‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 14 sur 77 · IV. — La syphilis · texte numérisé non relu

IV. — La syphilis

Le rôle de la syphilis est capital dans l’étiologie des pseudarthroses diaphysaires. En est-il de même au col du fémur ?

M. GIRODE insiste sur son importance dans l’étiologie et le traitement des pseudarthroses, et, d’autre part, sur les fractures du greffon post-opératoires. Sur cinq syphilitiques traités par lui, quatre présentent des échecs opératoires. Sur ces quatre échecs, trois malades présen- -taient des fractures datant de 32 jours, 53 jours et6 mois.

Une malade de 57 ans présenta une pseudarthroseflottante après un vissage pratiqué immédiatement après l’accident et suivi d’une greffe péronière 3 mois après. Pour cet auteur, linfluence de la syphilis est donc néfaste sur le pronostic opératoire, et dans sa statistique il ya 3 fractures du greffon non consolidées chez des syphilitiques.

NorpEN800os sur quatre fractures chez des tabétiques n’a qu’un seul bon résultat.

dr

Une de nos malades, jeune pourtant (Gbs. n° X VI11) présentait avant l’opération un Wassermann fortement positif. En dépit de deux interventions par greffe, elle ne put jamais consolider.

La syphilis est-elle une contre-indication à tout acte operaloire? CERTAINEMENT NON.

CwBazLos et Giora enchevillant une pseudarthrose datant de 6 mois chez un syphilitique avéré de 35 ans, obtinrent un très bon résultat.

Dans notre statistique :

Nous avons vu que l’observalion n° XVIII constituait un échec, mais :

le malade de /’Observation D (traitement d’une pseudarthrose par le vissage métallique) présenta une consolidation osseuse tardive certaine ;

le malade de l’observation n° IV, âgée de 54 ans, tabétique, est un de nos plus beaux résultats du traitement par greffe. .

Nous n’avons donc guère eu l’occasion de vérifier l'influence de la syphilis sur le {raitement des pseudarthroses. Reste à voir son influence sur la pathogénie et l’étiologie. M. Girone y insiste et lui donne place dans les causes, non seulement de la pseudarthrose, mais de la fracture récente.

Depuis janvier 1924, dans le service de M. DuyaRier à l'hôpital Boucicaut, le Wassermann est pratiqué systématiquement sur tout malade entrant dans le service, quelle que soit l'affection qu'il présente.

Nous avons recherché le résultat du Wassermann

se

chez les malades entrés pour fracture récente et ancienne du col. Nous nous proposions ainsi de voir :

1° la fréquence de la syphilis chez les fracturés ;

2° l’influence de la syphilis sur Pévolution de la fracture ; .

3° l'influence de la syphilis sur la pseudarthrose opérée.

— Sur neuf fractures récentes : pas un syphilitique.

— Sur trente-sept pseudarthroses traitées :

Un syphilitique traité par vissage (Obs. D): guérison.

Un malade avec Wassermann ++++ (Obs. H), traité par greffe ostéo-périostique présentait une consolidation osseuse probable.

Le malade de l’observation n° IV, tabétique, est un succès opératoire.

La malade de l'observation n° X VIII est un échec complet. À

Dans notre statistique groupant 38 malades, il n’y a donc que quatre syphilitiques. Ils sont donc rares.

Sur quatre opérés : 3 succès, un échec.

Nous n’avons donc pas été amené à confirmer par l'étude de nos observations les conclusions de M. GIRODE, quant à la syphilis. Cependant le rôle de la syphilis dans toute pseudarthrose est suffisant pour qu'on en tienne compte dans celle du col du fémur. La constatation d’un Wassermann positif imposera un traitement antisyphilitique énergique.

Le traitement antisyphilitique modifierait-il le pronostic ?

FUNCK-BRENTANO y

En

«Iln’y a pas de résultat publié jusqu’à présent et « nous n’avons pas la preuve jusqu'ici que le traitement « spécifique ait modifié ce pronostic » conclut M. Gr- RODE. | ton

A ce point de vue notre malade de l’observation n° 18 est intéressante : atteinte d’une pseudarthrose datant de plus de 10 mois, elle fut opérée en octobre 1924 présentant à ce moment un Wassermann ++. Le greffon quitta la tête par ascension. Premier échec. La malade ayant subi un traitement spécifique prolongé revint en février 1926. À cemoment le Wassermann était devenu négatif. Une deuxième intervention aboutit à un second échec et la malade est demeurée impotente.

Un traitement antisyphilitique bien conduit, ayant abouti au Wassermann négatif fut donc inopérant sur les suites de la pseudarthrose. Nous verrons plus loin que l’état local de la tête doit, à notre avis, nettement

primer l’état général du sujet.

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