‹ Les Prussiens en FranceChapitre 30 sur 91 · PONT-A-MOUSSON · texte numérisé non relu

PONT-A-MOUSSON

dans ces deux villes. Les hommes valides ont suivi cet exemple, car le bruit a couru que les Prussiens enlevaient tous les hommes propres au service, pour les incorporer dans leur landwehr. Ce bruit a pris tant de consistance qu'il a fallu que ce matin M. Podevin, préfet de la Meurthe, fît annoncer de tous côtés que < les Prussiens se conformaient aux usages de la « guerre et aux lois de l'humanité. » (Textuel).

Malgré sa sagesse , cet avis ne trouve que peu de créance parmi les populations absolument terrifiées.

Des gens quittent leur village et marchent en avant, sans savoir où ils vont, campant n'importe où, sous la pluie, sans pain. Si la guerre a ses grandes journées où les traits d'héroïsme font oublier les souffrances des blessés et les larmes des mères, rien n'est horrible comme le spectacle de toutes les misères qu'elle cause.

Les habitants de Pont-à-Mousson, qui sont aussi humains que patriotes, donnent à manger aux malheureux qui fuient, comme ils donnaient, il y a une quinzaine, du vin et des cigares aux soldats qui marchaient gaiement à la frontière.

Ilyadepuis quelques jours, sur la ligne que je vous ai indiquée, et qui est parallèle au chemin de fer de Nancy à Metz, des combats d'avant-poste, dont il ne faudrait pas grossir l'importance. Quelquefois le canon se fait entendre, mais ce ne sont que des coups isolés

devant lesquels les reconnaissances françaises et prussiennes se replient.

En somme, pas de nouvelles, mais une situation tendue. Nous sommes â la veillô de grands événements.

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