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INFLUENCE D’ATHÈNES SUR LEB PROXÉNIES GRECQUES

que des marchandises. Une civilisation pseudo-attique se développa dans les régions qui forment aujourd'hui la Russie méridionale.

4o Par diverses cités qui calquèrent leurs institutions sur celles d'Athènes, sans raison spéciale , simplement parce que la ville de Thésée était devenue peu à peu la véritable capitale du monde hellénique. Comme l’atteste Démosthène, il était de bon goût d’imiter les lois d'Athènes. La langue même contribua à cette diffusion des idées et des institutions. Le dialecte attique avait été adopté peu à peu par la plupart des gens de lettres de tous les pays. À l’époque des successeurs d'Alexandre, il constitua le fonds commun de la langue générale (4 xo#) et des divers dialectes qui se formèrent en Macédoine, à Alexandrie et ailleurs. Par suite de cette prédominance du dialecte attique, les formules des décrets athéniens ont passé dans le langage épigraphique de nombreuses cités grecques.

Dans l'étude de la proxénie, cette influence d'Athènes se trahit de trois manières : par la ressemblance matérielle des stèles commémoratives, par l'imitation des formules, par l'organisation même.

Si l’on jette les yeux sur notre liste chronologique des hôtes publics d'Athènes (1), on s'apercevra vite que cette institution y est presque confinée dans la période classique proprement dite, depuis les guerres médiques jusqu'à la mort d'Alexandre. Pendant ces deux siècles bénis, l’art fut intimement mêlé à toutes les manifestations de la vie chez les Athéniens. Les monuments de proxénie y sont souvent d'une exécution remarquable. C'est là un fait particulier à l’Attique. Les rares monuments de proxénie trouvés ailleurs où l'on remarque une préoccupation artistique, trahissent le désir d'imiter Athènes. Telle est une stèle sculptée et ornée d’un bas-relief qui fut exécutée par ordre de la confédération arcadienne en l'honneur de l'historien athénien Phylarque, son hôte public (2). Tels sont encore des marbres de proxénie, avec en-tête, comme en Attique, gravées dans les villes voisines, à Tanagre et Acrœphia de Béotie (3). Corcyre inscrivait ses actes de proxénie sur des tables de bronze ; mais les titres , l'ornementation des frontons sont à la mode attique (4). Un fait significatif

(1) CF. l'appendice.

(2) Le Bas-Fouc., Még, et Pél., 3404,

(3) C. I. G., 1563. ’A6fvasov, IV, p. 291, Bull. de corr. hellén., II, p. 508. (4) Greek inscr. in the British Mus., II, n° 166.

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trahit bien l'intention d'imiter Athènes : c'est que ces monuments de villes lointaines ont été pour la plupart érigés en l’honneur de citoyens athéniens, leurs hôtes publics.

Les formules des décrets athéniens de proxénie ont été copiées dans les villes voisines d'Oropos, de Tanagre, parfois à Mégare et à Œgosthènes (1) ; dans beaucoup d'îles de cette mer Egée, que les Athéniens ont dominée à deux reprises, à Délos, à Paros, à Ténos, à Amorgos, à Pholégandros, à Samos, par la confédération des îles, parfois à Thasos et à Samothrace (2); dans plusieurs villes d'Asie Mineure, par exemple à Ephèse et Erythrée d’Ionie (3); à Erétrie et Carysto d'Eubée (4), quand l’île fut redevenue indépendante ; à Ténédos , à Lampsaque , à Byzance, à Mésambria, à Odessos (5); même dans des cités doriennes, comme Iasos, Cos, Calymnos, Halicarnasse, parfois à Delphes (6); jusque dans -des cités de l'intérieur, à Tithronion de Phocide, à Chalion de Locride, à Crannon et Thaumaces de Thessalie (7); jusque près de Sparte, par la confédération des Eleuthéro-Lacones (8). Dans la plupart de ces Etats, à côté des documents rédigés dans le style lapidaire local, on trouve des documents de proxénie qui sont ou imités de très près ou littéralement calqués sur ceux d'Athènes.

Cette imitation ne s’en tient pas aux formules : elle atteint par-

(1) Oropos (Ep. à&px., 1310-1311). Tanagre (C. I. G., 1563? ; ’A6fvarov, IV, p. 291). Mégare (C. I. G., 1052; Le Bas-Fouc., 30, 31, 34). Œgosthènes (Le Bas- Fouc., 2). |

(2) Délos (presque tous les décrets). Paros (C. I. G., 2374°, add.). Ténos (C. I. G., 2330). Amorgos (Annali di corr. arch., 1842, p. 158). Pholégandros (Ross, Inscr. gr. ined., 318). Samos (C. I. G., 2256; Mitth. des deutsch. [nstit., 1884, p. 196). Nésiotes (C. I. G., 2334). Thasos (C. I. G., 2161). Samothrace (Conze, Reise auf den Inseln des Thrakischen Meeres, p. 66).

(3) Ephèse (Wood, Insc. fr. the temple of Diana, n° 17). Erythrée (Waddington, I. d'As. Min., 40).

(4) Erétrie (C. I. G., 2144, add. ; Bull. de corr. hellén., 11, 277). Carystos (Rheinisch. Mus., 1866, p. 528 et suiv.).

(5) Ténédos (Ac. de Bav., 1866, p. 248). Lampsaque (Mitth. des deutsch. Instit., 1881, p. 103). Byzance (C. I. G., 2060). Mésamibria (C. 1. G., 2053). Odessos (C. I. G., 2056).

(6) Iasos (C. I. G., 2675). Cos (Bull. de corr. hellén., V, 207; Greek inscr. in the Brit. Mus., 11, 247). Calymnos (C. I. G., 2671). Halicarnasse (Bull, de corr. hellén., 1V, 395). Delphes (C. I. G., 1693). -

(7) Titbronion (Bull. de corr. hellén., V, 442). Chalion (C. I. G., 1567). Crannon (Cauer, Delectus inser. Græc., 1883, n° 400). Thaumaces ( Mifth. des deutech. Instit., 1883, p. 218). :

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