‹ Les Pseudo-Bacilles Acido-RésistantsChapitre 21 sur 31 · AT · texte numérisé non relu

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coloration par l'acide sulfurique à 15 ou 20 pour 100, c’est-àdire à une dilution plus faible que celle qui est usitée d’ordinaire pour le bacille de Koch.

La préparation est ensuite soumise à l’action de l'alcool à 109, puis recolorée par le bleu de méthylène. Laser ne dit pas combien de temps il laisse agir l'acide sulfurique et l'alcool. Cependant, sur ses préparations, il voit un certain nombre de bacilles franchement colorés en rouge ; d’autres, de morphologie semblable, sont colorés en bleu.

Culture. — Laser ensemence sur de la gélose ensanglantée l’exsudat contenant ces bacilles, et parvient à isoler ceux-ci en culture pure sur ce milieu. Les colonies ressemblent les unes à des colonies de streptocoques, c’est-à-dire qu’elles sont fines, transparentes, tandis que les autres rappellent les colonies de bacille diphtérique, c’est-à-dire qu'elles sont grisâtres, avec un point central opaque.

Les bacilles qui constituent ces colonies prennent les colorants ordinaires, ils gardent le Gram ; enfin ils se colorent par la méthode employée pour les frottis de la même facon, c’està-dire les uns en rouge, les autres en bleu.

Ces bacilles ne poussent pas sur la gélatine en piqüre ; ils poussent à peine sur le bouillon et la gélose ordinaire, pas du tout sur la pomme de terre ; mais les milieux glycérinés et les milieux sucrés leur offrent un terrain de culture favorable.

Inoculation. — Inoculé dans le péritoine ou sous la peau du cobaye et du rat blanc, ce bacille n'est pas pathogène.

Ce bacille est donc légèrement acido et alcoolo-résistant, mais il faut bien remarquer que Laser n’emploie pas une méthode rigoureuse. L'acide sulfurique, au lieu d'être dilué au

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quart est dilué au cinquième ou au sixième ; l'alcool employé n’est pas l'alcool absolu, mais l'alcool à 70°.

Enfin il faut remarquer que beaucoup de ces bacilles se décolorent, et une fois décolorés, ils se recolorent par le bleu de méthylène. Le bacille de Koch, nous l'avons vu, ne se recolore jamais de cette facon.

Sur les cultures, le bacille de Laser se colore directement par les colorants usuels : ce n’est pas là le fait d'un bacille héréditairement acido-résistant, et nous pensons que si Laser a réussi à lui trouver sur les cultures une légère propriété acidorésistante, c'est parce qu'il l’a cultivé sur des milieux particuliers, additionnés de sang. Là le bacille retrouvait les conditions analogues à celles dans lesquelles il se trouvait dans l'organisme humain.

Bacille de Czaplewski. — Czaplewski, examinant du pus gonorrhéique, y rencontre des bacilles qui se colorent par la méthode de Ziehl, et parvient à les cultiver sur des plaques d’agar nutrosé au sérum.

Morphologie. — « Hs rappellent, dit Czaplewski, la forme des bacilles diphtériques » ; c’est là la seule indication qu'il donne.

Coloration. — Ces bacilles prennent le Gram, et se colorent par les colorants usuels sur les frottis. Colorés à chaud par la fuchsine anilinée, décolorés par l'acide sulfurique à 5 0/0, puis recolorés au bleu, ils gardent une teinte rouge, ou rouge cerise sombre.

Culture. —— Craplewski à réussi à isoler et à cultiver ce bacille sur des plaques d'agar nutrosé au sérum sanguin.

Selon le milieu, la morphologie varie : longs sur sérum nu-

trosé el pomme de terre, les bacilles sont, sur gélatine, renflés

en massue, incurvés, épais ; sur le sérum de bœuf, courts et granuleux. Ils poussent entre 23 et 37°.

L'aspect des cultures est le suivant. Sur gélatine l'aspect est celui des colonies de bacille tuberculeux aviaire ; sur sérum de Lœffler, ils poussent sous forme de colonies gris-jaunâtre, humides ; sur agar glycériné, en colonies gris jaunâtre. Sur le bouillon, ils forment un trouble et se déposent au fond du vase. Sur pomme de terre, la culture se fait mal et ressemble à un enduit de miel.

Czaplewski a montré son bacille à Laser,qui l'a identifié avec celui qu'il avait décrit. La morphologie de ces deux bacilles nous semble cependant différente : le bacille de Laser est fin et grêle, celui de Czaplewski est semblable au bacille diphtérique.

Dans les cultures le bacille de Czaplewski résisterait, selon l'auteur, à l’action de l'acide sulfurique à 3 0/0, de l’acide nitrique à 30 0/0, de l'alcool, de l'alcool sulfurique et de l’alcool chlorhydrique. Il ne se recolore pas par le bleu après avoir été imprégné par le liquide de Ziehl.

L'auteur ne dit pas combien de temps il a laissé agir les agents décolorants ; il ne dit pas non plus sur quels milieux artificiels il a étudié les réactions colorantes de son bacille cultivé.

Nous voulons toutefois faire une remarque: il n’est pas étonnant que ce bacille soit acido-résistant dans les frottis de pus, car Czaplewski décolore par l'acide sulfurique à 5 0/0, c’est-à-dire dilué au vingtième, alors que nous exigeons l'acide sulfurique dilué au quart. À une dilution si étendue l'acide sulfurique n’agit que comme un décolorant très discret, peutêtre encore moins que les acides organiques en solution satu-

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rée, qui sont, nous le savons, si peu décolorants pour des bacilles bien mordancés.

Sur les cultures le bacille est acido-résistant et alcoolo-résistant; bien que nous ne sachions pas la durée de décoloration, nous pensons que ce bacille doit cette propriété à ce fait qu'il est cultivé sur un milieu additionné de sérum sanguin (1).

Nous aurions voulu nous procurer cet échantillon de bacille, mais nous n'avons pu l'avoir, non plus que le bacille de Weber, chez Kral.

Bacilles de Neufeld. — Neufeld observe dans le smegma, deux variétés de-bacilles morphologiquement différentes.

Bacille I. — Long et grèle, souvent disposé par couple parallèle.

Coloration. —- Après l’action de la fuchsine phéniquée ou anilinée, puis de l'alcool chlorhydrique, ou de l'acide sulfurique pendant quelques secondes, enfin du bleu de méthylène alcoolique à 10 0/0, le bacille reste coloré en rouge.

Culture. — Comime ses prédécesseurs, Neufeld, pour ensemencer le smegma, choisit un milieu organique, le lait. I prend un mélange de gélose gléycérinée et de lait dans la proportion de 3 pour 1. Sur ce milieu, il a pu retrouver deux fois le bacille F, mais sans parvenir à l'isoler en culture pure. Les bacilles constituant ces colonies résistaient après l'action du Ziehl à la double décoloration de l'acide et de l'alcool pendant 30 secondes.

(1) Nous reviendrons sur ce fait, mais disons dès maintenant que nous avons réussi très facilement à conférer la propriété acido-résistante assez forte à un bacille diphtérique vulgaire en le faisant végéter pendant

24 heures dans du liquide d'ascite stérile, qui ne renfermait d’ailleurs pas de lui-même d’acido-résistants,

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