l'assurance de l'absolution que vous leur en offrez , en détruisant à ce dessein la puissance des prôtres , et les obligeant d'absoudre plutôt en esclaves qu'en juges , les pé* cheurs les plus envieillis ; sans changement de vie ; sans aucun signe de regret y que des promesses cent fois violées ; sans pénitence y s'iht n'en veulent point accepter; et sans quitter les occasions des vices y s'ils en reçoivent de Vin^ commodité ?
Mais on passe encore au-delà y et la licence qu'on a prise d'ébranler les règles les plus sain <
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tes de k oomàniu chrédeane , se porte jasqn'flf jemrerieiiieiueiitier de la loi de Dieu. On viole iegmnd commandement , qui comprend la loi et lee praphetee : on attaque la piété dans le cœnr: on en 6te Tespiit qui donne la rie : on dit que ramovr de Dieu n^est pas nécessaire am saint: et on va même insqu*à prétendre que cet* te dispense d'aimer Dieu est l 'apontu^ que JeeuS'Chriet a apporté au monde. Cest le comble f de Timpiété. Le prix dn sang de Jésus-Christ sera de nous obtenir la dispense de Faimeri Ayant rincamation , on étoit obligé d*aimer Dieu ; mais depuis que Dieu a tant aimé le mon' de qu'il lui a donné sonfiU unique , le monde lacheté par lui sera déchargé de Taimer ! Étrange théologie de nos jours! On ose lever Vana^ thème que saint Paul prononce contre ceux qui n'aiment pas le Seigneur Jésus ! On ruine ce que dit saint Jean , que qui n'aime point de^ meure en la mort; et ce que dit Jésus-Christ même y que qui ne Vaime point, ne garde point, ses préceptes ! Ainsi on rend dignes de jouir de Dieu dans réternité , ceux qui n'ont jamais i aimé Dieu en tonte lenr vie \ VoiU le mys-
I Rien nir cette mariere n*est comparable à U profopopée par laquelle BoOeaa introdait Diea jogesat 1901 le« hojomef . C'eit dsiif fon Épitxe 221,
Bs l'amovk de dieu. aa5 tere d'iniqaité accompli. OuTrez enfin les yenz, mon père ; et si vous n'arex point été touché par lea antres égaremens de tos casuistes^ que ces derniers tous en retirent par leurs excès. Je le souhaite de tout mon cœur pour tous , et pour tous TOS pères ; et je prie Dieu quMl daigne leurfiûre connottre comhien est fausse la htraiere qui les a conduits jusqu'à de tels précipices y et qu'il remplisse de son amour ceux qui en osent dispenser les hommes.
Après quelques discours de cette sorte je quittai le père y et )e ne Tois guère d'apparence d'y retourner. Mais n'y ayez pas de regret ; car sHl étoit nécessaire de tous entretenir encore de leurs maximes , )'ai assez lu leurs liTres pour pouToir tous en dire à peu près autant de leur morale , et peut-être plus de leur politique y qu'il n'e&t fait lui-même. Je suis y etc.
ECRITE AUX B.. P. jisVITES.
^n*oa ptat xéfotmr par dts nilleriet l«s emnri ri£« cales. PréeamtioBS avec lesqa^es on le doit faire; qa*eUet OAt été obaerrées par Montalte , et qn'eUas »• l'ont point été par les jésoitet. Booffonnexies iai'^ pies da pore L& Moine et da pexe Garasse,
J>n iM août s6i69