PS M M ES DE S .M.O.MO N
sions historiques se rapportent à Pompée s'emparanl île Jérusalem et mourant en Egypte. La date des Psaumes va donc de 63 à 48 et même au delà; car le psaume n n'a pu être composé qu'après la mort de Pompée, assassiné en 48. H ne faut songer, comme événements politiques, ni à Titus ni à la prise de Jérusalem par Titus.
L'auteur est un pharisien strict. Ses doctrines morales, religieuses et messianiques, offrent le plus grand intérêt pour la connaissance de la mentalité juive avant J.-C. Le royaume messianique apparaît comme prochain. La résurrection des justes aura lieu au temps du Messie. — Le recueil se ferme par le psaume xvm, hymne de louange à Dieu, créateur, conservateur et gouverneur de toutes choses.
E. Jacquier (1893) reconnaît que les psaumes historiques font clairement allusion à Pompée et à la prise de Jérusalem et du Temple en 63 : « C est donc vers le milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, entre 63 et 48 que ces psaumes ont été écrits. » L'auteur des Psaumes n'est pas le roi Salomon, ni même un Salomon inconnu. Le nom de Salomon a été inscrit, sans qu'on sache quand ni par qui, en tête des Psaumes, «pour leur donner plus de valeur et les faire mieux accepter des contemporains, i Ces psaumes sont« une oeuvre de parti. » L'auteur est un pharisien démocrate, ennemi de la royauté hasmonéenmet de l'aristocratie sadducéenne. Il écrit « pour stigmatiser la conduite perverse de ses adversaires et fournir peut-être à la rancune populaire des chants vengeurs. Mais il ne se proposait pas d'introduire ces psaumes dans la liturgie publique, et rien n'indique qu'il fût prêtre plutôt que laïque. Le grec des Psaumes trahit un original hébreu. La version grecque a dû être exécutée avant 50 de notre ère, et, sans doute, vers la fin du dernier BÎècle avant notre ère... Il y a bien des rapports entre les Psau-
PI'.RinDE C ( » X T F M P O R A I N F.
mes de Salomon et d'autres apocryphes circulant à cette époque: mais on ne voit pas d'emprunts entre les uni »t les autres. L'intérêt du livre, c'est de nous fournir un témoignage certain et direct «sur les doctrines juives et surtout pharisiennes dominant à cette époque. » La valeur littéraire des Psaumes de Salomon est médiocre, sauf pour quelques-uns. Cependant, le plan de chaque psaume est toujours bien défini: le style est rlair et précis, comme la pensée : ce qui distingue avantageusement le livre des autres apocryphes de cette époque. <>|>scurs et embrouil- Les Psaumes de Salo mon sont perpétuellement une imitation de l'Ancien Testament. La description du royaume messianique et du Messie est de la plus haute importance pour l'histoire des idées messianiques ; « elle se rattache d'un côté à la tradition prophétique, et de l'autre elle fait pressentir la révélation nouvelle. »
Dans sou Histoire d'Israël (1893, t. v, c. xiv), Renan rapporte les Psaumes de Salomon, du moins les psaumes historiques, à l'occupation de Jérusalem par Pompée. « La chute des Asmonéens fut évidemment une délivrance, un soulagement pour Israël. Israël, en effet, en était venu à se réduire exclusivement au parti pharisien. Le parti pharisien était ta ethnos, et ce parti n'aimait pas la royauté 1...
1 L'auteur ajoute en note : « Comparez Psautier de Salomon, ps. xvn, v. 14. » — Le même historien dit à propos de la chute des saddueéens, après la prise <l Aristobule : « Le pharisaisme sortit plus fort d'unqui semblait devoir être le tombeau de la nation. Le prêtre, d'après la constitution juive, était l'aristocrate, le riche. La petite aisance des pharisiens était une critique du luxe de ces personnages. Nous avons à cet égard un témoignage du temps même où nous sommes. Strabon. qui s'occupa des Juifs avec tant de conscience, les questionnant sur leur organisation intérieure, tomba sur un Juif libéral, opposé au sacerdoce et au pouvoir temporel. Il eut de la peine à se faire une idée claire de ses sentiments à l'égard du temple : « Ils le détestent comme repaire de tyrans: ils le révèrent comme sanctuaire (Strabon, XVI, n, 37, 40).»
I'SAUMIS DE SALOMON
Le malheureux Aristobule suivait son vainqueur, enchaîné avec ses deux fils et ses deux filles. Un des fils, Alexandre, s'échappa. Un autre, Antigone, fut conduit à Rome avec ses deux sœurs, et figura au triomphe de Pompée (année 61 ). Un très grand nombre d'esclaves juifs furent amenés à Rome, à cette occasion; ils servirent de noyau à la colonie juive de Rome, qui eut de si brillantes destinées (Ps. de S al., xvn, 14). a
0. von Gebhardt a donné, en 1895, une excellente édition des Psaumes de Salornon, avec une introduction et une annotation critiques seulement.
W. Frankenberg (1896) contredit les idées de Wellhausen, que nous avons exposées plus haut l, et qui sont, pour ainsi dire, unanimement acceptées. Suivant ce critique, les traits et détails qui paraissent s'appliquer aux sadducéens, désignent, en réalité, ceux qui sont couramment appelés les« impies » dans les Psaumes canoniques. Quand il est question, dans les Psaumes de Salornon, des « habitants de Jérusalem», des « fils et filles de la sainte Git< sens de ces expressions n'est nullement limité à un parti politique déterminé, existant au sein du judaïsme. Les passages que l'on regarde comme faisant clairement allusion aux Hasmonéens ou aux Romains, ces passages sont susceptibles d'une autre interprétation. L'ensemble des événements politiques et des espérances religieuses peut difficilement se rapporter à l'époque de Pompée. — Telles sont les vues que ce critique cherche à démontrer dans son travail. Suivant lui, dans les psaumes i et il, par exemple, la peinture de l'occupation de Jérusalem est trop vive et
Avec ces paroles de Renan et de Sttabott, cl'. PêOtUAiè tir StUotttOfi, \ , JO;
xvi, 12; i, 8; n,l-2; vin, 12-1.!; xvn, 7. 1 Voir plus haut, à l'année 1874.
trop colorée pour n'être pas récente, c'est-à-dire, pour n'avoir pas suivi immédiatement les événements. Par suite, elle ne peut dater d'après 48 pour un événement ayant eu lieu en b3. Par suite encore, les triomphateurs de Jérusalem ne sont ni Pompée ni les Romains. Dès lors, il faut rapporter les Psaumes politiques « à l'invasion syrienne sous les Séleucides. » Quant au « Dragon» du psaume n, tué en Egypte, il ne désigne pas Pompée mourant misérablement; c'est une fiction poétique par laquelle le poète se représente la punition de Dieu sur les envahisseurs coupables.
Les Psaumes qui présentent un caractère polémique ne contiennent pas les attaques d'un pharisien contre les sadducéens, ses adversaires. Dans le psaume iv, par exemple, il ne s'agit nullement des sadducéens, juges iniques, riches et insatiables de richesses, etc. Il s'agit d'« hommes absolument ordinaires, connue huis les autres, et n'appartenant à aucun parti politique, hommes sans idéal et sans principes, qui n'adorent que l'argent et en sont insatiables, » hommes sans foi ni loi, comme il en existe à toutes les époques, dans toutes les sociétés, et comme il s'en trouvait au sein de la nation juive, à l'époque de l'invasion syrienne et de la domination syrienne en Judée.
