‹ Les provinciales ou Lettres écritsChapitre 65 sur 83 · ÉCRITE AU RÉVÉREND P. ANNAT, JÉSUITE · texte numérisé non relu

ÉCRITE AU RÉVÉREND P. ANNAT, JÉSUITE

On fait voir encore plus invinciblement , par la réponse même du père Annat, qu'il n*y a aucune hérésie dans TÉglise ; que tout le monde condamne la doctrine que les jésuites renferment dans le sens de Jansénius, et qu'ainsi tous les fidèles sont dans les mêmes sentiments sur la matière des cinq propositions.— On marque la différence qu'il y a entre les disputes de droit et celles de fait, et on montre que dans les questions de fait, on doit plus s'en rapporter à ce qu'on voit qu'à aucune autorité humaine.

Du U mars 16S7.

Mon révérend père , Il y a longtemps que vous travaillez à trouver quelque erreur dans vos adversaires ; mais je m'assure

(1) A propos des attaques dont le jansénisme a été Tobjet, nous rappellerons Tune des dernières, la pins passionnée et la seule éloquente, celle du comte Joseph de Haistre, dans son livre De l'Eglise gallicane. Les deux citations suivantes, empruntées à ce livre célèbre, nous ont paru tontes d'à-propoa kll'occasion de cette lettre:

c L'Église , dit de Haistre , depuis son origine , n*a jamais vu d'hérésie aussi extraordinaire que le jansénisme. Toutes eanaissant se sont séparées de la communion universelle , et se glorifloient même de ne plus appartenir à une Église dont elles rejetoient la doctrine comme erronée sur quelques points. Le jansénisme s'y est pris autrement; il nie d'être séparé; il composera même, si Ton veut, des livres sur l'unité , dont il démontrera Tindispensable nécessité...; il a rincroyable prétention d'être de l'Église catholique , malgré TÉgliçe catholique...; il n'y a point de Jansénisme, c'est une chimère , un fantôme créé par les jésuites. Le pape, qui :« condamné la prétendue hérésie , revoit en écrivant sa bulle. Il ressembloit b an chasseur qui feroit feu snr une ombre en croyant ajuster un tigre... > De l'Église gallicane, liv. I, chap. ui. Voilà ce que pense de Maistre du jansénisme voyon^ ce qu'il pense de Port-Royal :

fl Je dou.e , s'écrie de Maistre ( id, iùtd. , ch. v ) , que r histoire présente dans ce

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