INTRODUCTION
Le mot « acido-résistant », introduit depuis quelques années dans la terminologie bactériologique, est une de ces épithètes, comme il en est parfois en médecine, qui créées et employées d’abord sous une acception nettement définie, sont déviées par la suite de leur sens primitif, prennent une extension insolite, et ne sont pas sans jeter quelque désarroi dans l'esprit des médecins.
Le terme « acido-résistant » (sauere-fest) fut créé par Koch et Petri en 1896, et appliqué pour la première fois à dès bacilles rencontrés dans le beurre. Ces bacilles, très voisins du bacille tuberculeux par leur forme, avaient comme lui la propriété de résister nettement à l’action décolorante des acides, et conservaient cette propriété sur les milieux de culture. Pourtant ces bacilles différaient du bacille de la tuberculose par certains de leurs caractères de culture et surtout par leur pouvoir pathogène. Koch et Petri, n’osant identifier ces ba. cilles au bacille tuberculeux, les désignèrent sous le nom de sauere-fest, c'est-à-dire « acido-résistant ».
L’épithète fut étendue ensuite à des bacilles en tous points analogues aux bacilles du beurre de Koch et Petri, rencontrés dans le lait (Mæller), sur les graminées (bacille de Thimothée, xras-bacillus de Mæller).
Le mot acido-résistant ne tarda pas à être dévié de son sens primitif pour être appliqué indifféremment à tout microbe qui
(quels que fussent d'ailleurs ses autres caractères), coloré par