Frankenberg passe ainsi en revue les psaumes vu, vm, ix. xi. xvn, puis i, vi, xn, xiii, xv, xviii, et il en donne une explication assez habile pour qu'elle puisse cadrer avec sa thèse sur la date adoptée par lui. Il résume enfin ses idées dans les conclusions suivantes : 1° Les ennemis juifs du psalmiste, en tant que formant une classe sociale déterminée, sont les Juifs animés de sentiments païens, au sein de la communauté. Au fond de leur cœur, ils sont étrangers à Dieu et indifférents à l'égard de la loi et de la religion nationale; en même temps, extérieurement, ils se rattachent aux vieux croyants. N'ayant aucune crainte de Dieu ni de ses jugements, ils se livrent aux vices ordi-
PSAUMES DE SATOMON
naires des impies : la luxure et les faux serments, et surtout, ils sont d'une convoitise insatiable. Il va de soi qu'ils ont de la sympathie pour les chefs païens, sans former encore eux-mêmes un parti politique déterminé. Ce sont les modernistes, les libéraux, et les internationalistes de cette époque. — 2° Les péchés de profanation du culte ne sont pas mis au compte d'une portion du peuple formant un parti politique déterminé. Toute la communauté en est responsable. « Les expressions de l'auteur indiquent la chute générale du peuple entier dans le paganisme. » — 3° Les allusions aux événements historiques et les espérances religieuses ne se rapporteraient que très difficilement à l'époque de Pompée. Parmi les récits des Psaumes sur les dévastations et les pillages de Jérusalem, aucun ne peut être appliqué à l'occupation de la ville par Pompée, sans qu'il y ait quelque chose de forcé. Quant aux espérances religieuses et aux sentiments religieux qui ont pour objet les païens, ils sont tels qu'ils n'ont pu, évidemment, être exprimés ainsi au temps des Romains. Or, en dehors de l'expédition de Pompée, il n'est qu'une seule époque à laquelle on puisse penser; c'est celle de la domination syrienne en Judée. Mais il ne faut pas chercher la date précise de chaque psaume, détail qui importe peu en comparaison de la date générale du recueil.
Pour le psaume xvni, Frankenberg admet l'authenticité des versets 1-10. Mais il reconnaît que les versets suii vanls n'ont aucun rapport avec ceux qui précèdent, et qu'ils doivent provenir de la main d'un copiste. Le siâ-
•\fxt.\j.y. après le verset l(). indique la lin du psaume win
et de tout le recueil. Frankenberg a ajouté à son travail la retraduction des Psaumes eu hébreu, avec îles noies
explicatives de sa traduction '.
' Le travail <l<' Frankenberg contienl <!«• bonnes remarques, M;iis tiiius ne pouvons en adopter ni la méthode, ni les principes, ni las conclusions.
Israël Lévi (1896) , veul essayer de déterminer approximativement la date de composition A?< Dix-huit bénédictions, sinon dans leur totalité, au moins dans leurs parties les plus récentes, voir l'esprit qui les anime et qui leur a donné le jour, H dans quel milieu elles se sont élaborées. » « Cette prière, au moins dans sa partie la plus ancienne, était déjà affectée au service public avant la destruction du Temple... Or, elle ne reflète aucune vénération pour le Temple ni pour les prêtres... Ce n'est pai dans le sanctuaire de Jérusalem qu'elle a vu le jour par conséquent. » D'ailleurs, c'est dans les synagogues -. en tant que lieux de culte, que la liturgie, la prière, les chants, ut substitués aux sacrifices du Temple; el par suite c'est dans le service religieux de la - ue qu'il faut
chercher l'origine du Srhenioné-Esré ou des Dix-huit I dictions. De plus, «les trois premières et les trois dernières forment la couche la plus ancienne... Or, dans le dernier de ces six morceaux se remarque une nouveauté à peine croyable, celle de bénir le peuple au nom de Dieu, attribuée « au laïque qui récite l'oraison 3. » « C'est un véritable coup d'état religieux, c'est l'élément profane se substituant au clergé: la synagogue de fait est dressée contre l'autel, a Jusque-là. au contraire, la bénédiction était donnée au peuple par les prêtres seuls, au Temple, à la fin du sacrifice journalier, et dans les provinces « à l'oflice du matin dans les synagogues. »
Cette révolution avait été accomplie « par un parti résolument hostile aux prêtres et s'élevanl sur les ruines de leur autorité. » Or. dans ■ la paraphrase de la bénédiction sacerdotale », on lit : « Par la lumière de ta face tu
1 Rei'iie des Eludes juives, t. xxxu, p. 162-178, "2'i2. — Les notes qui suivent ont été ajoutées par nous.
2 Ps. Sal., x, 7-8; xvn, 18-20.
3 Cf. Ps. Soi., xvn, 40.
nous as donné la Loi de vie (tôrat hayyîm) l. L'introduction de la Tora dans cette formule révèle le nom des auteurs de cette bénédiction : ce sont les pharisiens, les Docteurs de la Loi... » Le deuxième paragraphe, où revient avec tant d'insistance la mention de la résurrection 2, est, dans sa rédaction actuelle, l'œuvre des pharisiens. La 13e bénédiction, où la bonté de Dieu est appelée sur les justes 3, les scribes, les prosélytes, et non sur les prêtres, est purement pharisienne... La 11e qui demande le retour de bons juges, semblables à ceux d'autrefois, pourrait être une critique des juges sadducéens 4. Dans les 5e et 17e bénédictions, la prédominance, ou au moins l'égalité, est assignée au culte 5, aux prières liturgiques 5, par comparaison avec les sacrifices du Temple 6. Dans la 3e, on lit cette invocation à Dieu : « Tu es saint, et ton nom est saint, et les saints chaque jour te louent. Sois loué, Éternel, Dieu (ou Roi) saint 7. »
Or, « le mot « saint», dans la littérature quia vu le jour après le livre de Daniel, a un sens technique : il désigne les hommes pieux et les pharisiens 8, par opposition aux hellénistes d'abord, puis aux sadducéens. » Si ce sont les « saints » qui ont composé nos Dix-huit bénédictions, il est tout naturel que les « orgueilleux », les « délateurs », les
1 Cf. Ps. SaL, xiv, 1-2.
2 Ps. SaL, m, 16; xiv, 1-2.
3 Ps. SaL, ii, 39; x, h ; xm, 11 ; xvi, 15.
4 Ps.SaL, iv, 1 sq. ; xvn, 22, 31, 35-36. — Israël Lévi rapporte l'opinion d'Isidore Loeb pour les bénédictions n, xm et xi, et il l'approuve. Voir Revue des Études juives, t. xix.
5 Cf. Ps. SaL, i, 8; n, 3; vin, 12; m, 8-10; vi, ix, 10-15.
6 Dont il n'est question dans les Psaumes de Salomon que pour les montrer souillés et profanés par les fils d'Israël, par les prêtres, n, 8-5; vin, 13- l 'i.
