LE PROPHÈTE RÉFLÉCHIT SUR LES GRACES QUE DIEU A FAITES A SON PEUPLE
Ma voix s'est élevée vers le Seigneur; j'ai crié pour implorer son secours, et il m'a favorablement écouté.
J'ai eu recours à Dieu dans le temps de mon affliction; j'ai la nuit élevé mes mains vers lui, et je n'ai point été trompé.
Je n'écoutais aucune consolation; je pensais à Dieu, et j'en ressentais du plaisir; mais en même temps je méditais sur mes maux et je tombais en défaillance.
Mes yeux ne se fermaient point au sommeil ; mon âme était troublée et je restais sans parole.
Je rappelais à mon esprit ces anciens temps où nos pères étaient comblés de vos bienfaits, et je réfléchissais sur l'heureuse éternité que vous avez promise.
C'était pendant la nuit le sujet des méditations de mon cœur et des agitations de mon esprit.
Est-il possible, disais-je, que Dieu me rejettera toujours et que sa bonté ne me le rendra point plus propice ?
Nous privera-t-il de sa miséricorde non seulement jusqu'à la fin de nos jours, mais de générations en générations?
A-t-il oublié cette tendresse qu'il a pour les affligés, et sa colère prévaudra-t-elle toujours sur ses miséricordes?
Mais enfin je me suis vu en état de dire : C'est à présent que je commence d'espérer, et ce changement est l'ouvrage de la main de Dieu.
Je repassais dans mon souvenir les merveilleux prodiges que vous avez opérés pour nous dans tous les temps.
Je méditais avec application sur tous vos miracles et sur la profondeur de vos jugements.
Mon Dieu, que vos voies sont merveilleuses pour la sanctification des justes ! Est-il un Dieu aussi grand que notre Dieu? Non, mon Dieu, et vous êtes le seul dont les ouvrages soient admirables.
Toute la terre a connu votre puissance lorsque votre bras délivra de la servitude les enfants de Jacob et de Joseph, dont vous avez fait votre peuple.
Vous ne fîtes que vous montrer aux eaux de la mer Rouge; elles en prirent l'épouvante, et leurs abîmes en furent troublés.
La pluie tomba avec un bruit effroyable, et votre voix se fit entendre dans les nues.
Les éclairs passaient avec autant de promptitude que
les flèches que vous lancez, et le bruit de votre tonnerre brisa les roues du char de Pharaon.
Vos foudres brillèrent de toutes parts; la terre en fut ébranlée et trembla d'eifroi.
Cependant vous nous ouvrîtes un chemin; vous nous fîtes une route au travers des eaux de la mer ; les traces de notre passage furent inconnues à nos ennemis.
Et enfin vous fîtes marcher en sûreté votre peuple comme un troupeau de brebis, sous la conduite de Moïse et d'Aaron.