DEUXIÈME ÉDITION
Un accueil plus que bienveillant a été fait à la première édition de mon outrage et parmi les nombreuses critiques dont j'ai pris connaissance, il n'en est aucune qui soit de nature à modifier les opinions que j'ai émises.
Quelques penseurs, philosophes chrétiens, ont fait quelques réserves au sujet des idées de monisme et de déterminisme que je défends ; c'est leur droit et ils m'ont opposé leurs arguments avec une telle modération que je dois leur en être reconnaissant.
Plusieurs médecins, de nationalités différentes, se sont rencontrés pour me faire une critique assez étrange, car elle ne s'adresse pas à moi, mais à eux.
Ils ont insinué que j'avais tort de conseiller à mes confrères l'abandon des moyens physiques dans le trai-
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tement des psychonévroses, parce que tous les médecins possèdent pas, au même degré que moi, le don de /)< r suas ion.
\ oilà une critique que je pourrais accepter car elle flat- / rait mon amour-propre. Eh bien, non ; elle me peine g qu'elle nie montre que mes confrères n'ont pas \re vu toute la puissance d'une psychothérapie rationnelle.
tu aimable confrère, à la fois médecin et littérateur distingué, le IV Châtelain, exprimait ses réserves en ces
S* unes ' ;
(( C'est parfait, mais tous les neurasthéniques sont-Us assez intelligents pour comprendre, suffisamment raisonnables pour suivre les conseils du médecin et se soumettre à ses ordres? Mon excellent confrère n'en parait pas douter et je l'en félicite d'opérer en aussi bon terrain, mais mon expérience -- vieille aussi — me rend, hélas, beaucoup moins affirmatif. Hippocrate dit oui, Galien dit non, et c'est encore ainsi au XXe siècle... Peutêtre Galien ne sait-il pas être assez persuasif. »
Eh bien, oui. Galien n'est pas assez persuasif et Hippocrate devrait l'être plus encore.
Tout ce que j'ai vu pendant cette dernière année m'a tré que ma foi en ces moyens n'était pas encore assez Je suis étonné avec quelle facilité on peut redresmentalités faussées, ramener à une saine philosophie de vie des personnes qui ont pusse trente et
J Journal de Genève du 25 déc. 1904.
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quarante ans dans des erreurs fatales à leur santé psychique et physique.
On m'a objecté : Vous obtenez ces résultats par une influence toute personnelle, non pas par des suggestions voulues, — car vous repoussez ce moyen, — mais par le prestige qui résulte de vos succès.
Je veux bien que ce soit vrai en partie ; les malades du reste obéissent à une suggestion toute rationnelle quand ils s'adressent à un médecin qui en a guéri d'autres.
Noire clientèle à tous se fonde sur la confiance qu'on nous accorde.
Mais je nie que ce soit là le facteur déterminant des guérisons. Je vois beaucoup de malades qui, dans leurs conversations, dans leurs lettres, insistent sur les raisons raisonnables et complètent les résultats de leur cure par la culture logique de leur moi mental.
Ce sont ceux-là, et ils sont nombreux, qui arrivent à la guérison complète ; ce sont ceux-là qui en guérissent d'autres, alors qu'ils ne sont pas même médecins et que ni leur âge, ni leur situation ne leur donne l'autorité ; ils n'ont d'autre arme que leur bon sens, la vue claire des choses.
Oui, la plupart des neurasthéniques sont assez intelligents pour comprendre, suffisamment raisonnables, non seulement pour obéir à des ordres, mais, ce qui vaut mieux, pour suivre des conseils, tout simplement parce qu'ils ont reconnu qu'ils étaient bons. Aussi est-ce en toute conscience que je puis dire à mes jeunes confrères : Quand vous vous trouvez en présence de symptômes qui
KII AVANT PROPOS.
ni di la mentalité du sujet, et ils sont légion,
omptez que sur votre dialectique serrée, doublée
sympathie profonde pour votre malade. Sans doute,
quand vous aurez V expérience que donnent les années,
M rez mieux encore, mais l'âge est un avantage
désirable et qui rient tout seul.
Prof. Dr Dubois.
ne, janvier 1905.
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