PREMIERE ÉDITION
Il y a quelques années, je recevais d'un jeune médecin français une lettre dont j'extrais les lignes suivantes :
« La guérison de M*** n'a pas été sans faire du bruit dans le monde médical de X. Chacun sait, il est vrai, que la neurasthénie est une affection essentiellement guérissable, mais chacun sait aussi que les moyens à mettre en œuvre pour arriver à un résultat complet ne sont pas à la portée de tous. Le cas de M*** n'était point facile et maintes volontés robustes de ma connaissance s'étaient usées à son contact. »
En terminant, mon confrère me demandait quelques conseils pour essayer d'obtenir, dans la carrière médicale qu'il commençait, des résultats analogues.
Je répondis par une longue lettre dans laquelle je
\i\ WANT-PROPOS.
m'efforçai de mettre en lumière les particularités du traitement psychique que j'avais employé. Mais je dus faire remarquer à mon confrère qu'il m'était impossible ,!,« résumer ainsi les expériences recueillies pendant plus de vingt années consacrées en grande partie au traitement des névrosés. Ce fut dans d'intimes conversations qu'il put prendre connaissance de mes vues et se mettre en état de les utiliser dans sa clientèle.
D'un autre coté des malades intelligents, des confrères avec lesquels j'entretenais des relations amicales m'ont souvent exprimé le désir de lire ce que je leur avais dit.
J'ai longtemps résisté à ces sollicitations bienveillantes. Nous sommes à l'époque des recherches précises, des travaux de laboratoire, des statistiques plus ou moins convaincantes. Je ne puis offrir que des impressions, des (ipuiions. Elles sont fondées sur des observations cliniques que je crois être consciencieuses, sur des réflexions que m'imposent les faits, mais je n'ai pas, pour les faire accepter, la notoriété scientifique nécessaire.
Si. malgré ces craintes justifiées, j'ose affronter la
critique de mes confrères, c'est tout d'abord que je
me ^ens soutenu par les amis qui ont bien voulu s'in-
sser à mes idées, mais c'est, avant tout, parce que,
ercice de mon traitement psychothérapique, j'ai
obtenu des résultats tellement bons et tellement durables,
que je voudrais mettre dans la main des jeunes méde-
te arme qui m'a été si utile.
f correspondance, commencée avec mon confrère, m'a amené à résumer les résultats de mes observations,
AVANT-PROPOS. XV
J'en ai fait le sujet de leçons données à la Faculté de médecine de l'Université de Berne.
Je les ai rédigées non pour le public, mais pour mes confrères. Je les leur livre en ne leur demandant qu'un brin d'indulgence.
Prof. Dr Dubois.
Berne, avril 1904.
ET