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et proférant les mêmes plaintes et les mêmes récriminations. Il fcmba dans une prostation, dont il sortait de plus en plus rarement pour se plaindre.
Physiquement, il s’affaiblissait progressivement et devient cachectique sans jamais avoir eu de fièvre ; les téguments prennent une teinte brunâtre et s’assombrissent de plus en plüs ; l’hypotension artérielle fut constatée à plusieurs reprises.
Ï reste toujours alité. tant à cause de sa turbulence que de son irritabilité et de sa faiblesse musculaire.
Cinq mois après son entrée, le 2 mars 1906, il eut de l’incontinence d’urine qui persista jusqu’à sa mort ; une légère escarre Sacrée apparut le 26 mars, et le 31 du même mois, il mourut subitement. À onze heures, il refusa de déjeuner ; à une heure, il se congestionna, devint rouge. noir, puis pâlit, eut le râle et succomba ; les accidents avaient duré
dix minutes à peine.
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AUTOPSTF. — L’encéphale pèse 1360 grammes. À l'ouverture de la dure-mère, la pie-mère apnaraît très œdémateuse, elle est épaissie et opalesrente, son incision permet l’écoulement d’un liquide clair très abondant.
Les ventricules latéraux et le 4 ventricule sont très dilatés et contiennent une quantité consid‘rahle de liquide céphalo-rachidien.
Les hémisphèr-s sont ésaux en noids et chacun d'eux pèse 600 grammes, ils ne présentent ras de lésion à la coupe.
Le pie-mère, épaissie, n’est pas adhérente au cortex.
Le plancher du 4 ventricule est recouvert de granulations ; il présente en outre à l’extrémité gauche du losange un petit ramolissement de la groseur d’un pois qui détruit l’ependyme ventriculaire et touche le pécondule cérébelleux moyen.
Les deux sommets drs poumons présentent de la pleurésie fibroadhésive et des lésions tuberculeuses anciennes ; de plus, tout le poumon droit est enchâssé dans une véritable gangue fibreuse.
Les capsules surrénales sont grosses, déformées et très dures au tou- “her, et la coupe montre qu’elles sont transformées dans leur totalité en un bloc blanchôtre et scléreux.
Le foie pèse 1700 grammes, légèrement scléreux. La rate, pèse 269 srammes. Le cœur ne présente pas de lésions des orifices, maïs l'aorte à sa base. est cctasiée et sa paroi épaissie et couverte de plaques d’athérome,
I: cerveau. La substance corticale est très congestionnée, quelques vaisseaux présentent une périartérite très discrète,
CRE Fit
Les méninges sont épaissies, fibreuses, oedématiées. Artérite et périartérite méningées.
Moelle. — A l’hématoxyline-éosine, on ne constate pas de myélite ni de méningite,
EN RESUME. — En dehors de la tuberculose caséeuse des capsules surrénales, de la tuberculose fibreuse pleuro-pulmonaire et de l’athérome de la crosse de l’aorte, nous trouvons comme lésions du système nerveux : de l’oedème méningé et de la méningite fibreuse, une encéphalite subaiguë avec sclérose, congestion des vaisseaux et périvascularite très discrète. pigmentation, état picnoforme des cellules pyramidales géantes, diminution des fibres de la couronne rayonnante, disparition des fibres de Tukkes, au niveau du bulbe un petit ramollissement de l’angle interne du plancher du quatrième ventricule ayant touché le pédoncule cérébelleux inférieur gauche, un état picnomorphe des cellules des noyaux bulbaires et enfin, dans la moelle des altérations cellulaires des cornes antérieures, une raréfaction des fibres radiculaires antérieures.
Insuffisance surrénale subaigquëé à forme psychopathique
(Sergent. Etudes cliniques sur l'insuffisance surrénale. Paris 1914).
La nommée Marie Ko. célibataire âgée de 42 ans, cuisinière, entre le 22 juin 1911 dans le service du Dr. Sergent à l'Hôpital de la Charité.
Elle est arrivée à l'hôpital dans un état d’abattement complet dans lequel elle était plongée depuis environ trois semaines.
