LIVRE V
Et si je disais :
« Eh bien! que l’obscurité m’envahisse, et que la lumière se change en nuit autour de moi! »
L’obscurité même ne serait pas obscure pour toi, et la nuit resplendirait comme le jour :
les ténèbres sont comme la lumière.
C’est toi qui as formé mes reins, tu m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je te rends grâces
de ce que j’ai été étonnamment privilégié :
tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait bien.
Mon corps ne te fut pas caché, lorsque je fus fait en secret, lorsque je fus formé
dans des profondeurs souterraines.
Tes yeux virent mon embryon; et ils étaient tous inscrits sur ton livre, les jours qui me furent destinés, avant qu’un seul d’entre eux n’eût lui.
Mais que tes pensées sont difficiles pour moi, ô Dieu ! que le nombre en est grand !
Si je les compte,
elles sont plus nombreuses que le sable; je me réveille et je pense encore à toi.
Si tu tuais le méchant, ô Dieu !
et s’ils s’éloignaient de moi, les hommes sanguinaires
Qui te sont criminellement rebelles, et qui s’élèvent vainement contre toi * ?
Ne haïrais-je pas ceux qui te haïssent, ô Jéhovah? et n’aurais-je pas tes adversaires en aversion ?
Je les hais d’une parfaite haine, je les considère comme des ennemis.
Sonde-moi, ô Dieu! et connais mon coeur, scrute-moi, et connais mes pensées.
Vojs si je suis sur une voie funeste et dirige-moi sur la voie éternelle.
Au chef d’orchestre. Psaume selon David.
Délivre-moi, Jéhovah ! de l’homme méchant, préserve-moi des gens adonnés à la violence,
Qui méditent de mauvais desseins dans leur cœur, excitent sans cesse des guerres,
Aiguisent leur langue comme un serpent,
et ont un venin d’aspic sous leurs lèvres. — Sèlâh.
1 TM. et éloignez-vous de moi, hommes sanguinaires! Ceux qui parlent de toi criminellement s’élèvent vainement, tes ennemis.