‹ Les Psaumes traduits de l'hébreu d'après de nouvelles recherches sur le texte originalChapitre 22 sur 180 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Ils ouvrent contre moi leur gueule, en lion qui déchire sa proie et qui rugit.

Je me suis répandu comme de l’eau, et tous mes os se sont disjoints;

Mon cœur est devenu pareil à la cire, il s’est fondu au milieu de mes entrailles.

Mon palais s’est desséché 1 comme un fragment de vase,

ma langue est attachée à mes mâchoires,

et tu vas m’étendre dans la poussière de la mort.

Car ils m’environnent comme des lionceaux, une bande de malfaiteurs tourne autour de moi comme un lion*,

Ils regardent, ils me considèrent;

nord de la Palestine, au delà du Jourdain, dominée au nord par les monts Hermons, et limite'e au sud par le Jabboq et les montagnes de Galaad ; elle était célèbre par ses grands chênes, par la fertilité de ses pâturages et par les belles races de ses bêtes à cornes.

1 TM. Ma force s’est desséchée, etc.

* VM. Car des chiens m’environnent, une bande de malfaiteurs tourne autour de moi comme un lion.

Ici le texte masoréthique intercale ces mots : Mes mains et mes pieds — je compte tous mes os, qui ont de tout temps embarrassé les interprètes. Je pense que c’est une note marginale destinée primitivement à expliquer une expression un peu obscure du verset 1 5 , et qu’il faut traduire ainsi : J’explique « tous mes os » par « mes mains et mes pieds. » Un copiste aura, par mégarde, inséré cette note dans le corps du psaume, où elle jure manifestement avec le contexte. Voyez une méprise analogue Ps. XL, 7.

ils se partagent mes vêtements et jettent le sort sur ma tunique.

Mais toi, Jéhovah! ne t’éloigne pas, ma force! accours à mon aide.

Délivre mon âme du glaive,

de l’atteinte de l’épée 1 le seul bien qui me reste.

Sauve-moi de la gueule du lion,

exauce-moi et m’arrache aux cornes des buffles.

J’annoncerai ton nom à mes frères,, je te louerai au sein de l’assemblée :

« Vous qui craignez Jéhovah, louez-le!

race entière de Jacob, glorifiez-le, et le révérez, race entière d’Israël!

Car il n’a pas dédaigné,

ni méprisé la misère du misérable, et il ne lui a point caché son visage, mais il l’a écouté quand il criait vers lui. »

C’est toi qui me fournis mon cantique dans la grande assemblée ;

1 Littéralement : de la main du chien.

Cette expression, étrange en français, n'aurait rien d’inouï en hébreu. Mais la comparaison de l'arabe et du chaldéen nous autorise, et le parallélisme nous force avoir, dans ce chien, une sorte d’épée ou de hache d’armes. Les langues modernes offrent des exemples aussi étonnants des acceptions diverses que peut revêtir le nom du même animal.

Page 1