L’interrogatoire est très difficile en raison de son extrême fatigue. Antécédents héréditaires, rien de notable
Antécédents personnels jusqu’à l’âge de 15 ans, elle n’a jamais été malade. À ce moment elle a eu une fièvre typhoïde assez grave.
À 18 ans, elle eût une crise de rhumatisme qui dura plusieurs semaines.
À 25 ans elle eût une forte bronchite.
Elle a été réglée à 11 ans et a cessé de l’être à 40.
Allemande d’origine, elle est venue en France il y a quelques années et a vécu à la campagne jusqu’à l'année dernière. Il y a 8 mois, elle est venue à Paris, depuis ce moment sa santé est moins bonne, elle a
AT, 7e
souvent des malaises, des maux de tête, elle s’est surmenée et se sn lasse, elle a toujours la nausée au réveil et vomit souvent. Elle dit aussi qu’elle a des crampes dans les jambes, et des cauchemars au cours desquels elle voit des bêtes courir sur son lit. Elle n’a pas de tremblement des extrémités, ne boit jamais de vin, mais seulement de la bière et du café. à
Etat actuel (23 juin). Il y a 15 jours environ, elle a pris froid. A la suite de ce refroidissement, elle s’est sentie moins bien, la céphalée s’est accentuée, l’appétit a complètement disparu.
Depuis trois ou quatre jours elle éprouve en urinant quelques douleurs dans le ventre et non dans la vessie, elle urine très peu à pein® un demi-litre.
Elle ne donne ces renseignement qu'avec peine. Il lui faut faire un effort de volonté et de réflexion pour rappeler les souvenirs, cet effort semble l’épuiser. Elle dit d’ailleurs qu’elle ne peut préciser aucune dat= car depuis sa fièvre typhoïde sa mémoire a presque disparu.
Les renseignements apportés par la personne chez laquelle elle est actuellement nous apprennent — sa lassitude, sa tristesse, son manque de mémoire — des céphalées fréquentes et parfois intenses. Dernièrement un vol ayant été commis dans sa chambre, elle en conçut un désespoir excessif. ;
Quinze jours avant son entrée, on s’aperçut qu’elle divaguait, tenait des propos incohérents et ne se souvenait pas de ce qu’elle avait dit une heure auparavant. Voyant que son état s’aggravait de plus en plus ses maîtres lui conseiïllèrent de venir à l’hôpital. Lorsqu'on s’approche d'elle on est immédiatement frappé par l’état d’abattement profond dans lequel elle est plongée. Elle est couchée inerte, immobile, n’a pas la force de s'asseoir ni même de lever les bras qu’elle laisse retomber lourdement si on les soulève. Elle a l'air triste et anéantie ; elle est maigre, anémiée ; elle tient ses yeux clos et ne les ouvre que lentement pour les refermer aussitôt, c’est le tableau de l’asthénie la plus complète. Les extrémités sont froides, un réseau capillaire se dessine nettement sous la peau. La température est basse (36°6 le matin, 3607 le soir).
Le pouls est régulier, bat à 80, mais est extrèmement petit. La tension artérielle mesurée au Potain est à 11. La ligne blanche surrénale apparaît avec netteté.
Les bruits du cœur sont normaux ,mais faibles. L'examen de l’appareil respiratoide montre l'intégrité absolue des poumons. Les réflexes pupillaires et rotuliens sont normaux.
La sensibilité générale paraît normale.
L'appareil digestif paraît fonctionner convenablement à part une ten
en Cie
dance à la constipation. Pas d’hypertrophie du foie, ni de la rate, pas d’ascite.
Les urines sont très peu abondantes (500 grs) claires, très légère albuminurie, pas de sucre.
Traitement : 30 gouttes d’adrénaline au mimême, huile camphrée, lait, laitages, œufs, café.
24 juin, même état.
25 juin, accentuation de l’hypothermie (3604 le soir). Les urines sous l'influence de l’adrénaline ont été un peu plus abondantes (850 grs). 26 juin. La température est à 3708 le matin ; à 3801 le soir. La langue est très sale, l’haleine fétide. La malade n’est pas allée à la selle depuis son entrée. On donne une petite dose d’huile de ricin. L’asthénie est encore plus profonde : urine : 800 grs. T.A-9 pouls 75. Langue blanche des plus marquées.
