PASSAGE DE LA MOSELLE PAR LES
ET INCEMDIE d'aNGY
Ars, 15 août, soir.
Hier, 14 août, le corps du prince Fritz passait la Moselle entre Novéant et Nancy, à Pont-à-Mousson et à Frouard.
Cette opération, qui se faisait sans coup férir, tandis que nos troupes, montant la route de Verdun, se préparaient à occuper le pays haut, en établissant leurs lignes de défense entre Gravelotte et Mars-la-Tour, a été signalée par un triste exploit du général de Wreddel.
La veille, une reconnaissance de trois uhlans était venue dans ce village et avait demandé à un paysan où étaient les Français. Ce brave homme, pour toute réponse, avait grimpé sur un petit monticule, d'oii il avait jeté des pierres aux éclaireurs.
Passant à Ancy, le général de Wreddel voulut von*
ger ses uhlans. Il se fit indiquer la maison de Thomme qui avait jeté des pierres et y fit mettre le feu.
Puis, voyant beaucoup de portes fermées, il demanda où étaient les habitants.
— Ils sont à la messe, lui répondit-on.
— Brûlez les maisons dont les portes sont fermées, ordonna le général.
Et on lui obéit. Il fit également brûler les maisons d'un boulanger qui n'avait plus de pain, d'un boucher qui n'avait plus de viande, et d'un débitant qui avait eu assez de vin pour griser le général et son escorte.
Quand vinrent les pompiers d'Ars, attirés par les flammes de l'incendie, le général, titubant, les menaça de son revolver, en leur criant en mauvais français :
— Il sera fait justice de toutes vos infamies !