‹ Les Prussiens en FranceChapitre 63 sur 91 · DE REIMS A PARIS · texte numérisé non relu

DE REIMS A PARIS

parait à la résistance, ils ont voulu éviter les lenteurs d*un siège.

Cependant, vendredi soir, j'eus à Soissons la primeur d'une dépêche que Tétat des communications ne me permit pas de vous transmettre. On avait vu à Vailly un corps de cavalerie ennemie.

Vailly est un bourg situé au confluent de la Vesle, qui vient de Reims, et de TAisne, qui va à Soissons. N'était-ce pas là la route à laquelle personne n'avait songé, et que nous n'éclairions pas? On le sut si bien à Soissons que, le soir, à 6 heures, on ferma les portes, et que je dus sortir sous peine d'être exposé à ne plus voir de la guerre que le siège de la patrie des haricots si vantés.

Je sortis donc, et, le lendemain matin, j'observais !a vallée du haut de la mairie de Beleu, à 2,000 mètres de la ville.

Vers 8 heures , j'aperçus une vingtaine d'éclaireurs qui venaient des bords de l'Aisne, et se pimentaient à la porte de Soissons qui sert de passage à la route de Reims à Paris* Leur chef était le parlementaire dont vous a parlé le télègi'aphe*

Si, depuis, il n'a été question que de l'affaire des quatre uhlans sur lesquels on a tiré samedi, cela tient à un détail particulier de la défense de Soissons qui a bien son intérêt.

Grossie par la Veele, l'Aisne est une assez large rivière portant bateau* En amont de Soissons, elle traverse des plaines basses, que dans les grandes eaux

elle inonde. Ces plainQs sont coupées en menus carrés par de belles lignes de* peupliers et de saules. Elles pouvaient fournir aux Prussiens le plus beau campement du monde. Seulement, il y a dans la ville un barrage si bien compris, qu*en deux jours ces plaines sont devenues un lac immense, dont le trop plein s'est précipité comme un torrent dans les fossés des fortifications.

Pour comble de fortune, une pluie torrentielle s'est mise à tomber, de sorte que l'inondation a non-seule-, ment joué son rôle, mais qu'elle a encore coupé presque toutes les routes qui rayonnent autour de Soisson» et envahi les beaux jardins du voisinage. L'eau a même transformé en lac portant bateau une des rues de là basse ville, mais les habitants en ont ri, tant le désagrément que ce déluge devait occasionner aux Prussiens leur faisait oublier leurs propres ennuis.

Assurément, la marche de l'ennemi, de ce côté, est contrariée par ces obstacles.

Pourtant, à Villers-Cotterets, j'ai entendu raconter un fait qui me paraît certain et qui montrerait que les Prussiens, ne pouvant passer par Soissons, seraient disposés à le tourner.

Des paysans du Soissonnais ont été surpris dans une carrière abandonnée de la montagne de Paris, où ils s'étaient réfugiés avec leurs grains et leurs bestiaux. Les Prussiens se sont emparés sans coup férir de ces provisions inattendues.

On comprend, du reste, la joie avec aquelle nos.

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