On supprime l’adrénaline pour la remplacer par l’extrait surréral total (1 cachet de 0 gr. 30).
Du 27 juin au 2 juillet. L'amélioration s’accentue lentement. £a malade est plus éveillée, répond facilement aux questions. Urines : un peu plus abondantes 600 gr. à 700 gr., constipation moin: cpiniâtre.
La température se maintient constamment aux environs de 36°5, 3607. Pouls entre 68 et 80.
Plus de ligne blanche.
12 juillet. Même asthénie qu’à l'entrée.
Température à 3604.
Urine 450 grammes.
Pouls à 36 très faible.
TAFPIT Ligne blanche très marquée.
Or, par suite d’une erreur, depuis le 8 juillet la malade n’a pas reçu ses cachets d'extrait surrénal. L'erreur sera réparée dès ce jour. 13, 14, 15 juillet. Légère amélioration.
16 juillet. Reprise des accidents.
La dese d'extrait surrénal est doublée.
17, 18, 19. Amélioration dès le lendemain.
Urines 600 grs, puis 800, puis 1 litre.
L’asth'nie s’atténue, la céphalée diminue. La température se re-. lève à 3608 le matin, 3701, le soir.
Du 20 au 24 juillet. Amélioration de plus en plus marquée. Le dynamomètre qui jusque là n'avait pu donner aucun résultat en
ER me
raison de l’extrême faiblesse, donne 20 à la main droite, et 17 à la gauche.
Le 25 juillet, pour la première fois la malade se lève et déjeûne à table.
Puis l'amélioration s’accentue progressivement jusqu’à la guérison complète, à la fin du mois d'août. N
Revue le 11 novernbre. Elle se sent forte, à ds appétit, digère bien elle conserve simplement de temps en temps un peu de céphalée.
Le pouls est plein et régulier.
T.A., 15 1/2. Pas de raie blanche.
Targowla — Contribution à l'étude de l'encéphalopathiesurrénale. — (Paris Médical 1925 LV).
Ce fait concerne un jeune garçon de quinze ans, entré à l’Asile Sainte Anne dans le service de M. Toulouse, le 22 juin 1922. À l’âge de six ans, il avait eu la fièvre typhoïde et, six mois plus tard, une pneumonie suivie d’une otite aigue ; « après cela, dit sa mère, son cerveau était devenu plus lent » et, bien qu’il fût studieux, il n’avait pu obtenir le certificat d’études. Mis en apprentissage depuis un an, il travaillait bien et se conduisait comme un enfant normal, affectueux avec les siens, mais demeurait puéril. Au point de vue physique, il conservait une apparence infantile et le développement du système pileux était à peine ébauché.
Brusquement, quelques jours avant son entrée à l’Asile, était apparu un état psychopathique grave que résume le certificat d’internement suivant, r‘digé par M. Génil-Perrin :
« Idées de persécution avec état de désagrégation de la personnalité troubles cénesthésiques, hallucinations auditives probables. Agitation et onirisme nocturnes. Maniérisme, opposition, mimique inadéquate, réponses à côté, troubles de l’attention spontanée et soutenue. Probabilité de début d’hébéphrénie ».
A une modification complète de son attitude à l'égard des siens, s’ajoutaient une impression de bizarrerie du monde extérieur, lequel, expliqua-t-il ultérieurement, lui paraissait changé, des fausses reconnaissances, des interprétations délirantes, des idées de persécution :
« Des gens de l’atelier le suivaient dans la rue, tout le monde lui vou-
lait du mal, son frère n’était pas son frère, etc. « lui-même se trouvait
transformé, on le regardait dans le métro, on lui envoyait des courants électriques.
Dans le service, cet état s’améliora partiellement, puis on constata une rechute caractérisée par de l’insomnie, de la céphalée un malaise général, du refus des,aliments, de l’inertie et de l'indifférence :à l’examen (14 juillet), il se montre maniéré, grimace, sourit sans raison ; ses réponses sont exactes, mais courtes, lentes, tardives.
