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Formation du recueil ; son titre ; titre des psaumes

Lorsque nous avons recherché la date de composition des Psaumes de Salomon, nous avons constaté d'abord que les psaumes avaient été composés séparément, à de certains intervalles, au fur et à mesure que les événements les inspiraient à l'auteur. Puis, nous avons été conduils à cette conclusion que le recueil était factice, artificiel, qu'il ne suivait ni l'ordre logique ni l'ordre chronologique 4. Quelqu'un a donc rassemblé les psaumes épare pour en former le recueil actuel. On atteignait ainsi un double but. On conservait tous ensemble ces documents, qui auraient péri en restant dispersés; on les mettait tous à la fois à la disposition du public, qui n'aurait pu les connaître Lôub, ni les employer sans cette condition préalable.

Nous ignorons absolument par qui le recueil a été formé.

i vui, 18-21. — 2 vin, 30-31. — 3 xvn, 6-17». — * Voir plus haut, c. ii, p. 38-45.

Nous pouvons faire plusieurs hypothèses. Par exemple, dans la vieillesse de l'auteur, et surtout après sa mort, les psaumes, laissés épars par lui, auront été réunis par une main pieuse, celle d'un enfant ou d'un parent désireux de garder cette relique d'une personne aimée. Ou bien un amateur et un ami de la littérature religieuse aura sauvé ces compositions de l'oubli et de la destruction en les recueillant. Ou bien encore, un « juste », c'est-à-dire un pharisien, aura réuni ces petits poèmes en un volume pour qu'on pût les lire et même les chanter, soit dans les maisons particulières, soit dans les « assemblées des saints *. » Car ces poèmes traduisaient les sentiments et les espérances du pharisien: ils lui permettaient de revivre par la pensée les événements et les situations qui les avaient inspirés à l'auteur. Il est possible que, sous la forme de recueil, ils aient nume été destinés à un usage liturgique, que n'avait pas prévu leur auteur, sans doute. Dans les psaumes xvn, 31 et xviii, 10, on trouve la mention îta^aXpux, « pause » ou interruption dans le chant du psaume; cette mention équivaut au« sélah» des Psaumes canoniques. Si elle était antique, si, par exemple, elle remontait au formateur du recueil, elle indiquerait un usagé liturgique des psaumes. Il semblerait aussi d'après les titres, peu authentiques d'ailleurs, des psaumes vin. x. xiv. \\ . xvi, xvii, qu'Usaient été réellement mis en musique et ehan- . Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, l'usage public et l'usage liturgique des Psaumes, la mention du SutyoéXpà, et les titres indiquant une exécution musicale, tondétails sont postérieurs à l'auteur et à la composition des

1 xvii, 18, 20.

'-' Voir la traduction, et les notes des titres. Psaume x : ci« yfcoo « pour la victoire » ou« au chef des chantres »: ps. x : « hymne de Salemon »; de même ps. xiv, ps. xv : a psaume de Salomon avec chant »; ps. xvi : hymne de Salomon »; ps. xvii : i psaume de Salomon avec chant. »

psaumes; ils remontent tout au plus au formateur du recueil.

Ce dernier a certainement contribué à accomplir les desseins de l'auteur. Si les psaumes étaient restés disséminés à sa mort, ils auraient été oubliés et ils auraient disparu. Réunis en un volume, lus, et même chantés, ils ont servi de véhicule pour propager les idées et les espérances qui lui étaient chères.

Le recueil a été formé postérieurement à la composition du psaume le plus récent, c'est-à-dire du psaume 11. puisque nous laissons de côté le psaume xvm 1. Par suite, il a été formé sûrement après 48-47. D'un autre côté, le recueil existait déjà quand les psaumes ont été traduits en grec. On verra, au chapitre suivant, que la version grecque a dû être exécutée, au plus tard dans la première moitié du ier siècle de notre ère, et, très probablement à la lin du ier siècle avant notre ère. Dès lors, la formation du recueil a dû suivre de très près la composition du psaume le plus récent, et on peutla placer vers 45-40 avant Jésus-Christ. D'ailleurs, si l'on avait tardé plusieurs années à recueillir les psaumes, la tâche serait devenue difficile ou même impossible.

