‹ Les Pseudo-spondylites Hystéro-traumatiquesChapitre 13 sur 14 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Névralgie spinale de Brodie d’origine hystéro-traumatique

À .. 19 ans, armée maritime. Antécédents héréditaires et personnels : néant.

Entre à l’hôpital le 5 septembre 1919 avec le diagnostic de « Mal de Pott cervico-dorsal ». À fait le 6 maï 1919 une chute de 7 mètres du haut d’une soute à charbon, et ressent une violente douleur entre les omoplates assez nettement localisée au rachis. À été soigné par le massage et le repos dans la position horizontale.

A l'entrée à l'hôpital le malade se présente sans corset, en très bonne attitude sans la moindre déviation du rachis, la

ER

marche étant normale. À l'inspection on constate que les muscles des gouttières vertébrales forment dans la région dorsale une saillie très nette des deux côtés. Le sujet accuse une douleur spontanée constante et superficielle, étendue à toute la colonne vertébrale, mais surtout accusée dans la région interscapulaire, accrue par la position debout prolongée, par les faux pas, par les mouvements d’inclination et de torsion du tronc. Cette douleur s’irradie à gauche au-dessous de l’omoplate et dans la région lombaire.

La simple application de la main dans la région interscapulaire fait sursauter le malade. Un frôlement très léger avec l'extrémité du doigt à ce niveau sur la ligne des apophyses épineuses réveille la douleur. Le pincement de la peau est particulièrement douloureux.

Sur les côtés du rachis on sent la contracture très nette des muscles surtout à gauche ; le frôlement et le pincement de la peau dans cette région est plus douloureux que sur la ligne médiane. La pression des apophyses épineuses montre une douleur légère au niveau de la 3"° et de la 7° dorsale, mais la pression superficielle est moins bien supportée que la pression forte.

Le rachis est asséz souple, le malade ramassant un objet sans plier les genoux.

Abolition complète du réflexe pharyngien ; les réflexes cornéens sont diminués; le champ visuel est nettement rétréci concentriquement. L'état général est excellent.

La radiographie ne montre aucune lésion.

On traite le malade et on lui promet une évolution favorable et très rapide. On l’isole des véritables pottiques et la plus grande liberté lui est laissée.

Le malade quitte l'hôpital guéri et ayant étérevu plusieurs mois après il ne présentaitqu’une hyperesthésie dorsale très limitée et relative, fort compatible avec la vie normale.

Page 1