Au bout de quelques minutes, il reste inerte, ne parle plus, ne répond plus aux questions, dans une attitude donnant l'impression du négativisme plutôt que de la dépression,
Le soir du même jour, il pâlit, s’affaisse subitement et demeure sans connaissance pendant plus d’un quart d’heure, maïs ne présente pas de convulsions. Revenu à lui, il est pris d’un délire intense avec carphoiogie et marmottement incessants ; par intervalles, il s'efforce de saisir des objets imaginaires, veut se lever pour fuir, gémit et semble assister à des scènes terrifiantes ; on le menace, il voit des animaux effrayants, il est environné de flammes, il va mourir, etc.
Il se plaint d’étouffer, accuse des douleurs dans la région précordiaïe au niveau de la colonne vertébrale et surtout, par intermittences, une violente céphalalgie qui lui arrache des plaintes. Les hallucinations et les illusions auditives et visuelles sont à peu près continues. Le petit malade demeure généralement inerte dans son lit, apathique, et les poussées d’agitation anxieuse avortent rapidement.
Cet état d’hallucination est assez intense pour isoler complètement l'enfant du monde extérieur, au moins en apparence; il semble ne r2connaître personne, ni même s’apercevoir de la présence des assistants autour de lui; il ne répond pas aux questions et ne profère aucune parole qui ne soit liée à son délire ; cependant, il exécute docilement ou tente d'exécuter les ordres simples qu’on lui donne : s’asseoir sur son lit, par exemple, et interrompt même quelques instants son bavardage incohérent pour permettre l’auscultation.
La température, qui était, de 36°8 le matin, de 3703 le soir du premier jour, s’éleva le lendemain à 3707 pour retomber ensuite aux environs de la normale (oscillant entre 3607 et 3608 le matin, 37°6, 37°4, puis 37°1 le soir des jours suivants). Le teint était blafard, terreux, semblable à celui des infectés ou des intoxiqués, le pouls rapide et instable. Cependant rien à l'examen somatique ne permit de déceler une maladie infectieuse : aucun signe d’éruption, de lésion pulmonaire, cardiaque ou méningée ; l'abdomen était souple, le foie et la rate normaux ; on constata de l’oligurie les trois premiers jours, mais les urines ne confenaient aucun élément anormal d’origine hépatique ou rénale, la concentration de l’urée urinaire était élevée et l’azotémie normale. Il n’y avait pas de trou-
bles des fonctions digestives ;la radioscopie, l'examen des appareils visuels et auditif n’ont rien révélé, seul, un très léger érythème pharyngé, observé le lendemain de l'accident initial, peut être invoqué pour expliquer la petite poussée thermique concomitante.
Par contre, on nota, avec de la mydriase, l'accélération (108) et la petitesse du pouls et une hypotension marquée portant surtout sur les pressions systoliques (Mx : 11 — Mn : 7,5 au sphygomanomètre de Pachon) ; la ligne blanche de Sergent était typique.
En présence d’un tel syndrome, nous administrâmes de l’adrénaïine, puis de l'extrait surrénal.
En peu de jours, l'accélération du pouls s’atténua ; il descendit progressivement à 90 puis à 80, bien que restant assez instable ; l’indice oscillométrique augmenta d'amplitude en même temps que la pe s'elevait à Mx : 13 ; Mn : 8,5, puis, plus tard, passait à MX : ; Mn :8 et que la ligne DRE s’éteignait.
Le délire dura exactement une semaine. Continu pendant les deux premiers jours, il présenta ensuite des intermittences diurnes, courtes d’abord, qui s’allongèrent et augmentèrent en nombre jusqu’à ce qu'il devint exclusivement vespéral les deux derniers jours. Puis, il céda pour reparaître trois jours après sous forme d’onirisme nocturne terrifiant avec zoopsie, et disparut définitivement.
