‹ Les provinciales ou Lettres écritsChapitre 53 sur 83 · RÉPONSE DU P. VALÉRIEN AUX CALOMNIES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU P. VALÉRIEN AUX CALOMNIES

« bien affligé! Car, si vous n*y donnez ordre, nousse- « rons obligés d'en avertir le papQ et les cardinaux. » Cela n'est pas maladroit; et je ne doute point, mes pères , que vous ne leur parliez ainsi de moi : mais prenez garde de quelle sorte il y répond dans son livre imprimé à Prague Tannée dernière, pag. 112 et suiv. « Que ferai-je , dit-il , contre ces injures vagues « et indéterminées? Comment convaincrai-je des retf proches qu'on n'explique point? En voici néanmoins « le moyen. C'est que je déclare hautement et publi-

< quement à ceux qui me menacent , que ce sont des « imposteurs insignes, et de très-habiles et très-im- « pudents menteurs , s'ils ne découvrent ces crimes à « toute la terre. Paraissez donc, mes accusateurs, et <K publiez ces choses sur les toits , au lieu que vous les « avez dites h l'oreille, et que vous avez menti eu as- « surance en les disant h Toreille. Il y en a qui s'ima- « ginent que ces disputes sont scandaleuses. Il est vrai « que c'est exciter^n scandale horrible que de m'im- « puter un crime tel que l'hérésie et de me rendre « suspect de plusieurs autres. Mais je ne fais que reméa dier à ce scandale en soutenant mon innocence. »

En vérité , mes pères, vous voilà malmenés , et jamais homme n'a été mieux justifié. Car il a fallu que les moindres apparences de crime vous aient manqué contre lui , puisque vous n'avez point répondu à un tel défi. Vous avez quelquefois de fâcheuses rencontres à essuyer, mais cela ne vous rend pas plus sages. Car, quelque temps après , vous l'attaquâtes encore de la même sorte sur un autre sujet, et il se défendit aussi de même, pag. 151 , en ces termes : « Ce genre

< d'hommes, qui se rend insupportable h toute la

f chrétienlé, aspire, sous le prétexte des bonnes œu- « vres , aux grandeurs et k la domination , en détour- « nant à leurs fins presque toutes les lois divines, hu- « maines,, positives et naturelles. Us attirent, ou par « leur doctrine , ou par crainte , ou par espérance , « tous les grands de la terre , de Tautorité desquels « ils abusent pour faire réussir leurs détestables intria gués. Mais leurs attentats , quoique si criminels, ne <K sont ni punis ni arrêtés : ils sont récompensés aa a contraire , et ils les commettent avec la même har- « diesse que s'ils rendaient un service à Dieu. Tout le « monde le reconnaît , tout le monde en parle avec <K exécration ; mais il y en a peu qui soient capables « de s'opposer à une si puissante tyrannie. C'est ce <{ que j*ai fait néanmoins. J'ai arrêté leur impudence, « et je l'arrêterai encore par le même moyen. Je dé- « clare donc qu'ils ont menti très-impudemment , <K MENTiRis iMPUDENTissiME. Si Ics choscs qu'ils m'out « reprochées sont véritables, qu'ils les prouvent, ou « qu'ils passent pour convaincus d'un mensonge plein a d'impudence. Leur procédé sur cela découvrira qui « a raison. Je prie tout le monde de l'observer, et de « remarquer cependant que èe genre d'hommes , qui a ne souffrent pas la moindre des injures qu'ils peu- « vent repousser , font semblant de souffrir très-paa tiemment celles dont ils ne se peuvent défendre , et « couvrent d'une fausse vertu leur véritable impuis- « sance. C'est pourquoi j'ai voulu irriter plus vivement « leur pudeur , afin que les plus grossiers reconnaisa sent que, s'ils se taisent, leur patience ne sera pas a un effet de leur douceur, mais du trouble de leur a conscience. »

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