On lit en tête du recueil le titre de « Psaumes de Salomon » dans les manuscrits L et H ; la même mention figure à la fin du recueil dans les manuscrits R, L, H, V, P.

On a fait plusieurs hypothèses sur le nom de « Salomon ». Un anonyme 2 a supposé que le pharisien inconnu, auteur des Psaumes, portait le nom de Salomon. Whiston 3 les attribuait à un certain Salomon mentionné dans IV Esdras, x, 46, personnage d'ailleurs inconnu, et qui

1 Voir plus baut, o. ii, j>. 48-45.

2 Voir plus loin : Histoire du livre dans les temps modernes, à l'année 1712.

a Authentic Records, vol. i, Londres, 1727

FORMATION UL I1LCUL1I.

aurait vécu en Perse, au temps de la captivité, sous Artaxerxès Memnon. Enfin, on a cru que les Psaumes étaient du roi Salomon; La Cerda était très sensiblement de cet avis. L'opinion la plus probable de beaucoup, et celle que tout le monde admet aujourd'hui, c'est que le nom de « Salomon » désigne bien le roi fils de David, et que le recueil lui a été ainsi attribué. Dès lors, nous avons affaire à un pseudonyme, comme pour la Sagesse de Salomon, le Livre d'Hénoch \ etc. Celui qui a inscrit le nom du fils de David en tête du recueil a voulu faire passer les psaumes pour une œuvre du prince de la sagesse et leur donner un rang et une autorité qu'ils n'auraient pu acquérir par euxmêmes.

Quel est l'auteur de cette attribution ? Ce n'est pas le psalmiste. Le recueil des psaumes est factice, sans aucun ordre, et a été fait par un autre que par lui. Il n'a donc pu mettre le nom de Salomon en tête d'un recueil qui n'existait pas encore. D'ailleurs, nous ne saisissons nulle part, dans les psaumes, une tentative quelconque de l'auteur pour se faire passer pour le roi Salomon, ou pour imiter les livres de l'Ancien Testament qui portent son nom. Comment l'aurait-il pu, en rapportant dans ses Psaumes des événements contemporains qui avaient pour auteurs Pompée et les Romains ? L'auteur a laissé ses poèmes comme il les avait composés, séparés les uns des autres; il n'a pas pris un pseudonyme, il n'a pas commis un faux littéraire, et son œuvre n'est pas un livre pseudépigraphe, au sens strict et ordinaire du mot.

Nous ne croyons pas non plus que ce soit le formateur du recueil qui l'ait mis sous le nom de Salomon. Ce formateur était un Juif de Jérusalem, comme l'auteur; il vivait en même temps que lui et peu après lui; il recueillait, aussitôt après la mort de l'auteur ou dans sa vieillesse,

1 Cf. François Martin, Le livre dllénoch, p. cv-cvi. PS. sal. — 7

des psaumes qui venaient d'être composé, qui faisaient allusion à des événements récents connus de tout le monde, qui avaient été lus par les amis ou les parents de l'auteur. Dans ces conditions, il aurait été absurde, de sa part, de jeter ces psaumes dans le public sous le nom de Salomon.

Les mêmes raisons nous empêchent d'attribuer l'inscription du nom de Salomon au premier traducteur grec. Car la traduction, comme on le verra au chapitre suivant, a dû suivre d'assez près la formation du recueil. De plus, si le formateur du recueil ou le premier traducteur avait inscrit en tête des Psaumes le nom de Salomon, le titre aurait dû passer de là dans la plupart des manuscrits et même dans tous (sauf accident). On a vu plus haut qu'il n'en était rien. C'est à la fin du recueil seulement que la plupart des manuscrits portent le nom de Salomon; mais cette suscription peut n'être qu'un renseignement ajouté par le copiste à la fin de son travail, renseignement qui ne provenait pas de l'original hébreu ni même du traducteur grec.

