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L'EMPEREUR A GRAVELOTTE

Verdun, 16 août.

Comme je Tai dit, Tarmée montait par la route de Verdun. On prit position entre Gravelotte et Marsla-Tour sur une ligne de hauteurs à peu près parallèles à celles qui, de Tautre côté de la Moselle, étaient occupées par les Prussiens, à Saint-Just et à Saint-Biaise.

De ces points élevés, Tennemi protégeait la marche de ses troupes, débouchant dans la grande vallée par les vaux de Fey et de la Mousson.

Arrêter là encore Tennemi pour aider au mouvement de concentration, tel fut le but de la grande manœuvre opérée dans la nuit du 15 au 16. Les officiers de Tar* tillerie et de Tétat-major, qui venaient reconnaître les positions en avant de nos lignes, étaient interrompus à chaque instant par Tarrivée de boulets et d*obus.

De temps en temps une colonne de flammes s*élevait dans la nuit. C'était une forêt qui prenait feu. Les soldats défilaient comme des ombres devant ces sinistres

clartés. L*ennemi voyait ce mouvement, qui défiait son audace, et vers 11 heures du soir son feu s'arrêta.

L'empereur passa la nuit chez un cultivateur de Gravelotte, M. Plaisant. A quatre heures du matin, il monta en voiture découverte avec le prince impérial.

Toute sa maison, sur l'ordre du maréchal, dutparth* par celle des deux routes qui est la plus éloignée de la vallée de la Moselle, ear déjà ou aperœvait les artilleurs prussiens qui se mettaient en mouvement.

Ce convoi impérial est si considérable, qu'il devait appeler l'attention de l'ennemi. Aussi fallut-il assurer la route en y envoyant des grenadiers de la garde et trois régiments de cavalerie, des chasseurs d*Afirîque, des lanciers et des dragons.

L'empereur passa par Conflans, déjeuna à Etain et entra dans Verdun sans encombre.

Mais presque derrière lui, l'avant-garde du maréchal Steinmetz, qui eherchait à opérer sa jonction ave© les corps des princes qui passaient la Moselle, arrivait des environs de Thionville et débouchait sur la route que venait de parcourir Tempereur, à Doncoui't. 11 n'y eut pas combat sur ce point j mai» les officiers ennemis Vinrent à Etain faire leur collation, dans le restaurant même où avait déjeuné Tempereur.

Le combat avait lieu à dix kilomètres en arrière, à Doncourt-les-Conflans, où nous venions aussi de passer. Le maréchal Bazaine faisait rétrograder le maréchal Steinmetz, et prenait ses positions, tandis que son canon^

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