BOIS
un peu plus longs ou un peu plus courts que le bacille de Koch, parfois granuleux. Sur des plaques d’agar glycérinée, ensemencées avec une émulsion étendue de fèces, on voit apparaitre, au bout de quatre jours, des colonies blanches, sèches, ridées, qu'on reconnait au microscope être constituées par des bacilles résistant aux acides. Ces bacilles poussent mieux à la température de l’étuve qu'à la température de la chambre.
Les jeunes cultures ont un aspect humide, brillant; au bout de quelques jours, la culture se sèche, se ride ; dans la deuxième semaine, elle prend une coloration rouge, surtout sur agar simple ou saccharosée. Le petit lait tournesolé devient bleu au bout de vingtquatre heures ; à la surface, il se forme comme sur le bouillon une mince pellicule ridée. En piqûre dans l'agar saccharosée, il ne se fait pas de végétation dans la profondeur.
Dans les cultures, les bacilles se montrent assez peu résistants à la décoloration par les acides ; une solution d'acide nitrique à 33 0/0 en décolore quelques-uns au bout de cinq minutes. La résistance à la décoloration est diminuée par l'élevage en milieux artificiels ; elle est augmentée par le passage par les animaux.
Si on inocule des cultures pures de notre bacille dans la cavité péritonéale de cobayes ou de souris blanches et qu'on tue ces animaux au bout de trois ou quatre semaines, on observe un abcès à l'endroit de l'injection, et quelques fausses membranes sur le foie et la rate. Inoculées avec du beurre stérilisé nos bactéries produisent des adhérences entre le péritoine, le foie, la rate, la vessie ; les ganglions mésentériques sont tuméfiés eten partie purulents. On obtient des cultures pures du bacille en partant de ces divers organes lésés. Mironescu ne reconnait à son bacille aucun pouvoir pathogène pour l'homme,
Mironescu pense qu'il a rencontré des bactéries peu décolorables par les acides venant du beurre ou du lait et ayant traversé l'appareil intestinal.
Nous avons rapporté cette observation simplement pour
AR Te montrer que, comme dans le cas de Jousset, il s'agit d’un mälade nourri de lait. Or la fréquence .des bacilles tuberculoïdes dans le lait rend le diagnostic du bacille de Koch dans les matières fécales très difficile par l'examen direct.
Le quatrième bacille tuberculoiïde rencontré chez l’homme est celui que Mæller appelle bacille du smegma. Il ne mérite pas cependant d'être désigné sous ce nom, car ce n’est pas du smegma qu'ilaété isolé. Nous ne voulons pas entrer d'ailleurs dans une discussion d'homologation de microbe. Il nous suffit que ce bacille présente les mêmes caractères que les autres bacilles tuberculoïdes du lait, du beurre, et de la nature pour que nous le regardions comme un bacille tuberculoïde.
Moæller l’a isolé de la façon suivante : il avait appliqué un vésicatoire à un malade, dans le but d'étudier le pouvoir agglutinatif de la sérosité sur le bacille de Koch en culture homogène. Ayant abandonné le reste de la sérosité qu'il n'avait pas employé, il y trouva des bacilles acido-résistants, qu’il parvint à isoler en culture pure sur des plaques d'agar glycérinée. Il réussit à retrouver le même microbe en cultivant dans la matière sébacée de la dépression ombilicale du sérum humain.
Ce bacille offre les caractères de culture des bacilles tuberculoïdes, il présente comme eux la propriété alcoolo-acido-résistante sur ces cultures, ainsi que nous l'avons vérifié nous même sur un échantillon que nous a envoyé Kräl.
Maæller, dans sa note, dit que ce bacille n'est pas pathogène pour le cobaye. Nous sommes en parfait accord avec lui; quand on inocule ce bacille, de même que lorsqu'on inocule le sebum, en petite quantité (une anse de fil de platine) sous
la peau du cobaye, l'animal présente une induration tempo- Philibert 5
SOU MES raire qui régresse rapidement, Ce fait suffit à distinguer ce bacille de Meæller entre autres, du bacille de Koch.
Mais lorsqu'on l’inocule à haute dose dans le péritoine, surtout quand on inocule simultanément du beurre à cet animal, le bacille de Méæller se comporte à la manière des bacilles du lait et du beurre, il provoque une péritonite plastique périspléno-hépatique, à laquelle l'animal peut succomber en un temps plus ou moins long. Ce sont là du moins les résultats que l'échantillon de Kräl a donné entre nos mains.
Ce fait nous permet de le rapprocher complètement des autres tuberculoïdes. En mème temps, il le sépare du bacille de Koch virulent. 1e
Nous n'insisterons pas davantage sur ces bacilles; nous nous bornerons à établir avec eux un tableau, résumant leurs caractères, sans entrer ici davantage dans la discussion de leur degré de parenté ou de similitude avec le bacille de Koch.
Rappelons seulement que nous avons montré avec M. Bezançon, dans le travail que nous avons déjà cité, Les relations étroites qui existent entre les bacilles tuberculoïdes et le bacille de Koch atténué dans sa virulence (1), et que nous avons insisté sur l'intérêt philogénétique de cette homologie.
Ce groupe de bacilles mérite bien le nom de bacilles héréditairement acido et alcoolo-résistants que nous leur avons
donné. Le fait le plus saillant qui les caractérise, à notre avis,
1) D'après Cazottes, certains bacilles tubereuloïdes seraient moins acido-résistants que le bacille de Koch. Mais il admet pour celui-ci une acido-résistance beaucoup plus considérable que nous-mèême, et d'après son travail même (ous les tuberculoïdes sont beaucoup plus acido résistants que ne l’exige notre méthode,
rare
est de conserver sur les milieux de culture non additionnés de graisse ou de sérosités, la propriété acido-résistante.
Elle correspond pour eux à une fonction importante, celle qui leur permet de fabriquer par synthèse ,aux dépens des substances albuminoïdes contenues dans le milieu, des matières grasses, qui sont analogues à celles que fabrique le bacille tuberculeux.
Nous groupons dans le tableau suivant les bacilles possédant la double propriété acido et alcoolo-résistante.
BAGCILLES ACIDO ET ALCOOLO-RÉSISTANTS
(Héréditairement acido-résistants).
1° Bacille de la tuberculose humaine, bovine, aviaire, pisciaire.
2° Bacilles non cultivés :
Bacille de la lèpre.
Bacille de Ginsberg.
Bacille de la pseudo-lèpre des rats de Stefanski, Olschanetzki et Dean.
Bacille de la Verruga du Pérou.
3° Bacilles tuberculoïdes.
x. Bacilles du beurre :
de Petri-Rabinowitsch.
de Korn I et Il.
de Tobler, I, IX, IE, IV, V.
de Benvenutti.
de Markl.
de Binot.
de Aujesky.
de Beck.
de Herbert.
de Herr et Beninde.