7 Cf. Ps. SaL, n, 41; m, 1-3; vi, 1, 9; vin, 26; x, 6-7; xv, 5 6, »tc
8 Ps. SaL, ii, 'i0; m, 3, 9; IV, 7; x, 7, etc.
« artisans d'iniquité l » soient dénoncés à la colère divine et voués à la perdition... Et effectivement, la 12e berakha (bénédiction) ne manque pas d'appeler le courrouxde Dieu contre ces méchants : « Que pour les délateurs il n'y ait pas d'espoir, que tous les artisans d'iniquité périssent en un instant, et détruis, paralyse et anéantis les orgueilleux bientôt, de nos jours. Sois loué, Éternel, qui courbes les orgueilleux*-. I Si 6CI méchants sont vraiment les sadducéens, le parti des prêtres , on ne comprend pas seulement ce paragraphe, mais encore tous ceux qui l'encadrent. Comme l'a très bien dit Isidore Loeb, ces juges auxquels on oppose ceux d'autrefois dont on demande le retour, ce sont bien les juges sadducéens dont l'injustice révoltait les pieux fidèles 3. A ces méchants, par une association d'idées toute naturelle, on oppose les justes, les pieux 4, les anciens d Israël, les Bfcfibes, les prosélytes gagnés |».ir la propagande pharisienne, tous les vrais défenseurs de la justice. Ce gouvernement détesté, on en souhaite la destruction, on demande à Dieu le retour de la dynastie davidiijue, qui apportera le salut d'Israël *. Jérusalem, souillée par les prêtres sadducéens, Dieu n'y habite plus ; que Dieu y rétablisse sa résidence et que la ville sainte soit édifiée enfin comme elle devait l'être 8. »
1 Ps. SaL, i, 5-6; 11, 8-9, 35, 39; iv. 7-14. 2-V IÈ\ ix, 5-9; xn, 1-6. - Ps. SaL. iv. 7-9, 28; xn. 4-8: xi B, 2D-27.
3 Cf. Ps. SaL, iv, 1-25; xn, xvn, 17-22.
4 Ps. SaL, h, 38; m, 3-10, 14; iv, 1, 9; ix, 6, etc.
5 Ps. SaL, xvn, 5, 23, 28, 31.
6 Ps. SaL, vu, 1-5: ix, 18; xi, 8; xvn, 33. — Si ces considérations d'Isfaêl Lévi doivent être admises, elles appuieront singulièrement le* idéal suivantes : que les Psaumes dits de Salomon ont été composés par un pharisien pieux, prêtre ou docteur de la Loi; qu'ils ont été composés pour le culte public de la synagogue; et que, par suite, ces Psau-
it été mis en musique et chantés; qu'ils devaient servir au culte de la synagogue surtout après 70, après la destruction du Temple. Nous parlons de l'original hébreu. Toutes ces idées ont été exposées plus haut, c. iv.
Israël Lévi prétend confirmer toutes ces assertions relatives au Schemoné-Esré par les témoignages empruntés aux Psaumes de Salomon. Ces Psaumes se rapportent certainement à l'occupation de Jérusalem par Pompée, qui mit fin à la dynastie des Hasmonéens et qui amena l'asservissement définitif de la Judée à Rome. « L'impression produite par la victoire de Pompée fut profonde, » et il n'en faut pas croire M. Renan, qui prétend le contraire 1, « Des Psaumes, écrits sous l'impression du deuil et de la colère du peuple, hostiles aux Hasmonéens comme aux Romains, nous dépeignent, avec une vivacité douloureuse, l'état d'esprit des pieux Israélites, spectateurs de ces ruines. » « Ces Psaumes, attribués à Salomon, écrits d'abord en hébreu, nous sont parvenus dans leur version grecque ; » ils « sont un document des plus précieux pour l'histoire des idées chez les Juifs en Palestine au Ier siècle avant l'ère chrétienne. Ce qui en fait le prix surtout, c'est qu'ils sont datés avec une précision parfaite, qu'aucun critique ne conteste, et présentent une unité complète. Les morceaux les plus récents ont été composés entre la mort de Pompée (l'an 48 avant l'ère chrétienne) et l'an 40. Or, ce Psautier, au travers duquel souffle l'esprit pharisaïque, nous offre un véritable commentaire de nos Dix-huit bénédictions', il reflète les mêmes idées, les mêmes tendances, le même état d'âme. La ressemblance est même dans les expressions et chacun des paragraphes .du Schemoné-Esré a son pendant et son parallèle dans ces Psaumes. »
Comme preuve et comme exemple, Israël Lévi compare la 12e bénédiction, qu'il croit « dirigée contre les sadducéens, les fonctionnaires des rois hasmonéens, » avec les Psaumes de Salomon, iv, 7, 26, 28; xn, 4; xiv, 6; xv, 11; xvn, 26; xn, 8 2. Il cite encore un autre exemple. « Il est
1 E. Renan, Histoire d'Israël, t. v, c. xiv.
2 Israël l/ùvi ajoute an note : « Tout !<• psaume iv, (jui commence par
PERIOD !. i i) n i h \| imiRai Pi E
convenu, dit-il, que les morceaux «lu Schemoné-Esré,
qui parlent du rejeton de David, de la reconstruction de Jérusalem et du retour de la résidence de Dieu dans la ville sainte, sont postérieurs à la destruction du Temple. Or, que dira-t-on en retrouvant exactement tous vœux dans notre Psautier? » Puis, Israël Lévi cite Psaumes de Salomon. xvn, 5-8, 14-24, 28-33, etc. « De même, la bénédiction qui demande le retour des Israélites dispersés a toujours été placée après la destruction du Temple et la grande dispersion. » Or, on retrouve ces mêmes idées dans les Psaumes de Salomon, xi, l1; vin, 34; xvn, 28, 50. « Tous ces paragraphes consacrés à la réunion des exilés. au rétablissement des anciens juges, à la destruction des calomniateurs et mauvais juges, au triomphe des justes et des pieux, à la restauration du trône de David et à l'édification d'une Jérusalem nouvelle ont un caractère mes nique (Isaïe, i, 26-28); mais il ne faut pas oublier que l'ère
lianique était attendue alors chaque jour, que auteurs de prières... imploraient ce changement pour le lendemain 2. C'est la pensée du poète du Psautier de Salonuiii. et c'est évidemment celle de l'auteur de ces paragraphe du Schemoné-Esré. qui ont pu être presque contemporains.» « Ces Psaumes s'accordent encore avec le Schemoné-Esré dans son indifférence à l'égard du Temple, qu'a
lis mots : « Pourquoi siégez-vous dans le Grand Conseil, mondains, «puisque votre cœur est loin du Seigneur...? » est dirigé contre les sadducéens, « ces mondains, ces Imnêfîm, qui repoussent la crainte de Dieu, muais se font les serviteurs d'un homme et prennent pour Dieu un homime . C'est aussi l'opinion de Wellhausen. » — Dans ses comparaisons, Israël Lévi ne cite que les versets empruntés aux Psaumes de Salomon (voir un peu plus haut la citation de la 12e bénédiction); il suppose connu le texte du Schemoné-Esré.
