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LA PROXÉNIE ET LES HOMMES D'ÉTAT

À bien des égards, la proxénie, surtout dans les grandes cités, peut être considérée comme une institution politique. Le rôle des hôtes publics comme chargés d'affaires et patrons d'une ville étrangère devant les tribunaux de leur patrie, l'habitude de choisir les ambassadeurs parmi les proxènes, leur intervention constante dans les relations internationales et dans la conclusion des traités , Ieur autorité comme arbitres entre les cités et les partis ; enfin , le fait que, d'ordinaire , immédiatement après la nomination d'un proxène , on prévenait officiellement sa patrie par une lettre ou par une copie du décret, tout cela donnait aux hôtes des villes une véritable importance politique. « Ce n'est pas un simple particulier, » dit-on d’un proxène dans un plaidoyer athénien (1).

Plusieurs Etats songèrent d'assez bonne heure à se servir de la proxénie pour développer leur commerce et affermir leur puissance. Il est probable que Milet en avait donné l'exemple pour ‘maintenir sa domination sur les côtes de l'Euxin. Mais c'est à partir du cinquième siècle, à Athènes, que l’on peut saisir aujourd’hui ce caractère politique de la proxénie. Thucydide, Xénophon et les inscriptions montrent l'application du système, Démosthène en a laissé la théorie (2).

Après la prise d'Athènes, Sparte voulut faire de la proxénie le même usage pour établir sa domination. Elle y réussit peu (3). Philippe combattit Athènes par ses propres armes, par un emploi intelligent de l'hospitalité publique et privée (4). A partir de la fin

(1) Contre Callippe.

(2) Liv. II, sect. 11, chap. vi.

(3) Liv. III, chap. 11, 2 1.

(4) Liv. II1, chap. nr.

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du quatrième sièclo, dans les grandes cités, surtout à Rhodes, la

proxénie ne sert plus qu'à la propagande commerciale.

Si l'hospitalité publique est devenue assez souvent une institu-

tion politique, il n'est pas étonnant qu'un grand nombre d'homd'Etat célèbres aient rempli ces fonctions de proxènes. Parmi “eprésentants de Sparte, il suffit de citer les Pisistratides ; la lle de Miltiade et de Cimon, la famille d’Alcibiade, la famille jallias , le dadouque d'Eleusis et le pontife des Dialogues de on, l'historien Xénophon, Jason de Phères, et plusieurs onnages moins connus, qui ont pourtant joué un rôle dans toire du temps, Xénias d’Elis, Polydamas de Pharsale, Alcim d’Argos, Lacon de Platée (1). a cinquième siècle, citons, parmi les proxènes, le roi de édoine, Alexandre le Philhellène ; l’orateur Andocide; Nid'Athènes, le malheureux chef de l'expédition de Sicile (2); as de Sparte, un des hommes les plus habiles et les plus 1êtes de son temps ; enfin, Cléarque de Lacédémone, qui manda dans l’Hellespont avant de diriger l'expédition des Mille (3). Au quatrièmo siècle, les proxènes hommes d'Etat lus célèbres sont : Conon d'Athènes, le vainqueur de e (4); le roi Mausole (5); les orateurs Eschine et Démoss; Midias, contre qui Démosthène écrivit son grand plair; Lycidas, chef de mercenaires ; les rois Evagoras de Cypre raton de Sidon (6). Aux troisième et deuxième siècles, ce sont fficiers des rois macédoniens, comme Sosibios, ministre des imées (7); des stratèges thessaliens , dont parlent les histo- ; (8); enfin des rois, Prusias de Bithynie (9), Attale et Eu- > de Pergame (10), Philoclès de Sidon (11) et Pnytagoras alamine en Cypre (12).

1 commencement du deuxième siècle, les armées romaines

Of. le chapitre sûr la proxénie à Sparte.

Of. notre liste chronologique des proxènes athéniens, et notre liste des entants des Etats étrangers à Athènes.

Of. liv. IL, chap. n, 81.

Waddington, I. d'As. Min., n° 39.

Ibid. , n° 40.

3f. l'Appendice.

Liv. IT, chap. 1v, 86.

Liv. IT, chap. n, 8 7.

Bull. de cor. hellén., III, 423 et suiv.

Ibid. et Tite-Live, XXXVIL, 54.

Bull, de corr. helén., LV, 328.

Voyez, sur ce personnage, livre IV, chap. wi, 5 1.

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