‹ Les psaumes de David; traduits en prose. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 47 sur 167 · PSAUME XXXVIII · texte numérisé non relu

PSAUME XXXVIII

DAVID, APRÈS LA MALÉDICTION DE SÉMÉÏ, RÉFLÉCHIT SUR LA VANITÉ DE LA VIE DE L'HOMME.

Je l'ai dit; je prendrai garde de plus en plus à ma conduite^, pour ne laisser échapper de ma langue aucun murmure.

J'ai gardé le silence lorsque ce méchant homme s'est présenté devant moi, et qu'il m'a donné des malédictions.

J'ai demeuré muet, et me suis humilié; je n'ai pas voulu répondre comme je l'aurais bien fait, quoique son outrage aigrît ma douleur.

Mon cœur en était secrètement enflammé de colère; mais ce feu a servi de matière à ma méditation ^.

^ Seigneur mon Dieu, ne m'abandonnez point et ne vous éloignez point de moi.

* Je m'appliquerai désormais à prendre plus garde que je n'ai fait à ma conduite.

' Mais ce feu n'a servi qu'à me faire méditer sur moi-même.

J'ai dit en moi-même : Seigneur, faites-moi donc connaître quelle sera la fin de ma vie, et celle de mes afflictions.

Apprenez-moi le nombre des jours que j'ai à vivre, afin que je sache ce qu'il m'en reste encore.

C'est vous qui avez mis la mesure à mes jours, et qui en savez le compte; mais leur espace est comme un rien devant vos yeux.

Oui, mon Dieu, toute la vie de l'homme n'est qu'un ramas de vanités ^

Et cependant il la passe dans une attache inutile à des ombres imaginaires, et se donne pour elle de frivoles inquiétudes.

Il amasse avec soin des trésors; mais il ne sait point à qui ses richesses passeront après lui.

De quel côté tournerai-je donc mes attaches et mes espérances? Elles seront toutes en vous, mon Dieu, et c'est de vous seul que j'attends toutes mes richesses.

Pardonnez-moi tous mes péchés; c'est pour m'en punir que vous m'avez exposé à l'opprobre que m'a fait cet insensé.

Je me suis tu; je n'ai point ouvert la bouche pour m'en plaindre, parce que c'est vous qui l'avez permis; mais, mon Dieu, épargnez-moi de pareilles afflictions.

J'ai presque succombé sous la pesanteur de votre main puissante, et sous la rigueur dont vous avez châtié mon péché.

Je me suis consumé dans mes peines comme l'araignée

^ De toutes sortes de vanités.

dans son travail, et j'ai vu que les tourments que se donnent les hommes ne sont que vanité.

Seigneur, exaucez ma prière; que votre oreille y soit attentive, et que votre cœur soit touché de mes larmes.

Répondez-moi, parce que je ne suis que comme un voyageur sur la terre, et comme un pèlerin qui passe comme mes pères ont passé.

Cessez donc de m'affliger, et souffrez que je prenne un peu de rafraîchissement avant que je m'en aille pour ne plus retourner.

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