1 Israël Lévi traduit ainsi ce verset : *< Sonnez de la trompette en Sion, de la trompette de la signification des saints, proclamez en Jérusalem la voix du porteur de bonne nouvelle. »
1 Cf. Ps. Soi., xvn, 23; xvm, 7, et cf. xi.
souillé le pontificat de son temps. Si l'ennemi est entré dans le sanctuaire, c'est parce que le Temple a été profané par les propres fils d'Israël 1. » « Dans ces Psaumes, il est plusieurs fois question des synagogues. Ce mot peut se rendre, dans certains passages, par communauté, qâhâl; mais, en d'autres, il désigne sûrement la réunion des fidèles, x, 7, 8 2. » ... « La résurrection est mentionnée en termes précis dans ces psaumes comme dans les Dix-huit bénédictions, m, 16. »... « Le terme « saint », désignant les adversaires des sadducéens, revient sans cesse dans le Psautier de Salomon; on ne l'y compte pas moins de dixsept fois, x, 7; iv, 1, etc. »
... Il y a d'autres « rapprochements que suggèrent les autres bénédictions ; la ressemblance s'explique trop facilement : notre Schemonê-Esré et les Psaumes de Salon uni s'inspirant surtout des psaumes du canon biblique, il n'est pas étonnant qu'ils se rencontrent à chaque pas pour les idées comme pour les expressions 3. Ainsi, comme dans la Ire bénédiction, Dieu a choisi la race d'Abraham (ix, 17) 4; il a fait un pacte avec les ancêtres et une promesse pour leurs descendants (ix, 19); il est notre protecteur (vu. <i), notre sauveur, notre roi, pour l'éternité (xvn, 1, 3); comme dans la deuxième, la puissance de Dieu s'éhiul sur tous les siècles, accompagnée de sa miséricorde (xvn. 3) — ce mot de « miséricorde », particulier au langage du Rituel, ne revient pas moins de vingt-quatre fois sous la
1 Voir ce <|i«i ;i été dit plus liant, c. u, p, 27-'!0. il cl'. l's. Sal., n vin, 12-13; xvn, 7.
2 Ajoute! Pê, Sal., xvn. 18-20.
• 11 reste cependant ceci d étonnant que le choix des idées M trouve être précisément le même pour les deux recueils. Mais la ressemblance l'explique si, réellement) les deux recueils sortent du mêm< milieu
pharisien, à la même époque.
4 Toutes les références qui suivent dan.- eei alinéa s'appliquent aux Psaumes de Salomon.
forme ï/.zz: — sa bonté s'étend sur l'homme et le soutient dans ses épreuves (v, 16) ; il nourrit les rois, les princes et les peuples (v, 13) ; il fait tomber la pluie dans le désert pour préparer la nourriture à tout être vivant (v, 11); comme dans la troisième, Dieu est saint (x, 6), et les synagogues des saints le louent (x, 8); comme dans la cinquième, le pécheur demande à Dieu d'affermir son à nie dans la joie de le servir :« si tu fortifies mon âme, ce don me suflira (xvi, 12);» il lui demande de le corriger, pour qu'il revienne à lui (xvi, 11); la bonté de Dieu s'étendra sur les pécheurs faisant pénitence (ix, 15), etc. 1. Enfin, il n'est pas jusqu'au nombre 18 qui ne soit dans l'une et l'autre composition celui des paragraphes : 18 1> dictions, 18 psaumes. Noua ne citons cette particularité que comme curiosité d'ailleurs *.
1 Israël Lévi ajoute un note : I II est très remarquable que jamais il n'est question de la loi dans le psautier. Pareillement, le quatrième paragraphe de Schemoné-Esré, qui implore le don de la sagesse, n'y a pas de correspondant. 11 faut en conclure que l'auteur était un pharisien laïque, si l'on peut ainsi parler, passionné surtout pour les idées morales du parti, brûlant de la même indignation contre le clergé officiel, attaché au même genre de patriotisme et rêvant les mêmes transformations sociales, mais indifférent en somme à la scholastique rabbiuique. Ces deux affirmations du critique sont fausse?. Pour la loi. elle est expressément nommée, jc, 5; xiv, l;cf. xv, 10; xvi, 9.Lfl passage xiv, l.est d'une importance capitale. Dans ce passage, c'est la « Loi » qui donne la « vie », et précisément, dans la première partie de son article, Israël Lévi avait relevé un passage identique (le voir plus haut) comme trahissant clairement une main pharisienne dans la rédaction de la bénédiction. Enfin, la 6txaio<rjvr„ la i justice i qui caractérise le Juif pieux, le « saint , ne peut pas être autre chose que la vie morale et temporelle exactement conforme à la loi (et cf. encore le psaume ni et le psaume xvn). Quant à la sagesse, il suffit de voir les ps. 11, 37| VI, '■> : îx. 7, '.>: x. I--. 9; xii. 6; xiv. 1-5: xv. 5-6; \m. 7-15; iv. 11 ; xvn. 26-31, 40, \'2; xvm. 8.
- Serait-c« pour apparier le nombre des psaumes (quand ils ont été employés pour le culte, par exemple) au nombre des Dix-huit bénédictions, que l'on aurait ajouté aux dix-sept psaumes le psaume xvm, composition par elle-même factice et sans valeur ? Israël Lévi ajoute en
« Il faut noter une différence importante entre les Psaumes de Salomon et les Dix-huit bénédictions : écrit au lendemain de la prise de Jérusalem par Pompée, notre Psautier ne laisse pas de respirer de la haine contre les Romains; l'auteur attend de Dieu la revanche sur Rome; dans le Schemoné-Esré, au contraire, aucun mot contre l'étranger... les seuls ennemis qu'on déteste et qu'on voue à la malédiction divine, ce sont les ennemis intérieurs. Mais cette différence même a son importance. L'entrée de Pompée à Jérusalem est une date décisive dans l'histoire du peuple juif, elle fut un tournant dans l'évolution des sentiments de la nation. Selon qu'une œuvre littéraire des derniers temps de l'indépendance juive trahit de l'hostilité ou de l'admiration, ou simplement de l'ignorance, à l'égard des Romains, on peut affirmer qu'elle est antérieure ou postérieure à cet événement. Le Schemoné-Esré doit donc avoir été composé, dans ses plus récentes parties, avant l'année 63. Toutefois dans cette divergence même, le Psautier de Salomon se rapproche encore singulièrement de notre Schemoné-Esré. Si, en effet, l'auteur en veut aux Romains, qui ont été les instruments de la vengeance céleste, tout au moins n'englobe-t-il pas les autres peuples dans son animosité. Le Messie, fils de David, dont il espère le prochain avènement, aura pour rôle, moins de juger les nations, de purifier Jérusalem, afin qu'elles y accourent des extrémités de la terre, que de briser l'orgueil des pécheurs, de faire disparaître l'injustice du milieu d'Israël, d'anéantir les princes iniques, de rétablir Jérusalem comme elle était auparavant, de réunir les tribus et de la conduire dans la sainteté. Ce rejeton de David ne mettra pas son espoir dans les chevaux ni dans les machines de
note : « M. Locby a comparé les dix-buil mesures prises par les rabbins. Dans certains mss., les psaumes sont au nombre «le dix-neuf. » Nous croyons que cette dernière affirmation est une erreur
guerre; il ne ramassera pas de l'or et de l'argent pour combattre; c'est par la puissance de sa parole qu'il détruira les pécheurs (psaume xvn). Or, ce sont justement les idées messianiques de notre Schemoné-Esré. La réunion des exilés, l'arrivée du rejeton de David y ont pour compléments aussi le rétablissement des bons juges, le règne de la justice, le châtiment des orgueilleux, des artisans d'iniquités, c'est-à-dire des ennemis intérieurs, la récompense des justes, le retour de Dieu en Sion, la reconstruction de Jérusalem suivant le plan divin. L'absence de toute impré- « ;iiion contre les nations étrangères ... est significative... » Au point de vue politique, l'auteur des Psaumes de Salomon appartient au parti théocratique, démocratique, anticlérical (xvn, 46), et on peut comparer avec ses opinions « la prière qui demande à Dieu de ramener les juges d'autrefois... et qui se termine ainsi : « Et règne seul sur nous i avec bonté et miséricorde, et justifie-nous dans le jugece ment *. »
« Le parallélisme de nos deux morceaux autorise les conclusions suivantes :
« Plus d'un siècle avant la destruction du Temple, les idées que renferme le Schemoné-Esré étaient authentiquement celles des cercles pharisiens de la Palestine ; mt'ines vœux pour la délivrance d'Israël, l'avènement d'un rejeton de David, la réunion des dispersés, la restauration spirituelle de Jérusalem, le retour de la résidence divine à Sion; même dédain pour le Temple, même hostilité contre les prêtres, même haine des Sadducéens, des traîtres, des délateurs, des juges iniques, et aussi même sentiment de la justice, de la sainteté, même confiance dans la bonté et dans la miséricorde divines, même théologie et même morale.