Nous pensons que le titre de « Psaumes de Salomon » a été ajouté par un copiste ou un correcteur, et d'assez bonne heure, c'est-à-dire antérieurement au ve siècle, auquel on rapporte le Codex Alexandrinus. Il est intéressant de rechercher les motifs qui l'ont conduit à le faire, quoique nous ne puissions donner à ce sujet que des hypothèses. Ces hypothèses sont au nombre de quatre.

Dans le psaume xvn, 23, le Messie est appelé « le Fils de David»; la description de son futur Royaume rappelle la sagesse, la grandeur et la splendeur uniques du règne de Salomon, fils de David. Le nom de Salomon a donc pu I être inscrit en tête du psaume xvn, qui est le plus important de tous, et qui est comme la clef des autres, puis, I avoir été étendu à tout le recueil.

Voici la seconde hypothèse. Le canon de l'Ancien Tes- [ tament contenait un psautier, avec le titre de Psaumes de '

David. Nos psaumes, recueillis en un volume, formaient un second psautier, avec des chants imités du premier. On aura été tenté de lui donner un nom analogue à celui du premier, du psautier canonique. Dès lors, pourquoi ne pas attribuer le second psautier au fils de l'auteur du premier? D'ailleurs, toute la science et la sagesse anciennes dérivaient de Salomon, dans l'opinion des Juifs; ce roi avait pour ainsi dire épuisé les connaissances humaines; il avait traité de tous les sujets dans ses écrits, il avait composé de nombreux chants l. Ces circonstances favorisaient l'attribution de nos psaumes, pleins d'une piété et d'une sagesse profondes, à Salomon, comme à la source inépuisable de toute sagesse humaine.

I ne troisième hypothèse mérite une considération particulière. Il semble bien que la traduction grecque des Psaumes ait trouvé place de bonne heure dans les manuscrits de la Bible; car les Psaumes de Salomon figurent au catalogue des livres que contenait le Codex Alexandrinus2. D'un autre côté, dans les manuscrits qui contiennent les Psaumes, ces derniers se trouvent à la suite des livres deutéro-canoniques, avant ou après l'Ecclésiastique 3. Par exemple, on a pour V : les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste,le Cantique des Cantiques, la Sagesse de Salomon, les Psaumes de Salomon, l'Ecclésiastique. Il en est de même pour H (ou K), M, P, R, V. Dans le manuscrit /, les Psaumes suivent l'Ecclésiastique. Il y avait donc dans les manuscrits, en règle générale, tout un groupe de livres attribués à Salomon, le prince de la sagesse : Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques et Sagesse. Dès lors, ne serait-on pas venu insensiblement à attribuer aussi à Salomon les Psaumes, qui restaient seuls sans nom d'au-

1 I Rois, iv, 29-34.

* Voir plus loin, c. vi : Histoire du litre dans l'antiquité.

3 Voir le chapitre suivant : Description des manuscrits.

teur et qui se trouvaient suivre les livres inscrits sous le nom de Salomon? Il est probable qu'un copiste, séduit par le voisinage des livres qui portaient le nom du roi Salomon, aura complété avec ce dernier nom l'inscription anonyme « Psaumes », placée déjà en tête du recueil, et l'on aura eu ainsi les « Psaumes de Salomon ».

Voici enfin la quatrième hypothèse. On verra tout à l'heure que chaque psaume est précédé d'un titre, sauf le psaume ier, et que ce titre contient toujours le nom de Salomon, qui est donné comme l'auteur du psaume. Il semble bien que ces titres particuliers, qui précèdent chaque psaume, soient antérieurs au titre général du début : « Psaumes de Salomon. » Car, si un copiste avait trouvé déjà en tête du recueil le titre général de « Psaumes de Salomon », il n'aurait pas senti le besoin de le répéter avant chaque psaume. Si, au contraire, chaque psaume avait un titre spécial comprenant le nom de Salomon, un copiste aura dû avoir l'idée de mettre en tête de tout le recueil le titre général de « Psaumes de Salomon» *.

Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, un patronage aussi illustre ne pouvait que contribuer à leur conservation.

On a donné aussi récemment au recueil le titre de « Psaumes des Pharisiens» 2. Ce titre est purement artificiel. Il vient de ce que l'auteur se range nettement parmi les pharisiens, dont il soutient et défend les doctrines contre le parti des sadducéens.

On trouve une indication particulière en tête »)<■

1 On pourrait renverser le raisonnement, et dire que le titre général a inspiré à un copiste de mettre le nom de Salomon dans les titres particuliers, toujours à l'imitation des Psaumes de David. Dans cette hypothèse, le psaume Ie* manquerait d'un titre particulier, à l'imitation «In psaume ier de David, et aussi parce que 1<' titre général précédait immédiatement. Mais voir plus loin ce qui va être dit des titres I ai liculien des psaumes.

* Ainsi 15. Pick, Ryle et James, dans leurs éditions.

chaque psautne, sauf le premier. Ainsi Ps. n : « Psaume de Salomon : sur Jérusalem »; Ps. m : « Psaume de Salomon : sur les justes »; Ps. iv : « Apostrophe (mais H. P. V : psaume) de Salomon aux flatteurs »; Ps. v : « Psaume de Salomon ; Ps. vi : « Sentiment d'espérance; de Salomon »; Ps. vu :« De Salomon : la conversion »; Ps. vin : « De Salomon : pour la victoire »; Ps. ix : « De Salomon : avertissement »; Ps. x :« Une des hymnes de Salomon » : Ps. xi : « De Salomon : l'attente »; Ps. xn : « De Salomon : la langue des impies »; Ps. xni : « (Psaume) de Salomon; consolation des justes »; Ps. xiv:« Hymne de Salomon » ; Ps. xv : ■ Psaume de Salomon avec chant » Ps. xvi : « Hymne de Salomon : secours pour les justes » l's. xvn :« Psaume de Salomon, avec chant : le Roi » Ps. xvni : « Psaume de Salomon : encore le Christ du Seigneur. »

Ces titres, placés au début de chaque psaume, indiquent qui est Fauteur du psaume et quel en est le sujet. Ils ne peuvent provenir ni de l'auteur des psaumes, ni du formateur du recueil, ni même du traducteur grec. En effet, le premier psaume en est dépourvu; les titres manquent tous dans le manuscrit M; ni l'auteur des poèmes, ni le formateur du recueil, ni le traducteur n'ont pu se flatter de faire passer ces compositions aux yeux du public pour l'œuvre de Salomon; nous avons indiqué plus haut pour quels motifs. Il reste donc de les attribuer à un copiste ou à un correcteur quelconque, qui les aura ajoutés en tète des Psaumes.

Ces titres particuliers sont antérieurs, à notre avis, au Codex Alexandrinus, qui est du ve siècle. Ils mentionnent Salomon comme l'auteur des Psaumes, et dans la table du Codex Alexandrinus, les Psaumes figurent sous le nom de Salomon. Cette attribution des Psaumes au grand roi était donc déjà acceptée et courante. Mais ces titres particuliers peuvent remonter beaucoup plus haut. Tant que les allu-

sions politiques des Psaumes historiques ont été comprises des lecteurs, il était impossible, croyons-nous, d'attribuer les Psaumes à Salomon; il en a été ainsi au premier siècle avant notre ère, et même au premier siècle de notre ère, au moins dans sa première moitié. Puis on a oublié les événements de l'histoire, et les Psaumes historiques ont perdu leur signification. Il devenait dès lors possible et facile de leur assigner une antiquité reculée et d'inscrire en tête le nom de Salomon. Nous pensons que cette attribution est postérieure à la guerre de Titus, à la ruine de Jérusalem et à la dispersion des Juifs, c'est-à-dire aux événements qui ont rompu définitivement la chaîne de l'histoire et de la tradition juives. Par suite, cette attribution peut avoir eu lieu facilement dès le 11e siècle de notre ère. Le même raisonnement et les mêmes raisons valent pour le titre général du recueil « Psaumes de Salomon », qui est antérieur au ve siècle et qui peut remonter également jusqu'au 11e.

