‹ Les Psaumes des MaalothChapitre 22 sur 35 · LU · texte numérisé non relu

LU

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Après le coup d'œil que les deux psaumes précédents nous ont permis de Jeter dans lintérieur de la vie domestique des Israélites, nous nous retrouvons dans les parvis du temple, au milieu du peuple entier, qui y célèbre ses fêtes solennelles. La série des chants nationaux recommence, et elle recommence précisément au point où elle a été interrompue. En effet, la situation dans laquelle nous place le Ps. CXXIX est celle où nous avait laissés le CXXVI et ces deux morceaux se font pour ainsi dire pendant, des deux côtés du mésologue. L'un et l'autre commencent par rappeler une cruelle oppression et une grande délivrance et demandent ensuite à l'Éternel d'intervenir encore, — là, pour achever de rassembler Israël, — ici, pour consommer la défaite de ses ennemis. L'un et l'autre se trouvent par là divisés en deux strophes et chacun d’eux se termine par un tableau qui met sous nos veux la moisson: dans le premier, qui représente les destinées d'Israël, le poëte nous a montré, sous l'image d’une joyeuse moisson, l’avenir bienheureux que Dieu réserve à son peuple après des souffrances nécessaires, — dans celui-ci il nous fait entrevoir le sort des nations ennemies d'Israël; pareilles à une semence jetée dans un sol peu profond, elles ont eu, elles, des débuts heureux, un accroissement précoce et rapide, mais à

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la chaleur du soleil elles vont être desséchées (cf. Matth. XIII, 5 sq.); on n’en fera point de ces gerbes que lon rapporte avec cris de joie pour les amasser dans les greniers (Matth. LE, 42; XITT, 30).

Notre psaume fait done pendant au CXXVI et non, comme le dit Hupfeld, au CXXIV. Il rappelle sans doute ce dernier, mais C’est par des traits extérieurs et moins importants, — à savoir par le nombre des versets et par la reprise caractéristique du début, — de même qu’il rappelle les psaumes CXX et CXXIIT par son premier mot (na), qui y exprime un sentiment tout pareil.

4. «Dès MA JEUNESSE. » Les différents âges de la vie d'un peuple ont été, de tout temps et partout, comparés à ceux d’un individu; c’est là une métonvmie qui à passé dans la langue et c’est à peine encore une image poétique. Aussi les prophètes, Osée, Esaïe, Ézéchiel, Jérémie surtout, qui parlent très souvent de la jeunesse d'Israël,

ont presque toujours soin de rendre à cette expression sa valeur primitive, en ajoutant quelque trait qui complète et accentue la personnification. C’est ce que fait ici le psalmiste : le peuple d’Israël parle de lui-même, comme sil s'agissait d'un seul homme. Cela est indiqué clairement, non pas seulement par le singulier (moi, et non pas nous

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comme dans le Ps. CXXTV), car la première personne du singulier, dans le sens collectif, est fré- quente dans les psaumes; ce sont, bien plus encore, les mots «sur mon dos, » qui écartent l’idée de collectivité.

— Sur n27, voyez la note sur Ps. CXX, 6; et sur Le mots bu Nano celle sur Ps. CXXIV, 1.

2. CPOURTANT. » 93, qui signifie le plus souvent QÇaussi, encore, » à quelquefois (ici, par exemple, et Eccl. VE, 7) le sens adversatif, que lui conteste Hupfeld. D'autre part, ül peut annoncer une conclusion et se traduire par «c’est pour-quoi » (par exemple Gen. XLII, 22). Ces deux sens, bien que diamétralement opposés, découlent du sens propre, d’une manière pour ainsi dire nécessaire. € Avec cela » peut signifier également «à cause de cela» et «malgré cela. » Dans notre langue le mot «aussi, » en tête d’une proposition, a le premier sens et Cavec tout cela» a souvent le second, Et notre mot « pourtant, » qui, encore au XVFe siècle, annonçait une conclusion et était synonyme de «partant » (italien : per tanto]/, n’a plus maintenant que le sens adversatif.

— Q[LS NE M'ONT RIEN PU. » (Vulg. non potuerunt mihi.] Ges mots rendent exactement lexpression hébraïque, pour le sens comme pour la lettre. Nos traducteurs ont tous reculé devant cette locution, qui leur à paru sans doute d’un langage trop populaure, Chateaubriand a dit pourtant :

Alpes, vous n’avez point subi ma destinée, Le temps ne vous peut rien.

8. CILS ONT LABOURÉ SUR MON Dos. » Ceci ne se rapporte pas seulement à des coups de verge dont (comme nous le dirions aussi) on lui aurait labouré le dos, comme un maitre cruel pourrait le faire à son esclave. L'image est plus hardie, le poëte veut dire: On m'a traité comme un sol insensible, que l’on foule aux pieds et qu’on déchire par le soc de la charrue. C'est analogue à És. LE, 23, où il est dit que les oppresseurs d'Israël ont contraint à faire « de son dos comme une rue pour les passants. » |

— &ILS Y ONT ALLONGÉ LEURS SILLONS. » 2n13ÿ99 (chetib). Datif pour accusatif, araméisme fréquent en hébreu et qui, dans le cas particulier, pourrait s'expliquer ainsi : Qils ont donné de la longueur à-leurs sillons. » Le ker1i remplace le plur, n13ÿ9 par un sing. F3) qui ne se rencontre pas, mais qui peut néanmoins avoir été plus usité que ñ2ÿn (sing. de NÿN), qui ne se trouve qu’une fois.

— CLES CORDES DES MÉCHANTS.» Génitif du sujet, comme Ps. IT, 3: «Jetons loin de nous leurs cordes, » c’est-à-dire les cordes avec lesquelles ils nous tiennent attachés au joug. « Secouer le joug » est une métaphore usitée dans toutes les langues et avec laquelle les.écrivains hébreux mettent souvent en parallèle « rompre ou déler les .cordes. » (Jér. IE, 20; V, 5; XXX, 8; Nah. [ 15). Au verset précédent, Israël était le champ qu’on labou-

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