«Notre Schemoné-Esré peut donc avoir existé, sous sa
1 II faut comparer Ps. Sal., v, 21-22: xvn, l-\, ÔQ. PS. sal. — 15
forme actuelle, longtemps avant la disparition du Temple, sous les derniers Hasmonéens; et par suite, « on sera « en droit d'assigner à la rivalité de la synagogue et du « Temple une antiquité beaucoup plus haute qu'on ne « fait d'ordinaire 1... »
A. Peyrollaz'(1899) croit que le décret du concile de Laodicée concerne les Psaumes de Salomon. Le « petit recueil » de ces poèmes était « destiné au culte de la synagogue, comme le Psautier de David l'était à celui du Temple. » La date de composition « est de 48 avant Jésus-Christ environ, et le Psautier fait allusion à la prise de Jérusalem par Pompée. » Ceux qui compareront les Psaumes de Salomon au Schemoné-Esré « arriveront probablement à cette conclusion que le Psautier pourrait bien être la forme primitive sous laquelle apparurent les célèbres XVIII Bénédictions. »
H. Swete a publié en 1899 une seconde édition 2 des Psaumes de Salomon, édition séparée de celle des Septante, donnant le texte du Codex Romanus et une annotation critique.
Suivant R. Kittel (1900), le nom de Salomon, qui figure en tête des Psaumes de Salomon, est adventice et
1 Si les assertions d'Israël Lévi sont vraies en substance il faut regarder les Psaumes de Salomon et le Schemoné-Esrc comme deux documents apparentés de très près. Us seraient nés vos la même époque, au moins en partie, dans les infini s milieux pharisiens; on \i
en eux deux documents publics, liturgiques, presque officiels, traduisant les mêmes sentiments et les mêmes aspira lions de l'Ame juive dans la première moitié du premier siècle avant nuire ère. Les deux documents s'éclaireraient et s'appuieraient mutuellement.
2 La première édition avait été donnée en 1894, dans le t. m de Tht Old Testament in Greek according io the Septuaginl, Cambridge.
récent; il indique seulement l'idée qu'on s'était faite que ce second psautier était de Salomon (à cause de ce qui est dit I Rois, v, 12), de même que le premier était de David. La date de composition doit être placée au ier siècle avant J.-C.. à l'époque de l'occupation de Jérusalem par Pompée. Cette opinion est, pour ainsi dire, unanimement adoptée. Les allusions de certains psaumes, et des plus importants (n, vin. xvn), ne permettent de les attribuer qu'à cette époque, et avec précision. L'unité de la collection demande aussi qu'on les y rapporte tous, à la condition de regarder la prise de Jérusalem par Pompée comme une date centrale seulement. Certains psaumes ont pu être composés immédiatement après, ou bientôt après. La composition du psaume n a suivi la mort de Pompée. Quelques-uns, comme le ive, peuvent être antérieurs d'une dizaine d'années. Les Psaumes s'échelonnent donc de 63 à 45 environ, avant J.-C, et peut-être même de 80 à 45, dates extrêmes.
Le lieu de composition est la Palestine, comme on le voit par le contenu des psaumes, la langue originale, et leur destination au service de la synagogue. Dès lors, l'importance des psaumes est extrême. Ils nous révèlent l'état d'Ame du parti pharisien, qui avait pour idéal une théocratie pure et sans rois, mais avec la royauté du Messie de Dieu. Théologiquement, les psaumes nous font connaître « la justice ou pureté légale » du pharisien, « les pieux et les impies, les justes et les pécheurs. » Les « juste* sont ceux qui s'attachent à la pureté légale, comprise au sens des pharisiens, et les « impies » sont les autres, les sadducéens. Le couronnement de ces aspirations, c'est le Messie, Fils de David et roi d'Israël, qui purifiera Jérusalem des païens et des impies, etc. — Le Iv&tyakpa et les titres des psaumes indiquent qu'ils étaient chantés dans le service divin des synagogues. La langue originale était l'hébreu, non ponctué. Le grec actuel n'est qu'une traduc-
tion faite pour les Juifs hellénisants, par exemple ceux de l'Eglise chrétienne 1.
Dans sa traduction, R. Kittel tient compte de cette triple possibilité : que le traducteur grec traduit mal, ou à moitié bien, un texte hébreu exactement lu; qu'il a mal lu le texte hébreu (non ponctué); qu'il avait sous les yeux un texte hébreu déjà altéré par la transcription, sans qu'il ait osé le changer et le corriger 2.
En 1902, F. Perles a publié un essai important et intéressant sur la correction et l'interprétation d'un assez grand nombre de passages de nos Psaumes. Pour cela, l'auteur s'applique à restituer le texte hébreu que le traducteur devait avoir sous les yeux 3.
P. Volz a publié en 1903 une étude extrêmement importante sur les doctrines eschatologiques des Juifs; c'est à ce point de vue spécial qu'il y parle des Psaumes de Salomon 4. Ils ont été composés, croit-il, vers 50 avant J.-C. Ils ne sont pas d'un seul et même auteur, et de plus, ils ont été remaniés (uberarbeitet). Aussi l'eschatologie ne présente-t-elle pas d'unité, et même dans un psaume qui n'a qu'un auteur, le point de vue eschatologique ne se maintient pas jusqu'à la fin du poème. La similitude des
1 Cette dernière supposition est étonnante, à notre avis.
2 Le principe qui consiste à traduire le texte grec en corrigeant le sens d'après un texte hébreu supposé, nous paraît arbitraire et dangereux. Le texte grec existe, et nous n'avons que lui; il a un sens, dans l'idée du traducteur grec. C'est donc ce sens qu'il faut rendre aujourd'hui dans une traduction moderne. L'exactitude ou l'inexactitude de la version grecque est une question différente, qu'il faut traiter séparément, et il en est de même de la restitution hypothétique du texte hébreu.
3 Voir plus haut, c. v, 1, et les notes de la traduction.
4 Jiidische Eschatologie, § 5, p. 22 ; § 23, p. 199.
Psaumes de Salomon avec ceux de David est évidente. Enfin, on trouve surtout, dans ces Psaumes, le sentiment religieux intérieur, la piété, beaucoup plus que des vues eschatologiques sur le monde.
