CANTIQUE DE MOÏSE, EMPLOYÉ PAR LES JUIFS CAPTIFS
Seigneur, vous avez été notre asile dans tous les siècles.
Avant que votre puissance eût fait les montagnes, et tiré la terre du néant, vous êtes Dieu, et vous le serez de toute éternité.
Ne nous abandonnez point dans les afflictions qui nous humilient, vous qui avez dit que vous ne demandiez que la conversion du pécheur.
Quand un homme vivrait mille années, sa vie comparée à votre éternité serait moins qu'un jour^ passé, qui vient d'être confondu dans le néant.
Elle serait auprès de vous comme un rien, et moins que la courte veille que fait un soldat pendant la nuit.
Mais elle est bien plus bornée; elle passe comme la fleur qui éclôt le matin, qui se fane pendant le jour et qui tombe et se sèche le soir.
C'est le châtiment des offenses qui ont provoqué votre colère, et qui excitent une fureur capable de nous exterminer.
Vous avez Jeté les yeux sur nos iniquités; vous avez mis les ténèbres de notre vie devant la lumière de votre visage.
Nos jours en ont été abrégés; et c'est pour nous châtier que votre colère les a rendus si courts.
Cependant, comme de folles araignées, nous perdons en soins inutiles une vie si courte, sans songer que son espace se renferme à soixante et dix ans.
^ Serait la même chose qu'un jour...
lyO LES PSAUMES
Et si l'homme est d'une santé robuste, et qu'il la pousse jusqu'à quatre-vingts, le surplus n'est que peine et que douleur.
Parce que votre douceur mêlée à votre justice^ ne nous frappe de tous ces maux que pour nous corriger.
Mais si nos peines partent de votre bonté, qui est-ce qui pourra comprendre la puissance de votre colère, et concevoir dans sa crainte toute l'étendue de votre courroux?
Montrez-nous donc, mon Dieu, votre puissance, non pas en nous punissant, mais en nous donnant une sagesse propre pour conduire nos cœurs selon votre loi.
Apaisez votre colère; jusqu'à quand voulez-vous nous affliger ? Rendez-vous exorable aux prières de vos serviteurs.
Faites que de bonne heure nous soyons remplis^ des effusions de votre grâce, afin que nous puissions goûter une sainte joie pendant le reste de notre vie.
Récompensez par des jours d'allégresse ceux que nous passons dans la tristesse et dans les afflictions.
Jetez les yeux sur vos serviteurs ^, qui sont votre ouvrage, et comblez de félicités leurs enfants.
Que la splendeur du Seigneur notre Dieu éclate sur nous, et que tout ce que nous entreprenons ait sous sa conduite un favorable succès.
' Parce que votre Providence, qui mêle sa douceur à sa justice. * Remplissez-nous...
' Sur des fidèles...