Nous rechercherons maintenant si les titres particuliers des Psaumes proviennent de la main d'un Grec ou de la main d'un Juif; par suite, s'ils ont été ajoutés pour la première fois sur un exemplaire grec ou sur un exemplaire hébreu.

La rédaction des titres particuliers est extrêmement hébraïsante, et elle imite celle des titres particuliers qui figurent en tête des Psaumes de David; ainsi >lx\[j.l: TÛ SoXtttMdv, où le datif rend très littéralement la préposition hébraïque le, « à », qui équivaut à notre génitif : « psaume de Salomon »; de même : -zCo 2aXtt{Mi»V| « (psaume) de Salomon »; ainsi ps. x : èv u[xvotç :w £aXtt(uav, « parmi les hymnes de Salomon », c'est-à-dire : « une des hymnes de Salomon. »

Si ces titres particuliers ont été rédigés primitivement en grec, ils ont dû l'être par un Juif hellénisant qui imitait les intitulés des Psaumes de David; ou bien ils l'ont

été par un Grec de naissance, sachant l'hébreu, toujours par imitation des Psaumes de David.

Mais il est fort possible que l'addition des titres ait eu lieu dans un exemplaire hébreu, et qu'un correcteur grec l'ait fait ensuite passer de là dans son exemplaire grec. A notre avis, il en a été ainsi. La rédaction des titres est trop servilement hébraïsante pour ne pas correspondre à un texte hébreu. Puis, il y est question d'à hymnes * » et de « chant » des psaumes 2. avec la « pause » (ou sélâh), z:rl x'/.[xx 3; or, les psaumes ont commencé par être chantés en hébreu, dans certains milieux juifs; et c'est le texte hébreu qui a été mis en musique. Enfin, le psaume vm est intitulé : :w SaXt»|uav, sic tfxoç, « (psaume) de Salomon, pour la victoire »; il est évident que cette expression « pour la victoire » ne correspond pas au contenu du psaume, qui expose la prise de Jérusalem par Pompée, et qu'elle est une mauvaise interprétation d'un mot hébreu 4. Ces raisons nous semblent suffisantes pour accepter une rédaction des titres en hébreu, dans un exemplaire hébreu des psaumes. Ainsi s'expliqueraient assez facilement, non seulement l'aspect très hébraïsant des titres, mais encore la différence ou l'identité de rédaction que l'on remarque d'un psaume à l'autre, la mention du chant et de la pause, et aussi l'absence de tout titre particulier dans les manuscrits exempts de cette correction et représentés aujourd'hui par le cod. M 6 et le syriaque.

1 Ps. x, XIV. XVI.

2 Ps. XV, XVII.

3 Ps. xvii et xviii.

4 Voir la traduction et la note.

5 Nous croyons, au contraire, que le titre général -Ixi |iol So3 o^wvto; ne provient pas d'un exemplaire hébreu et qu'il a été ajouté par un copiste grec. Il n'apparaît que dans L et H, et le nom est décliné dans sa forme spéciale £o/.ou<ov, Y>/ao,u.wvto;, tandis que les titres particuliers ont Y.a/ovjLwv, indéclinable, et plus hébraïsant. C'est une autre raison pour que le titre général soit postérieur aux titres particuliers.

Si ces idées sont vraies, elles conduisent à une autre conclusion intéressante. C'est que le recueil des psaumes en hébreu se serait conservé encore assez longtemps chez les Juifs qui l'employaient pour le culte, au moins pour le culte privé; il aurait pu exister encore au 11e siècle de notre ère, au sein de certaines communautés juives 1.

1 Nous pensons que les titres ont été ajoutés aux Psaumes, soit en hébreu, soit en grec, en Orient, par exemple en Egypte, peut-être eu Palestine ou en Svrie.

L'ORIGINAL HKBRF.l 105

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