Le psalmiste est de cœur avec le peuple d'Israël et avec les justes, v, 21 ; vin. 40; ix. 20; x, 9: xi. 7: xiv, 2, 3. Ses adversaires sont tantôt les païens, surtout dans le psaume xvii, et tantôt les pécheurs. Ces derniers se partagent en deux groupes : ceux qui oppriment les justes; les pécheurs en général. — Pour Israël, il y aura un jour de miséricorde, jour de délivrance, de salut et de splendeur, il, 35 ixn, 7); v, 21; vu, 8, 9; vin, 39-40; ix, 19-20; x, 8-9; xi, 1, 2; xn. 7; xvn, 24 sq.; jour où Dieu rappellera la Dispersion dans la patrie pour lui donner son Messie et un règne de salut. La description du Roi Messie, fils de David, est la plus homogène et la plus étendue que l'on rencontre dans la littérature de cette période.
Les justes héritent de la vie, tandis que les pécheurs subissent la damnation. Il y a là un jugement personnel, individuel, m, 14-16; xiv, 6 (ix, 9?); xn. 4; xv, 11 ; xvi, 2. On voit apparaître aussi une sorte de jugement général final, xn, 8; xm, 11 sq. : xv. 6 sq. ; xiv. 2 sq. ; m, 14; xiv, 6; m, 39; xv, 13-15. La condition des bienheureux et des damnés est éternelle, m, 15-16; xm, 9-10; xiv, 3 *. Les justes morts ressusciteront pour le salut (m, 16), mais non les pécheurs ; rien n'est dit de l'état des justes depuis leur mort jusqu'à leur résurrection. C'est ici-bas seulement que l'homme détermine son sort pour l'autre monde, ivvi : xvi. 6. A côté des jugements mentionnés plus haut.il est parlé assez souvent des jugements continuels de Dieu, qu'il exerce dans le monde sur les peuples, n, 16 sq. ; vm, 7-8, 27-32; iv, 28; v, 1; ix, 2-4; x, 6: xvn, 12.
1 Pour xtv, 3 sq., la perpétuité de la communauté des justes sur la terre el la vie éternelle seraient deux idées mêlées ensemble.
Le psaume xvm est une composition à part; les versets 6-10 se rattachent à xvn, 46 sq., et n'en sont qu'une plate répétition. — Le psaume xvn est consacré au Messie. De toute la littérature apocalyptique, « le psaume xvn de Salomon est celui qui donne la peinture d'ensemble la plus complète du règne messianique : rappel de la promesse de Dieu à ce sujet, v. 5; prière pour sa réalisation, v. 23- 24; énumération des œuvres du Messie : dispersion et anéantissement des ennemis et des pécheurs, soumission des peuples, conversion des pécheurs, réunion de la Dispersion, purification de Jérusalem, administration juste et sage pour tous, éducation du peuple en général et de chaque sujet en particulier dans la crainte de Dieu et dans la vertu, souci perpétuel de la sainteté cultuelle et de la pureté morale, à l'exclusion de la gloire temporelle et militaire, etc. Conformément à ce point de vue, la qualité essentielle du Messie est la grandeur morale. A côté du Messie se tient continuellement Dieu, qui est le « Roi d'Israël » et l'auteur suprême du salut. Un détail propre à cette peinture consiste dans l'indication du temps où viendra le Messie. Le Messie des Psaumes de Salomon tient le milieu entre le type esquissé dans l'Ancien Testament et le type plus récent du Messie, qui est « supra-terrestre ». Il n'est pas question de la résurrection pour le règne messianique. Les adversaires du Messie sont toujours des habitants de la terre, et jamais des démons.
T. André (1903)croit que l'auteur de Baruch, iv, 39-v, 9, a imité les Psaumes de Salomon. Il place la composition de la deuxième partie de Baruch après 70 de noire ère, et il l'attribue à un Juif d'Egypte, pharisien : n Ce qui le ferait croire, ce sonl ses emprunts aux Psaumes «lits de Salomon, et son allusion à la souillure des cadavres. »
A. BuCHLBB a donné en 1904 le résultat de ses recher-
ches sur Ps. Sal., vin, 8-13, 24, en comparant à ce passage i, 7-8 ; ii, 3, 9, 14-15. Il s'agit des cultes orgiastiques des Chananéens, Phéniciens, Syriens, et, d'une manière précise, de l'antique culte d'Astarté, qui comprenait en même temps des pratiques idolâtriques et des prostitutions rituelles, même contraires aux lois de la nature (comme le commerce du père avec la fille, du fils avec la mère, Ps. Sal., vin, 9-10 ; ii, 15). Les « endroits cachés, souterrains», où avaient lieu ces pratiques criminelles, étaient des grottes consacrées au culte d'Astarté, Ps. Sal., vin, 9; Renan, Mission de Phénicie, p. 640, 647, 651 ; R. Smith, Religion des Sémites, 150", et saint Jérôme, Epistolœ, xlix, ad Paulinum. La «grotte «était dite en grec ■i.i'-y.zzt, en hébreu me'ârâh1. Ce culte abhorré et interdit avait dû être apporté à Jérusalem de la Phénicie et de la Syrie, où il se célébrait publiquement et en grande pompe. A Jérusalem, il ne pouvait avoir qu'une existence secrète et cachée. Par suite, il était le privilège d'un très petit nombre de personnes, par exemple des grands, riches et puissants, appuyés par le pouvoir royal des Hasmonéens. Précisément, dans Ps. Sal., vin, 13, et ii, 3-4, il s'agit des prêtres; i, 4-8, il est question des riches et des grands d'Israël 2; n, 146-15, les « filles de Jérusalem » appartiennent aux familles des prêtres et des grands, mentionnés ci-dessus 3. Le poète vivait à Jérusalem, et il a été témoin oculaire des événements. Il ne savait rien (i, 7) des péchés secrets d'idolâtrie et de débauche commis à Jérusalem, jusqu'à ce que la guerre de Pompée et la prise du Temple eussent mis au jour toutes ces abominations. — Pour xvn, les v. 17-22 présen-
1 Et non pas tahtîyôt, comme le veut Frankenberg, remarque Bûchler.
2 Tous étaient des sadducéens royalistes, partisans des Hasmonéens.
3 Pour iv, 4-6, il s'agit d'adultères ordinaires, dit Bûchler; et iv, 1, les mots owcSpiov tmm ne désigneraient pas le grand sanhédrin; il s'agirait d'un «pécheur» qui se trouve siéger dans un tribunal avec des juges en majorité pieux et justes.
tent une esquisse de ce qui se passait à Jérusalem, avant la guerre de Pompée, et particulièrement pendant la guerre faite par Hyrcan, Antipater et Arétas contre Aristobule (cf. encore ps. xiii et xv, pour 1' « épée », la « famine », et la « mort des pécheurs », qui se rapportent à la même époque) l. Le psaume v décrit la situation précaire et pauvre du pays après la guerre de Pompée, en G2, par exemple.
