DE L'ATTRITION
Omon përel luidis-je, Tobligâtion de quitter les occasions est bien adoucie, si on eu est dispensé aussitôt qu'on en recevrait de rincommodilé : bais je crois au moins qu'on y est obligé, selon vos pères, * quand il n*y a point de peine? Oui , dit le père , quoique toutefois cela ne soit pas sans exception. Car le père Bauny dit au même lieu : f II est permis à toutes € sortes de personnes d'entrer dans des lieux de déf bauche pour y convertir des femmies perdues, quoit qu'il soit bien vraisemblable qu'on y péchera ; comme c si on a déjà éprouvé souvent qu'on s'est«laissé aller c au péché par la vue et les cajoleries de ces femmes. € Et encore qu'il y ait des docteurs qui n'approuf vent pas cette opinion, et qui croient qu'il n'est pas t permis de mettre volontairement son salut en danger c pour secourir son prochain, je ne laisse pas d'emf brasser très-volontiers celte opinion qu'ils combatf tent. j Voilà, mon père , une nouvelle sorte de prédicateurs. Mais sur quoi se fonde le père Bauny pour leur donner cette mission? C'est, me dit-il, sur un de ses principes qu'il donne au même lieu après Basile Ponce. Je vous en ai parlé autrefois, et je crois que vous vous en souvenez. C'est qu'on peut rechercher t une occasion directement et par elle-même , primo f etper se , pour le bien temporel ou spirituel de soi € ou du prochain, j Ces passages me firent tant d'horreur , que je pensai rompre là-dessus : mais je me rc lins, afin de le laisser aller jusqu'au bout, et me contentai de lui dire : Quel rapport y a-t-il , mon père , de cette doctrine à celle de l'Évangile , qui f oblige à « s'arracher les yeux , et à retrancher les choses les I plus nécessaires quand elles nuisent au salut? > Et
comment pouvez-vous concevoir qu'an homme qui demeure volontairement dans les occasions du péché les déteste sincèrement? N'est-il pas visible , au contraire, qu'il n'en est point touché comme il faut, et qu'il n'est pas encore arrivé à cette véritable conversion de cœur , qui fait autant aimer Dieu qu'on a aimé les créatures?
Comment ! dit-il , ce serait là une véritable contrition I II semble que vous ne sachiez pas que, comme dit le père Pintereau en la seconde partie de l'abbé de Boisic, p. SO : f Tous nos pères enseignent , d'un comf mun accord, que c'est une erreur, et presque une f hérésie , de dire que la contrition soit nécessaire , et € que l'attrition toute seule , et même conçue par le f seul motif des peines de l'enfer, qui exclut la volonté f d'offenser, ne suffit pas avec le sacrement. > Quoi, mon père I c'est presque un article de foi , que Tattrition conçue par la seule crainte des peines suffit avec le sacrement? Je crois que cela est particulier à vos pères; car les autres, qui croient que l'attrition suffit avec le sacrement , veulent au moins qu'elle soit mêlée de quelque amour de Dieu. Et , de plus , il me semble que vos auteurs mêmes ^ne tenaient point autrefois que cette doctrine fût si certaine ; car votre père Suarez en parle de cette sorte, De pœn., q. 90, art, 4 , dis. 1 5, sect. 4, n. 1 7 : t Encore, dit-il, que ce soit une t opinion probable que l'attrition suffit avec le sacret ment , toutefois elle n'est pas certaine, et elle peut f être fausse: Non est certa, et potest esse falsa. Et t si elle est fausse, l'attrition ne suffit pas pour sau- « ver un homme. Donc celui qui meurt sciemment en « cet état s'expose volontairement au péril moral de