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CHAPITRE VII

Bien plus intéressants sont les autres bacilles acido-résistants, parce que ce sont ceux avec lesquels nous aurons à compter au point de vue du diagnostic clinique. Ces microbes, qu’on a confondus jusqu'ici dans le groupe des acido-résistants, doivent être absolument séparés des bacilles tuberculoïdes ; ils doivent former une seconde catégorie, mais non plus homogène, comme les bacilles du premier groupe.

En appliquant comme critérium notre méthode de coloration,ceux-ci venaient se ranger tout naturellement autour des bacilles tuberculeux. Ceux qui vont nous occuper maintenant se comportent comme les bacilles accidentellement acido-résistants des épanchements pleuraux. Traités par la méthode de Gabbet ou décolorés légèrement par un acide minéral, ils se montrent bien colorés en rouge, mais si on les décolore par l'acide nitrique pendant 2 minutes, puis ensuite par l'alcool, ces bacilles se décolorent. Bien plus, si ensuite on colore la préparation par une couleur simple, ils prennent facilement cette couleur, comme ils gardent facilement le Ziehl quand on néglige d'enlever celui-ci. Ces bacilles sont faiblement acidorésistants.

Ils méritent le nom de pseudo-bacilles acido-résistants.

Ces conclusions découlent d’une part des colorations que

nous avons pratiquées, et d'autre part, de l'analyse critique des travaux des auteurs.

Tout ce groupe de bacilles accidentellement et faiblement acido-résistants est en effet composé exclusivement de microbes trouvés chez l'homme et chez les animaux, et le plus souvent dans des circonstances particulières qu'il est intéressant de noter. On retrouve en effet, à l’état normal,ces bacilles dans les produits des glandes sébacées ou des glandes analogues.

Un’très grand nombre ont été trouvés :

1° Dans le smegma, par Alvarez et Tavel (1885),Matterstock (1885), Doutrelepont et Schutze (1885), Lustgarten (1884), Laabs (1894), Laser (1897), Czaplewski (1897), Frænkel, Casper, Stolz, Brown (1898), Neufeld, Newjadowski et Kedrowski, Grünbaum, Cowie, Dahms, Barannikow, Weber, et dans l'urine par Lubarsch ;

2° Dans le sébum, les comédons, les sécrétions interdigitales des orteils, par Laabs, Preisich et Schultze ;

3° Dans le cérumen par Gottstein ;

4° À la surface de la langue, dans le tartre dentaire, par Mme Lydia Rabinowitsch ; sur l'amygdale par Marzinowski.

On retrouve encore des bacilies de cette nature dans certaines lésions pathologiques et là encore dans des conditions très particulières. Ainsi ils ont été signalés :

1° Dans les crachats de gangrène pulmonaire par Pappenheim, Frænkel, Folli, Ophüls ;

2° Dans les crachats de dilatation bronchique, ou de bronchite banale, par Zahn, Meœæller, Lichtenstein et Milchner, Ohlmacher, Flexner, Aoyama et Miyamoto, Spina ;

3° Mans cerlaines suppurations très spéciales, notamment celles de l'oreille par Cima, celle d'un kyste de l'ovaire par

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Dittrich, dans une arthrite suppurée de la hanche par Lubarsch ;

4° Rappelons que nous avons trouvé avec M. Bezancçon des bacilles acido-résistants dans les liquides séro-fibrineux recueillis par ponction.

Nous en avons également trouvé dans le sang, ainsi que Lichtenstein, Houston, Spina (1883).

Dans les lésions crayeuses de l'athérome artériel, Lubarsch a signalé un acido-résistant.

Dans les cadavres enfin, on a signalé des bacilles analogues. Barannikow, Poscharysky, Herr, Spina, Houston, Karlinski, Matzuhita.

La connaissance approfondie de ces bacilles et des conditions dans lesquelles ils se présentent est d'un intérèt beaucoup plus considérable au point de vue pratique, que celle des bacilles tuberculoïdes.

Ce sont en effet les faux acido-résistants du smegma, souillant l'urine, qui peuvent en imposer pour du bacille de Koch, et faire croire à la tuberculose des voies urinaires.

Ce sont ces bacilles qui, dans l’expectoration, font porter le diagnostic de tuberculose, alors qu'il s'agit d'une gangrène, d’une bronchectasie, d'une simple bronchite.

Dans les pleurésies, dans les ascites, la présence de ces microbes peut faire attribuer à la tuberculose un épanchement mécanique ; dans le sang, ils peuvent faire croire à des septicémies tuberculeuses ; enfin même dans les lésions de la peau, ils donnent le change à tel point dans certains cas qu'on serait tenté de traiter par l’ablation une lésion syphilitique ou inflammatoire (cas de Mezincescu).

Nous pensons que ces erreurs sont faciles à éviter, si l'on

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