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136 PSAUMES DES MAALOTH
rait, 1ci c’est le bœuf de labour. L’image a change, mais elle est encore empruntée à l'agriculture, comme toutes celles de ce psaume. IT v à plus: le poëte contemple toujours en imagination le même tableau; seulement il en applique à son sujet un autre trait. Pour nos habitudes, 1l v a là quelque incorrection; mais 1l en est de la rhétorique des Hébreux comme de leur syntaxe; elle est dune logique moins farouche que la nôtre. Cest ainsi que dans Malachie ILE, l'ange de l'Éternel qui vient d’être comparé au feu d’un fondeur (v. 2) est représenté (v. 3) comme étant le fondeur lui-même. De même, dans Osée VIE 6-8, — passage très obscur, ilest vrai, — Éphraïm est comparé successivement à un four embrasé et à une galette mal cuite. Les comparaisons varient, le tableau ne change pas. Dans notre psaume, on pourrait aussi expliquer, en continuant l’image : ÇIE à rompu la corde qui retenait le joug sur le cou des bœufs dont on se servait pour labourer, de sorte qu'on n’a pas
pu continuer. » Mais cette explication, donnée par
Ewald, est peu naturelle et, comme nous venons de le voir, n'est point nécessaire, non plus que celle de M. Reuss, qui suppose l’image tout à fait abandonnée : ÇLa corde qui lait la main de lesclave, Jéhova Pa coupée. » |
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| PSAUME CXXIX 137 6. « COMME L’HERBE DES Toirs, etc. » — Même
comparaison, És. XXX VII, 27.
— € AVANT D'ÉCLORE. » n9v, — qui ailleurs se trouve toujours dans le sens de «dégainer l’épée » et, une fois, dans celui de «ôter un soulier, » — a été entendu ici de diverses manières. Les uns, élargissant le sens du mot et sous-entendant un sujet indéterminé, traduisent : Cavant qu'on larrache. » C’est le sens adopté par les LXX et suivi par la Vulgate et par beaucoup de nos traducteurs (Segond, Reuss, etc.). D’autres prennent le mot intransitivement («se dégainer ») et l’entendent de la fleur ou de lépi, sortant de son involucre. Cette interprétation s’écarte moins du sens habituel de sv et est plus conforme au sens du passage d'Esaïe que le psalmiste parait imiter ici. Esaïe dit en effet qier) 59, «avant la formation de la tige» (Segond). On pourrait aussi modifier un peu cette interprétation, en laissant à nv son sens transitif habituel et en sous-entendant le régime : « Comme l'herbe des toits qui, avant d’avoir fait sortir de la gaine (sa fleur ou son épi)... »
7-8. Le psalmiste vient d'emprunter sa comparaison à Esaïe, mais le poëte ne s'arrête pas où s’est arrêté l’orateur; il la développe et en tre un
tableau, on pourrait même dire une petite scène; - car les derniers mots: «Nous vous bénissons au
nom de l'Éternel » ne sont pas QCune répétition on ne peut plus froide, » comme le pense M. Reuss, à qui ils donnent même lieu de douter de l'intégrité
du texte; ils mettent sous nos yeux d’autres pas-
sants adressant le même vœu sous une forme un
peu différente, ou plutôt, croyons-nous, ils ne sont
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pas une répétition, c’est laréponse des moissonneurs aux passants, qui viennent de leur dire: «La bénédiction de l'Éternel soit sur vous !» Le livre de Ruth présente une scène toute pareille et qui a peut-être fourni ce trait au psalmiste; € Booz étant venu de Bethléhem, dit aux moissonneurs : L’Eter-nel soit avec vous! — et ils lui dirent : Qu'il te bénisse! » (Ruth [E, 4).
Ainsi, à la fin de ce psaume, dont le début rappelait les longues souffrances d'Israël, Pimagination se repose sur un tableau qui la satisfait et la charme, et la malédiction, qui constitue l’idée exclusive de cette seconde partie, s'achève, quant à la forme, par une double bénédiction. Il ne poüvait en être autrement dans un chant de fête et nous avons vu que l’épiphonème du Ps. CXXV avait la même intention. Mais, dans notre psaume, le poëte, au lieu d'ajouter à son chant, par simple juxtaposition, la bénédiction qui devait le terminer, a su, par un art exquis et d’une manière qui paraît toute naturelle, la tirer du développement même de l’image qu’il a employée.
Le docteur Lowth, en constatant que les Hébreux font de la comparaison un usage extrêmement fréquent, ajoute que la brièveté de ces comparaisons en compense la grande quantité et qu’ils ont soin de n'y rien ajouter qui ne soit nécessaire:
PE e- 10 LULU, VOL EL CES PART PE
SA
il n’a guères observé, dit-il, qu’une seule exception à cette règle. Et l'exception qu'il cite est précisément la Comparaison que nous venons d'étudier. ! Cette remarque de Lowth est aussi juste que fine. Nulle part, en effet, les psaumes ne semblent toucher d'aussi près à ce que l’on a appelé Part pour Vart. Ils n’y touchent pas cependant; car, outre lintention que nous avons déjà signalée, 1l y en avait probablement encore une autre qui l’engageait à donner ici, comme dans Île Ps. CXX VI, une certaine importance au tableau de la moisson. Ces deux psaumes étaient sans doute destinés à la Pentecôte, fête des moissons, de même que nous avons vu dans ceux qui précédaient le CXX VI des traits qui les rendaient particulièrement propres à être chantés à la Pâque. L'étude des psaumes qui. nous restent à expliquer confirmera cette supposition, en nous montrant qu'ils continuent à se sulvre dans Pordre des solennités israélites. ;
L Prope singularis est exempli hœc comparatio.
Le
(LXX et Vulg. 129.)
Chant des pélerinages.
Du fond des abimes je l'ai appelé, à Éternel!
. Seigneur, écoute ma Voix ;
Que tes oreilles soient attentives À mes cris qui implorent ta pitié !
. Si tu gardes les iniquités, Ô Eternel!.…
Seigneur, qui subsistera ?
Car le pardon est auprès de toi Afin qu’on te craigne.
J'ai attendu l'Éternel, mon âme a attendu Et j'ai compté sur sa parole.
Mon âme est tournée vers le Seigneur Plus que les guets vers le matin, Que les guets vers le matin.
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