Dès ses premiers moments de lucidité, le petit malade se plaignit de maux de tête, de courbature, de fatigue, de l'impossibilité même de remuer dans son lit. Cette asthénie persista un certain temps aprés la disparition du délire alors que, conscient et lucide, l'enfant pouvait donner des renseignements sur son état. Depuis quelques temps, expliquat-il, il ne se sentait pas bien, la tête lui tournait ; quatre ou cinq jour: avant le début des accidents, il ne mangeait plus, avait des cauchemars se sentait étourdi, ne pouvait pas répondre aux questions malgré sa bonne volonté : « Je ne pouvais pas dire ce que j'avais »; enfin, il es! tombé brusquement, à la cuisine en allant porter de la vaisselle. Il a conservé ainsi un souvenir précis des circonstances qui ont précéd : l'accès délirant. De même il se rappelle ce qui s’est passé au cours de celui-ci, les examens qu’on lui a fait subir, les éléments de son délire (il voyait des flammes, avait peur de mourir, etc.), sa céphalée : « J’avais la tête qui enflait; je me tenais la tête tout le temps ».
Peu à peu, malgré quelques crises de pleurs, les premiers jours, et le retour d’un petit épisode hallucinatoire nocturne (zoopsie, frayeur) le malade retrouve ses forces, la lassitude et l’asthénie s’atténuèrent ; il redevint normal, ne conservant en particulier aucune séquelle de son état psychopathique. Il put reprendre son travail ; son développement
pubéral se fit de façon régulière, il a été revu à plusieurs reprises, et deux ans après la guérison complète s'était maintenue.
Il se souvenait d’ailleurs parfaitement des détails de sa maladie, dont il appréciait la gravité, expliquait les manifestations d'apparence hébéphréno-catatonique qu’il avait présentées, racontait l'impression de changement en lui-même et dans le monde extérieur qu’il avait éprouvée au debut, ses idées délirantes et ses troubles sensoriels. Retourné à son atelier, apprenti mécanicien-outilleur, il se montrait travailleur et progressait régulièrement, donnant toute satisfaction à ses patrons qui avaient augmenté son salaire; il était affectueux avec ses parents et témoignait à tous de la reconnaissance pour les soins qu’il avait reçus dans le service.
Psychose addisonnienne. Essai de traitement chloruré
(A. Porot. Annales médico-psychologiques 4-11-1937)
OBSERVATION. — Melle Gom.… Marie, âgée de 33 ans, habitant l’Oranie, est adressée à notre clinique à Alger par son médecin traitant le 7 mars 1935. Elle a toujours vécu dans sa famille avec ses parents et ses cinq frères et sœurs, sans avoir jamais été malade.
A 28 ans, elle décide d’entrer dans un hôpital où existe une école d’infirmière pour y faire sa carrière. Au bout de deux ans, elle quitte brusquement cette école, prétendant qu’on lui manifeste de l’hostilité parce qu’elle aime un jeune étudiant. Elle reste à la maison, s’isole et finit par se claustrer complètement pendant cinq à six mois. Elle parle seule la nuit, mais la journée, est taciturne, et renfermée, donnant à son entourage l'impression d’avoir des idées d'influence et de persécution.
Une semaine avant son entrée à la clinique, éclatent des accidents aigus. Elle. parle, s’agite, est anxieuse ; elle parait hantée par l’image du jeune homme qu’elle aime et qu’elle voit au plafond d’où il lui parle.
L’agitation anxieuse s'accroît ; elle ne mange plus, pleure bruyamment ses idées de persécution s’extériorisent davantage et s'étendent à tout l'entourage qu’elle déclare lui être hostile.
Elle a dû chercher à se faire du mal, car à l'entrée, on trouve des cicatrices récentes au niveau du pli des deux coudes, cicatrices qu’elle avoue provenir de coups de canif qu’elle s’est donnés, dans l'intention de s'ouvrir les veines.
Sa famille nous signale un amaigrissement notable depuis un an.
L’agitation est telle au moment de l'entrée, qu’on doit lui faire une cure de sommifène.
Le 10 mars, au réveil, elle redevient très hostile, refuse de manger; on doit l’alimenter à la sonde. On note déjà qu’elle vomit fréquemment et qu’elle rejette parfois ses sondes. &
Le 15 mars, on note une légère détente. Elle consent à s’alimenter un peu, mais on remarque des hallucinations et des idées de persécution soutenues : il y a des hommes au plafond et dans les murs qui envoient des courants dans son lit. Ces symptômes s’accusent tous les jours qui suivent.
