‹ Les Pseudo-Bacilles Acido-RésistantsChapitre 24 sur 31 · LL $S · texte numérisé non relu

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proposent pour des raisons analogues d'employer l'alcool comme moyen de différenciation du bacille de Koch et de ces bacilles.

Brown considère que les bacilles trouvés par frottis dans le smegma sont plus sensibles à l'action décolorante de l'acide nitrique que le bacille de Koch.

Casper, en décolorant le smegma par l'alcool chlorhydrique et recolorant par le bleu, a vu les bacilles acido-résistants recolorés en bleu-rouge ou en bleu franc (1).

En résumé, on trouve dans le smegma, entre autres microbes, des bacilles acido-résistants qui peuvent se rattacher à deux types :

Le 1er type, bacille fin, grèle, ressemblant au bacille de Koch (Laser, Neufeld I).

Le 2e type, bacille pseudo-diphtérique, est le bacille de Czaplewski, Frænkel, Neufeld IT, Weber.

A côté de ceux-ci il faut noter des types très particuliers comme le bacille de Stolz, bacille en y, qui n'est presque pas acido-résistant, et le bacille de Newjadowski et Kedrowski,qui est actinomycosiforme.

Tous ces bacilles sont accidentellement acido-résistants, et légèrement acido-résistants. En eflet, ils ne sont pas sérieusement acido-résistants dans leurs cultures, à moins qu'ils ne soient cultivés dans des milieux spéciaux (sérum, lanoline, etc.).

Acido-résistant, aucun ne l’est d'une facon intense.

Nous l'avons indiqué chemin faisant à propos de chacun d'eux.

(1) Cowie a également signalé dans le smegma des animaux (vache,

cheval, rat, cobaye) des bacilles résistant à l'action décolorante légère des acides,

Quant à l’alcoolo-résistance, elle est pour ainsi dire nulle.

Nous avons nous-même examiné un très grand nombre d'échantillons de smegma, que nous avons colorés tantôt par le Ziehl suivi de l'action rapide de l’acide nitrique, tantôt par la méthode de Gabbet, tantôt par la méthode rigoureuse avec décoloration énergique par l'acide nitrique au tiers et par l'alcool. Enfin nous avons fait des colorations directes par le bleu de Unna, le violet phéniqué.

Notre but était de vérifier la réaction colorante exacte des bacilles que l’on rencontre dans le smegma.

Un premier point nous a tout d’abord frappé. C’est que lorsqu'on fait un frottis de smegma, surtout chez la ferame, il est exceptionnel qu’on ne trouve pas de bacilles acido-résistants sur les frottis.

Ces bacilles appartiennent à deux types différents. L'un est un bacille grêle, fin, quelquefois granuleux, analogue aux aspects décrits par Laser, Neufeld pour son bacille n° 1 et Alvarez et Tavel.

L'autre est un bacille épais, court, groupé en palissades, en un mot un véritable bacille pseudo-diphtérique, tel que Czaplewski, Frænkel, Neufeld (bac. 11), Weber les ont décrits.

Nous avons nous-même pu obtenir deux fois des cultures fugaces sur des milieux additionnés de beurre ou de lanoline, répondant à ce deuxième type (1).

Ces deux types de bacilles se comportent de la même façon

vis-à-vis des colorants.

(1) Ajoutons que le smegma n'est pas pathogène pour le cobaye.

note —

re Préparation :

Zi0hl ORNE, 2 EL AIS Acide nitrique . . . . . . . . 30 secondes Eau.

Les bacilles sont bien colorés en rouge.

2e Préparation :

Zieblchaud MN Er re. MU TMINIIÉES

Acide nitrique aux 2/3 . . . . . 2 —

Eau.

AlcooL absoLnn MERE D ENS

TAN 20 1 2 UE Me Me A AS RUE

Alcool absolu. . . . . . . . . jusqu’à décoloration

Les bacilles sont complètement décolorés ; tous ont repris la teinte bleue.

Si donc, après avoir coloré par la liqueur de Ziehl à chaud, par l'acide nitrique une préparation de smegma, on pratique une légère décoloration au tiers, on constate que tous les éléments de la préparation sont restés colorés en rouge vif: cellules épithéliales, bacilles, cocci.

Si l’on pousse un peu plus loin la décoloration, on voit que les cellules épithéliales sont encore colorées en rouge et l'on voit à leur surface et dans leur intervalle des bacilles encore nettement rouges, appartenant aux deux types indiqués : bacille fin, bacille pseudo-diphtérique. Les cocci ne sont plus colorés.

