PROXÊNES GRECS ET PATRONS ROMAINS
Quand les armées romaines arrivèrent en Orient, le caractère primitif de la proxéoie s'était altéré déjà dans bien des régions [ues. Entre les proxènes nommés par les villes dans les cours d'Orient et les patrons choisis à Rome par les peuples vaincus , il n'y a guère qu'une différence de nom. Quelquefois même avaient été employés déjà des tm-mes nouveaux et plus exacts. Ainsi le roi de Macédoine Philippe V avait été élu TrpocTaxTjç par la confédération des villes Cretoises (I); or le 7tpo<rraT7]ç était en e le patron, le garant, l'avocat des étrangers devant les tribunaux el les magistrats. ESI précisément ce mot fut parfois employé plus tard [tour traduire le mot latin « patronus » ; ainsi , dans une liste éphébique de Goronée, datée de l'an 131, un certain C. Julius est appelé -y^-z-r,: à vie de la confédération achéenne (2) ; C. Gurtius Proclus reçoit le même titre à Mégare (3). Il y avait donc déjà dans des pays grecs, môme avant l'apparition des Romains, de véritables patrons des villes, sous les vieux noms de proxènes et de prostates.
D'autre part, la proxénie, sous sa forme hellénique primitive, avait existé en Italie, non seulement dans la Grande-Grèce, mais encore dans l'Italie centrale et à Rome. A notre avis , elle y existait même encore sous d'autres noms (4). Aussi les Romains connaissaient-ils bien l'institution. Dès que les progrès de la conquête mirent en rapports suivis Rome et la Grèce, de nombreuses villes d'Orient élurent à Rome des représentants (5) , avec le titre
(1) Polybe, VII, 12.
(2) 'AWjvctiov, IV, p. 103.
(4) Liv. III, chap. v, § 2.