A. Bertholet (1906) donne un court et bon résumé des idées communément admises. La prise de Jérusalem par Pompée, en 63, retentit jusqu'au fond du cœur des justes, dont les sentiments éclatent dans les dix-huit Psaumes de Salomon. Ces psaumes existent dans une traduction grec que, après avoir été écrits en hébreu, à Jérusalem.L'aulnir est un pharisien, exprimant les idées et les opinions de son parti, et en particulier l'opposition violente des pharisiens contre les Hasmonéens et leurs partisans punis par Dieu. Mais si les Romains ont été un instrument de punition entre les mains de Dieu, qu'ils soient punis, eux aussi ! De là les sentiments de satisfaction du psalmiste devant la fin de Pompée, au ps. ii. Il faut de plus que Dieu délivre son peuple saint de tant d'épreuves intolérables. De là les espérances et l'attente du royaume messianique. — H. Bertholet admet que Baruch a imité ou copir le I '-sa mur
1 Dans le même psaume, v. 17, oî -jîoi -f,; SiaOr.xr,; ne sont pas les Juifs, et d'ailleurs, il est douteux que la locution de la Mischnali, bén berîl, lui déjà cm usage à cette époque. Il faut chercher le correspondant hébreu du grec dans Gen., xiv, 15, ba'alêy bertt, et Abdias, 7, 'anesêy berîl. Les « fils de l'Alliance» sont les alliés d'Hyrcan, contre Aristobule, en 65, et ce sont les cinquante mille soldats d'Arétas, qui étaient pleins de défiance contre les Juifs et Hyrcan et qui trompaient Aristobule et ses partisans au sujet des victimes à olîrir dans le temple. Josèphe, Ant. fud., XIV, h, 2.
L. Gry (1906) étudie le messianisme du psaume xvn. L'auteur des Psaumes est un de ceux qui croient que David doit toujours avoir un de ses descendants sur le trône, à la condition expresse que ce descendant montre une parfaite piété. La situation actuelle d'Israël est lamentable. Dieu intervient donc pour établir le descendant de David, qui débarrasse Jérusalem des oppresseurs, purifie la ville, rassemble les tribus, et fonde le nouveau royaume. Description du Messie-Roi et du Royaume. Ce Messie n'est pas un être surnaturel, mais un roi qui allie la force de David, son ancêtre, à une parfaite sagesse. — Cette peinture du Messie n'est pas tirée de la Bible, de l'Ancien Testament. Elle est l'expression de l'idéal que l'auteur chérissait dans son cœur. « Le Messie des Psaumes de Salomon est un roi glorieux dans ses deux fonctions de prêtre et de juge; mais c'est avant tout l'homme idéal, le Pharisien sans reproche, celui qu'on devait justement attendre comme un digne chef des Hasidim... » La leçon \y--.z: Kj;-.:r, Christus Dominus, est inadmissible, parce qu'elle impliquerait que le Messie est Iahveh, ou bien, si elle est exacte, elle provient d'un traducteur chrétien. — Le \6fOÇ -Ij ttÔjaotoç, verbum oris, désigne, pour Volz *, le tonnerre et la foudre meurtriers. L. Gry n'admet pas cette interprétation. L'expression désigne simplement les « menaces » qui sortent de la bouche du Messie et qui lui suffisent contre ses ennemis. — Il ne faut peut-être pas identifier l'auteur des titres des psaumes avec le traducteur grec. — Dans le Ps. xvn, le v. 43 est une glose, ou bien il a été déplacé. — Le Ps. xvm est un pastiche du précédent.
L. Gautier (1906) résume les opinions généralement reçues (Movers, Wellhausen, Ryle et James, etc.). Au
1 Jùdische Eschatologie, § 34, 4.
sujet du titre des Psaumes, l'auteur dit : « Le motif pour lequel ils ont été mis en rapport avec le nom de Salomon nous échappe totalement; tout au plus pourrait-on supposer, vu la circonstance (prise du Temple par Pompée) qui a provoqué leur composition, qu'ils ont été placés en quelque sorte sous l'invocation du roi qui avait bâti Jérusalem. »
A. Réville (1906) * place la composition des Psaumes de Salomon après la prise de Jérusalem par Pompée, après 63. C'est une composition pharisienne hostile aux Hasmonéens; le psalmiste espère les voir remplacer par la maison de David, d'où sortira le Messie. Mais A. Réville croit qu'il n'existe plus de descendants de David à cette époque, ou du moins, qu'ils sont totalement inconnus. Il faudrait donc un miracle pour que Dieu fît naître le Messie de la maison royale de Juda. « Comme il n'est rien dit de pareil, cela permet de supposer que toutes ces expressions « Fils de David », « roi issu de David », « royaume de David », comportaient à chaque instant un sens plus théorique, plus idéal que réel. »
M. J. Lagrange (1909) croit que les Psaumes ont été écrits « plus tôt que 40 avant J.-C, et traduits en grec avant l'an 100 de notre ère. » Ils sont, « même dans la version grecque... le plus ancien monument authentique de l'esprit pharisien. Le règne universel et éternel de Dieu s'y accorde avec sa domination spéciale sur Israël, qui est même dit son royaume. L'idée eschatologique, du moins selon nous, est évitée... » Dieu est le roi d'Israël, et, en même temps, le roi de toute la terre : il y rend tous les jours la justice (p. 149-151). — Pour la vie future, on a d'abord « la notion du mérite et du démérite, de la respon-
1 Jésus de Nazareth, t. i, p. 177.
sabilité personnelle et de la récompense individuelle. » Dieu est juste « pour chaque être, individu ou collectivité... L'idée de justice et de rétribution prime tout. L'homme est mis en présence de lui-même. Son bonheur — sa vie auprès du Seigneur — est entre ses mains ; il ne dépend donc pas d'un avènement messianique. La vie auprès du Seigneur, c'est la conception la plus haute de l'autre monde, de la vie future. Aucun développement d'une existence plantureuse ne ternit cette belle idée empruntée à la plus pure tradition de l'Ancien Testament; seule la résurrection est mentionnée, rattachée à la vie éternelle... Les pécheurs continuent d'exister pour souffrir... ils ne sont pas ressuscites. » Le sort des justes, c'est « la vie de l'audelà, toute en Dieu », sans aucune relation directe avec le messianisme terrestre décrit par l'auteur aux psaumes xvn et xviu... « Le règne terrestre du Messie sera la joie de ceux qui vivront alors sur la terre de leur vie naturelle, non des autres. La pensée de l'auteur était donc que le grand jugement suivait, non qu'il précédait, la période messianique. » La seule difficulté c'est de concilier ces deux concepts juxtaposés : la résurrection des justes au jugement dernier, avec le bonheur sans fin qui suit, et le salut d'Israël sous le Messie, qui est représenté comme étant indéfini, sans fin l. « Ce n'est pas une raison pour supposer que les Psaumes de Salomon appartiennent à des auteurs différents, ni pour confondre des idées distinctes en
1 A notre avis, dans la perspective du psalmiste, le règne du Messie était sans fin, au point de vue moral, en ce sens que, désonnais, Israël n'apostasierait plus, ni comme nation, ni individuellement, et que les païens ne domineraient plus sur lui ; que le Messie établirait la restauration, le règne de Dieu, de la sainteté, de la justice pour Israël et pour les païens soumis et convertis. Ce règne est sans fin, à jamais, en ce sens que personne d'ennemi ne peut plus y mettre une fin; mais il peut avoir une fin en ce sens que tous les justes de ce royaume vivront de la vie éternelle et heureuse auprès de Dieu, après un jugement dernier.