Si, enfin, on décolore la préparation pendant 2 minutes par l'acide nitrique puis pendant 3 à 5 minutes par l'alcool absolu, tout est décoloré. Si, enfin, on recolore la préparation par le bleu, les bacilles se colorent en bleu. Il existe donc dans le smegma des bacilles qui sont un peu plus acido-résistants que les cocci, mais ces bacilles ne sont pas énergiquement acido-

résistants ni alcoolo-résistants

Les bacilles du smegma peuvent souiller très facilement l’urine.

Grünbaum s'est livré à ce point de vue à une statistique intéressante. Tandis qu'il rencontre rarement le bacille du smegma dans l'urine de l’homme, il le voit dans 39 0/0 des cas de l’urine de la femme. Il s'agit ici d'urine recueillie par la miction naturelle, Grünbaum conclut que le meilleur moyen d'éviter la présence du bacille du smegma dans l'urine est de recueillir celle-ci par le cathétérisme.

Ce procédé serait très insuffisant, car Lubarsch a trouvé justement dans une urine recueillie par le cathétérisme un bacille accidentellement acido-résistant. Nous-même avons eu l’occasion d'en constater la présence dans l’urine prélevée par cathétérisme.

Il faut remarquer cependant que lorsqu'on examine d’une part l'urine recueillie par miction et celle recueillie par cathéérisme, le nombre des bacilles qu'on observe est habituellement bien plus grand dans l’urine du bocal que dans l'urine aseptiquement extraite par la sonde.

Il est nécessaire d'avoir à sa disposition une méthode de différenciation bien précise, comme celle que nous proposons.

Dans ces derniers temps on a en effet signalé dans l'urine la présence du bacille de Koch, même au cours de la tuberculose pulmonaire chronique.Ce sont L. Fournier et Beaufumé qui,les premiers, ont eu l’idée de rechercher directement le bacille dans l'urine des tuberculeux par la centrifugation et l’examen direct du culot de centrifugation obtenu. Ils ont trouvé 15 cas

TION Se

positifs sur 15 — ce qui équivaudrait à affirmer la présence constante du bacille de Koch dans urine (1).

Moins heureux que les auteurs précédents, nous avons examiné 20 échantillons d'urines dont 19 prélevés sur des tuberculeux, dans le but de différencier les bacilles du smegma des bacilles de Koch. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé ces derniers une seule fois. Mais par contre dans trois cas nous avons rencontré des bacilles du smegma.

Le premier de nos cas positifs a trait à une petite fille. Gette enfant, au cours d'une infection fébrile, est prise de pollakiurie avec douleurs vésicales. L'examen de lurine recueillie par la miction montre, après centrifugation et coloration parle Ziehl à chaud suivie de la décoloration légère par l'acide nitrique au tiers, la présence d’une notable quantité de bacilles nettement colorés en rouge. Les uns sont courts et trapus,présentant des renflements terminaux : ils ont l'aspect de bacilles pseudodiphtériques, les autres sont fins et déliés, et ressemblent morphologiquement au bacille de Koch.

Le culot de centrifugation de l'urine recueillie par cathétérisme est étalé sur des lames qui sont envoyées à M. Bezancon, qui nous les confie.

L'une de ces lames,colorée par le Ziehl et décolorée pendant quelques secondes par l'acide nitrique, nous permet de retrouver les deux espèces bacillaires, ayant nettement résisté à la décoloration par l'acide nitrique.

Nous soumettons une deuxième lame à une décoloration par l'acide nitrique de 2 minutes suivie de l'action de l'alcool absolu et de la recoloration au bleu.

(1) Ces auteurs ont coloré par le Ziehl, et décoloré par l'acide sulfurique au quart, sans alcool.

Sur cette préparation, nous voyons que tout bacille coloré en rouge à disparu. Nous ne pouvons pas en déceler un seul, ni d'une forme, ni de l'autre. Par contre, nous voyons des bacilles colorés en bleu très pâle, affectant les deux types de bacilles précédemment indiqués.

Un nouvel examen de l'urine recuéillie par cathétérisme, après savonnage de la vulve, fut pratiqué, et les préparations furent soumises à la décoloration simultanée énergique de l'acide et de l'alcool. Il n’y avait point de bacilles.

