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LA PROXENIE DANS LES COURS D ORIENT

Parfois , les étrangers nommés proxènes par une ville étaient plus puissants qu'elle. En ce cas, rien n'était changé dans la forme ; mais l'institution n'en était pas moins profondément modifiée. L'hôte public, au lieu d'être l'agent et le représentant de la cité , en devenait le protecteur.

lies proxènes des petites villes obscures dans les Etats puissants , par exemple des alliés à Athènes au cinquième siècle (1) ou à Sparte au commencement du quatrième siècle (2) , les hôtes des corporations (3) et des temples (4), étaient souvent de véritables patrons.

Le développement du royaume macédonien , la soumission de la Grèce et de l'Asie changèrent les conditions de la vie publique. La plupart des villes grecques, même les cités nominalement autonomes , dépendaient en fait du bon plaisir des princes. Les intérêts vitaux des cités furent désormais dans les capitales des royaumes qui se formèrent des débris de l'empire d'Alexandre. Ce fut dès lors une tradition par tout le monde grec d'accorder le titre et les privilèges des proxènes à des rois, à leurs envoyés ou à leurs officiers. Par cet hommage on flattait la vanité de ces grands personnages qui , en retour, couvraient la ville de leur protection.

Athènes avait dès le temps de sa grandeur inauguré cette politique. Elle avait eu pour proxènes des rois de Macédoine, de Cypre, de Phénicie, du Bosphore (5); et tous ces princes à demi

(1) Liv. II, sect. in, chap. in.

(2) Liv. III, chap. n, g 1.

(3) Liv. IV, chap. n.

(4) Liv. IV, chap. iii-vm.

(5) Cf. V Appendice.

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civilisés, flattés de l'hommage de la grande cité, veillaient à la sécurité de ses marchands et de ses colons.

Quand, au milieu du quatrième siècle, le satrape Mausole se tailla en Carie une principauté indépendante, les villes grecques de la côte, inquiètes de ses progrès, nouèrent avec lui des relations d'amitié. Erythrée d'Ionie le nomma son proxène (1).

A la même époque , plusieurs villes grecques commencent à se faire représenter h la cour de Macédoine. Athènes elle-même y eut pour prosène un officier de Philippe II (2).

A partir du milieu du quatrième siècle , les seuls rois qui , à notre connaissance, aient porté le titre d'hôte public sont le roi Eumène (à) et le roi Attale (4) de Pergame, et deux petits princes de la Méditerranée orientale, l'un de Salamine en Cypre (5), l'autre de Sidon en Phénicie (6) , tous deux correspondants du temple de Délos. Il semble que les villes grecques n'osent plus proposer la proxénie à des souverains trop puissants, mais elles la donnent à beaucoup de leurs officiers.

Pendant les campagnes d'Alexandre, Samos avait pour protecteur auprès du conquérant un certain Gorgos, écuyer du roi, qui ne négligeait , dit-on , aucune occasion de parler en faveur des Samiens (7). L'île de Cos nomme proxène Theucratès, qui avait payé le prix d'une couronne volée au roi Antigone(8); le même prince, dans une lettre fort curieuse, règle en un point l'organisation de la proxénie à Téos (9).

L'aventureux Démétrios Poliorcète était entouré d'officiers ou d'amis qui représentaient des cités grecques. Parmi eux , Oxythemis, Alcœos de Salamine, Hérodoros de Cyzique, furent comblés d'honneurs par Athènes (10). M égare, qui fut épargnée pendant les campagnes de Poliorcète en Grèce, avait conféré la proxénie à Gléon et à Néon d'Erythrée, à Mys d'Erésos, trois de ces personnages qui, suivant l'expression consacrée dans les dé-

(1) Wadilington, Inscr. d'As. ilin.,n° 40. Bull, de corr. hellén., V, 503.

(2) C. 1. A-, II, m.

(3) Tite-Live, XXXVII, 54.

(4) Bull, de corr. hellén., III, 423 et suiv.

(5) Cf. livre IV, chap. vi. § 1.

(6) Bull, de corr. hellén., IV, 328.

(7) C. Ciirtius, Inschriften von Samos, p. 22, n° 7.

(8) Greek inscr. in the Brit. Mus., II, 247.

i l'iui.li.n. Inscr. As. .Vin., 86.

(10) C. I. A.. Il, 24:}; Diodor., XXI, 15; Athen., VI, p. 25:s«, etc.

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