‹ Les Prussiens en FranceChapitre 40 sur 91 · RECONNAISSANCES PRUSSIENNES · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCES PRUSSIENNES

lance en avant et pistolet au poing. Le premier, qui travaillait il y a quelques semaines dans Tusine de MM. Dupont et Dreyfous, et qui avait poussé le sangfroid jusqu'à demander, en passant, des nouvelles du caissier, M. Picard, se baissa sur la tête de son cheval, et reçut au même instant, près de Tœil, une balle qui le tua roide. L'animal, blessé aussi par une autre balle, roula sur la route.

Le second uhlan, après avoir tiré un coup de pistolet dans la direction de nos soldats, sauta de selle de façon à éviter la décharge sans lâcher Tétrier, afin de pouvoir repartir au galop. Mais un paysan, s'élançant sur la route, lui asséna sur la figure un violent coup de pelle, tandis que, de l'autre côté, un franc-tireur le piquait de sa baïonnette au bras.

— Ne le tuez pas ! cria le capitaine.

Et ses hommes Tentourèrent aussitôt, le protégeant contre quelques habitants, un peu trop énergiques dans leurs démonstrations antiprussiennes.

Le troisième uhlan, ayant tourné bride, ne se hasarda qu'un instant après vers Ars. Il avait jeté sa lance et brandissait, en signe de paix, une immense pipe de porcelaine.

Avec beaucoup d'humanité, le maire, M. le docteur André, donna ses soins au blessé et envoya l'autre prisonnier à Moulins.

Ce matin, autre reconnaissance prussienne. Cette fois, il s'agissait de huit dragons qui venaient deman-

der, mousqueton au poing, des nouvelles de» trois ulhans disparue la veille.

Quelques francs-tireurs, trois ou quatre environ, embusqués dans les vignes, tirèrent sur les dragons* ^'un d'eux tomba mort« Les sept autres se rendirent du galop à la gare d'Ars, demandant mercit , *— Nous mourons de faim, dit l'un d'eux, et nous voulons nous rendre. Le malheureux qu'on vient de tuer était père de cinq enfants. Nous avons assez de cette guerre-là 4

Ce fait contraste avec l'attitude des uhlans ; il est bon à noter.

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