A partir du 20 mars, on note des vomissements très fréquents, presque de suite après chaque ingestion d’aliments.
Il y a un gros amaigrissement, la pression est basse 9-7).
L’asthénie est extrême et, le 24 mars, elle a une syncope au moment de la pesée.
Cet état de faiblesse avec lipothymie et hypotension nous amène à examiner de plus près cette malade et nous notons une couleur ardoise des lèvres, des plaques ardoisées très nettes à la face interne des joues, près des commissures. On note, au niveau de la face, un masque pigmenté diffus et uniforme qui aurait pu passer pour un « hâle » normal, si, en soulevant le menton, on ne l'avait vu s'arrêter nettement sous le menton, et si, l’on ne savait que la malade est restée claustrée depuis près de deux ans. On retrouve du reste cette pigmientation au niveau du dos, des pieds et des mains.
La pression reste basse à tous les examens et varie de 9-7 à 8-6.
La malade, qui est un peu plus lucide et plus docile, nous raconte qu’elle a remarqué cette pigmentation depuis 6 à 8 mois, d’abord isolément, par petits placards qui sont devenus confluents.
On fait quelques recherches humorales dans le sang :
Dosage’ de l'urée 7 7.2 terres 0 gr. 45 Glycémie
Il y a donc hypoglycémie et hypochlorémie.
Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
Tous les réflexes tendineux sont abolis.
Le diagnostic de maladie d’Addison s'impose,
On institue, le 27 mars, le traitement hyperchloruré, d’abord par des injections intraveineuses de 20 cc de solution chlorurée à 10 %, puis par ingestion, chaque jour de 6 à 8 cachets de 1 gr. de chlorure de sodium.
L'état mental qui avait commencé à se détendre depuis une semaine
et rendait la malade plus accessible à l’examen et plus docile, se transforme rapidement. Elle recouvre une lucidité totale, ne parle plus de se; hallucinations, s'inquiète de sa famille et de sa sortie prochaine.
Les vomissements disparaissent complètement et l'alimentation est possible. ù
Le 10 avril, on note que les réflexes tendineux ont réapparu.
Mais la pression reste toujours basse, aux chiffres indiqués plus haut; la pigmentation reste sans changements.
Après quinze jours de traitement efficace, la malade devient de nouveau difticile et presque hostile. Elle ne veut plus continuer son traitement, présente à nouveau des vomissements, réclame impérativement sa sortie.
Le 20 avril, on note qu’elle retombe dans un état confuso-mélancolique, a des crises anxieuses, se jette aux genoux du médecin, déZarant qu'il « se passe des choses étranges ».
Sa famille l'emmène le 22 avril, et nous la perdons de vue.
Mais nous apprenons par le médecin qu’elle a refusé de se soigner chez elle, et finalement est morte fin août.
Psychose Addisonnienne au cours d'une staphylococcie insidieuse avec psoitis.
(Artur et Provost, Ann. méd. psych. 1938)
L'histoire clinique que nous vous rapportons, nous semble intéressante à la fois par sa rareté, par sa curieuse évolution, par son étiologie particulière, et par le problème de physio-pathologie qu’eile pose.
Ces différents caractères seront mieux mis en relief après l'exposé objectif et chronologique des faits.
OBSERVATION. — P1., vingt-huit ans, sergent de réserve, est admis d'urgence à l’hôpital maritime de Brest, le 13 avril 1936, sous le diagnostic « délire vraisemblablement d’origine éthylique », au cour: d’une période de vingt et un jours.
A 5 heures du matin, sans autres troubles prémonitoires, il présente un raptus confusionnel : à demi dévêtu, il quitte la chambre qu’il occupait à l'hôtel pour se rendre à une église voisine.
On le trouve sur le parvis, nu-pieds, en chemise, frappant à coups de poings la porte principale de l’église encore close et semblant désireux de se confesser.
a ul
Pl..est alors conduit au poste de garde de la caserne la plus proche et de là, dirigé sur l’hôpital.