les expliquant ou plutôt en les dénaturant l'une par l'autre. » « Les Psaumes de Salomon croient donc à une vie éternelle, que les justes méritent par leurs œuvres; ils croient aussi au règne du Messie; mais ils n'ont noué aucun rapport ni entre ces deux existences ni avec le règne des justes. En d'autres termes, d'après eux, la vie future, précédée de la résurrection, appartient au domaine de l'eschatologie définitive, non du messianisme(p. 158-161). » — Le Dragon du ps. n est Pompée, et c'est bien le général romain et l'occupation de Jérusalem par lui qui forment le noyau central des psaumes. Au psaume xvn, la peinture du Messie et de son règne se rattache directement aux anciennes prophéties. D'un autre côté, elle s'applique à des « circonstances historiques déterminées. Les Asmonéens sont clairement visés et rendus responsables du mal ... La dynastie était devenue l'ennemie des pharisiens, qui se croyaient seuls véritables représentants de la religion. Avec le roi Messie, Dieu exerce véritablement la royauté. C'est donc en réalité Dieu qui fera tout. » Le Messie sera un pur instrument de Dieu, fort par le secours de Dieu... Du temple et des sacrifices, il n'est pas question, non plus que du sacerdoce. Nulle part non plus, il n'est dit que ce règne du Messie durera toujours; il est même indiqué positivement qu'il durera pendant un temps marqué... Le Messie est un pur homme... » « Ce qui nous importe le plus ici, c'est de constater que ce messianisme, très spirituel par bien des côtés, est purement terrestre et très national; on soupire après le règne de la justice et de la sainteté; mais on l'attend sur la terre au sein d'Israël. Et cependant, nous l'avons vu, le même auteur, ou du moins, si ces Psaumes ont eu plusieurs auteurs, des esprits imbus des mêmes doctrines avaient déjà une idée très nette de la transcendance des récompenses et des châtiments (p. 230-235). » — Les Psaumes de Salomon onl été écrits en hébreu. Nous ne les possédons
plus qu'en grec. Ils ont été écrits «plus tôt que 40 av. Jésus- Christ; on est d'accord pour placer leur composition après la mort de Pompée (septembre 48 av. J.-C). » Ils ont été traduits « avant l'an 100 de notre ère. » « C'est Pompée qui est l'homme étranger, instrument du châtiment divin, le dragon qui a pris Jérusalem, qui a été tué près des montagnes d'Egypte, et laissé sans sépulture. D'autre part, rien n'indique une date sensiblement plus basse. Aucune allusion au règne d'Hérode. Il semble même que la colère de l'auteur vise plutôt le temps où les Asmonéens étaient puissants que le gouvernement d'Hyrcan II. Cet auteur ou ces auteurs appartiennent au parti des pharisiens. Ce sont bien leurs doctrines, leurs tendances et leurs passions qui se font jour... » La diversité des concepts « n'est pas une raison pour supposer que les Psaumes de Salomon appartiennent à des auteurs différents... » « Et cependant, le même auteur, ou du moins, si ces psaumes ont eu plusieurs auteurs, des esprits imbus des mêmes doctrines... » Voir p. 149, 161, 230, 235.
A M. Rendel Harris (1909) revient l'honneur d'avoir découvert la version syriaque des Psaumes de Salomon et des Odes de Salomon. Il l'a trouvée dans un manuscrit sur papier, relativement récent, qui ne remonte pas à plus de trois ou quatre siècles, et qui doit provenir des environs du Tigre. Le manuscrit est incomplet au commencement, où manquent les Odes I et II, et le début de l'Ode III. Il est également incomplet à la fin, les Psaumes de Salomon finissant à xvn, 38.
Les Odes et Psaumes de Salomon, qu'il contient, sont bien les pièces dont il est question dans la Stichométrie1
1 Nous avons cite plus haut (p. 158) les diverses suscriptions des manuscrits, indiquant le nombre de stiques des Psaumes, et l'on a vu que R lisait : i-i/v. •{,■/, «750 stiques ». M. R. Harris remarque que
et autres documents d'ordre bibliographique, que nous avons donnés plus haut, ainsi que dans le passage bien connu de Lactance l. Le recueil des Odes et Psaumes de Salomon a dû se présenter sous une double forme. Dans l'une, les Psaumes venaient en tête, et les Odes suivaient; dans l'autre, c'était l'ordre inverse 2.
Tout est pharisien dans les Psaumes de Salomon. la théologie et le messianisme. Ils ne sont pas nécessairement pour cela de la même main ni de la même année; mais !a collection est une et datée (époque de l'occupation de Jérusalem par Pompée). Ces Psaumes ne sont, pour ainsi dire, que des centons des psaumes canoniques. Les désastres qui y sont mentionnés, leur morale sévère, leur spiritualité austère ont refroidi le cœur du psalmiste et empêché les envolées de son âme. — La version syriaque des Psaumes n'a pas d'autorité propre, parce qu'elle n'a pas été exécutée directement sur le texte hébreu original. Elle a été faite sûrement sur un texte grec. On la rangera donc dans le groupe des manuscrits grecs; elle servira à en corriger le texte, et à éclairer certains passages obscurs. Si on cherche à la placer dans le diagramme ou schéma des manuscrits, établi par Gebhardt, on trouvera qu'elle est plus ancienne que H ou K, qu'elle rentre
le copiste pourrait bien avoir confondu le $ = 700, avec le signe appelé sampi, qui vaut 900. Dans ce cas, la suscription de R indiquerait 950 stiques pour les Psaumes de Salomon, au lieu de 750, et elle se rapprocherait beaucoup de celle de // ou K, qui indique 1000 stiques.
1 Voir plus haut, p. 184, 190-195.
- Cf. plus haut, p. 181, 192-195. — D'après EL llarris, les "</<* <l<- Salomon constituent un document d'une valeur exceptionnelle. Elle* ont eh composées en Palestine, par un converti, au sein d'une communauté judéo-chrétienne, à la linduier siècle de notre ère ou au commencement du IIe. Elles nous révèlent la menlalilé d'une àmc chrétienne aux débuts du christianisme, sans mélange de gnosticisme.
dans le groupe R, S, L, et qu'elle est peut-être intermédiaire entre J et L 3.
Nous ajoutons à ce qui précède les réflexions suivantes : Le recueil des Odes a dû être joint, dans quelques manuscrits, à celui des Psaumes, déjà dits de Salomon 2, et les Odes ont été ainsi attribuées à Salomon (ne-ine siècles). — Les Odes ont dû être traduites en latin de bonne heure (dès le me siècle), comme l'indique la citation de Lactance *. On pourrait supposer que les Psaumes l'ont été en même temps. Mais cette hypothèse a contre elle le silence absolu de l'Occident sur lesPsaumes. Le traducteur latin des Odes n'a eu entre les mains que ce recueil; ou bien, il n'a pas voulu, ou pu traduire les Psaumes, si son manuscrit comprenait aussi ces derniers. — Dans la version syriaque, les Psaumes de Salomon n'ont pas de titres, et le psaume xvn n'a pas de r.xya/.aa 2. Cette version a dû être exécutée sur un manuscrit grec des Psaumes, qui n'était pas destiné au culte et au chant. Elle est antérieure au xe siècle ; elle peut remonter, semble-t-il, aux vie-ve siècles. — Les divergences entre la version syriaque et le texte grec de nos manuscrits sont suffisamment nombreuses et importantes pour permettre de croire que le texte grec traduit en syriaque n'était complètement identique à aucun des textes de nos manuscrits.
1 Voir plus haut, p. 154-159.
1 Voir p. 18'*, 190-195.
8 Précisément, ces titres et le diapsalma manquent dans le codex M.