Cette petite fille a guéri de sa cystite simple en quelques jours, et s’est maintenue depuis lors en bonne santé.

Le second cas se rapporte à une femme que nous avons pu observer dans le service de notre maître le D' Widal, à l'hôpital Cochin. Il s'agit d'une femme de 26 ans, présentant une caverne tuberculeuse dans le sommet du poumon droit, des symptômes de néphrite chronique avec de l’albuminurie. Femme très cachectique.

L'urine du bocal est centrifugée, et l’on y trouve, sur une première préparation colorée à l'hématéine et l'éosine, des cylindres épithéliaux et colloïdes, des cellules mononucléaires, des lymphocytes, pas de globules de pus.

Une seconde préparation colorée avec le liquide de Ziehl à chaud 10 minutes, puis décolorée légèrement par l'acide nitrique au tiers, nous montre des bacilles nettement colorés en rouge, tantôt isolés, tantôt groupés en véritables paquets ; les uns sont grêles et simulent à s'y méprendre le bacille de Koch, les autres sont longs, filamenteux : tous sont colorés d'une façon régulière.

Nous traitons la troisième lame, faite avec le même dépôt

de centrifugation, par le Ziehl à chaud pendant 10 minutes,

l'acide nitrique au tiers, 2 minutes, puis l'alcool, le bleu de Unna et de nouveau l'alcool absolu.

Nous retrouvons les mêmes bacilles, avec la même forme, la même variété, la même disposition, mais ils sont colorés en bleu. I est évident que nous ne nous trouvons pas en présence du bacille de Koch.

L'urine recueillie par le cathétérisme est examinée de la même façon, mais il nous est impossible d'y déceler le moindre bacille.

La malade a succombé quelques jours après et nous avons trouvé à l’autopsie des reins présentant des lésions de néphrite diffuse, sans trace de tuberculose rénale, c'est-à-dire sans qu'il y ait de lésions macroscopiquement tuberculeuses.

Le troisième cas est calqué sur le précédent. Il s'agit d'un phtisique chez lequel l'urine recueillie par la miction présentait des bacilles colorés en rouge par le Ziehl après simple décoloration par l'acide nitrique agissant rapidement, mais qui se recoloraient en bleu, après une méthode rigoureuse de décoloration par l'acide et l'alcool.

Dans les autres cas, nous n'avons pas pu trouver à l'examen direct de bacilles acido-résistants ni de bacilles tuberculeux.

Tous les essais de culture que nous avons faits ne nous ont jamais permis d'isoler de bacille acido-résistant — sur les milieux — soit du smegma, soit des urines, :

Le diagnostic bactériologique repose done sur une décoloration rigoureuse, qui permette d'éliminer tous les pseudo-

bacilles acido-résistants que nous venons de signaler, Le,

S . — Les hbacilles « acido-résistants » des sécrétions sébhacées.

Les premiers bacilles acido-résistants signalés dans les sécrétions cutanées autres que le smegma, furent trouvés par Bienstock, dans le cérumen.

Bienstock, ayant coloré des frottis de cérumen par la méthode de Ziehl, trouva des bacilles qui restaient colorés en rouge. Ces bacilles étaient courts, trapus, renflés à leurs extrémités. C'était l'aspect du bacille pseudo-diphtérique que nous retrouverons dans tous les autres cas signalés par les auteurs.

Gottstein retrouva le même bacille que Bienstock, avec ses mêmes réactions colorantes. Ces deux auteurs constatèrent que le bacille résiste mal à l’action décolorante de l'alcool, et pour le différencier du bacille de Koch, ils proposèrent de faire agir avant la coloration sur la lamelle de la lessive de soude additionnée de 5 0/0 d'alcool qui saponifierait et dissoudrait les corps gras qui imprègnent le bacille du cérumen, mais laissent intact le bacille tuberculeux. L'emploi de ce procédé est assez délicat, car lorsqu'on traite ainsi les préparations tous les éléments organiques sont détruits par la lessive de soude, qui se transforme en savon alcalin, et lorsqu'on lave la lame, tout ce qui était à sa surface disparaît.

Nous avons examiné du cérumen, et nous y avons retrouvé facilement le bacille de Bienstock: c'est un bâtonnet un peu plus gros, nous semble-t-il, que le bacille de Koch, un peu renflé à ses extrémités ; il prend la couleur d'une façon très nette

et uniforme.

Nous préférons, pour le différencier du baclle tuberculeux,

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