A l'entrée, le malade se présente dans un état de vive surexcitation, avec agitation motrice désordonnée, fuite des idées, incohérence des associations et une légère désorientation, mais n'offre aucune réaction agressive ou violente.
L'examen clinique ne révèle aucun signe de la série méningée, et rien d'autre qu’un état saburral des voies digestives avec tendance à la constipation.
L'état général est satisfaisant.
Le 14 avril : pas de modifications dans l’état du malade, sauf l’apparition d’une réaction de négativisme avec refus de toute alimentation solide et liquide et une éruption herpétiforme fugace au niveau des régions sus-scapulaire et claviculaire droites.
Le 16 avril : l’état reste stationnaire.
Le 19 avril : le malade est un peu plus clame : on réussit à lui faire boire quelques gorgées de lait et à prendre sa tension artérielle, au Pachon Gallavardin : Max : 10 ; Min. 8,1. o : 2.
Le 20 avril : il est très fatigué; le pouls est petit et rapide avec tendance au collapsus, refroidissement des extrémités, oligurie marquée, langue saburrale, fuliginosités, légère roïideur du rachis sans Kernig, sans modification des reflexes pupillaires. Il n’existe aucun signe pyramidal ou cérébelleux, mais le malade a des idées délirantes, d'ordre profe sionnel et mystique, vagues et mal liées.
On pratique une ponction lombaire : liquide clair, sous tension moyenne, donnant
1° Cellule de Nageotte : lymphocytes, 0,6 par millimètre cube. 2HNEtnESs LEE 0
3° Albumine : 0 gr. 18.
4° Benijoin colloïdal : 000002221000000.
5° Chlorures : 8,2.
On administre du sérum glucosé adrénaliné en injections sous-cutanées.
Le 21 avril : sédation assez notable des phénomènes d’excitation. On peut alors pratiquer un goutte à goutte rectal de sérum glucosé urotropine.
Le 22 avril : le malade accepte un peu de nourriture.
Le 23 avril ; réapparition des réactions de négativisme avec vive agitation.
Le 24 avril : refus violent de toute alimentation liquide ou solide, idées délirantes mal liées etextrèmement variables avec onirisme professionnel et état de profonde asthénie.
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Le 26 avril : même état subdélirant. On pratique un séro-diagnostic
T.A.B. qui est :
+ au 1/40 pour J'Eberth, — au 1/40 pour les para A. et B.
Le 28 avril : le malade consent depuis la veille à prendre quelque nourrilure et son état général est meilleur; mais, à partir de midi, il mani.este un vif état de surexcitation : chants assonancés, précipitation des associations, petites réactions catatoniques avec désorientation dans le temps et le lieu.
Le ler. Mai : même état délirant. Malade fatigué.
Apparition de quelques furoncles dans les régions sus-capulaire.
Le 3 mai : malade plus abattu : asthénie et torpeur intellectuelle profonde, état fébrile le soir à 20 heures : 39°8 avec pouls à 130 hypoten- Sion = Max: 9%%Min "75:17 02:21.5
Aucun signe pulmonaire anormal.
Etat saburral simple des voies digestives avec constipation.
Furoncle et pyodermite en évolution dans la région sus-capulaire.
Le 4 mai : même état fébrile ; 39°5 à 6 heures ; 38°9 à 20 heures. Malade toujours abattu, acceptant à boire.
Le 5 mai : état sensiblement stationnaire, légère baisse de la température : 38°2 matin et soir.
On pratique une hémoculture pour tous germes et un nouveau sérodiagnostic T.A.B.
Hémoculture négative après 48 heures d’étuve.
S.D. + au 1/40 pour bac. T.
S.D. — au 1/40 pour para A. et B.
Le 7 mai : température en baisse : 37° à 7 heures ; 37°5 à 20 heures. Très légère amélioration de l’état général. Evolution normale des furoncles sus-scapulaires.
Le 9 mai : disparition de tout état fébrile. Furoncles en bonne voie de guérison. Reprise d’une légère activité intellectuelle ; quelques réactions de négativisme, subdélire, état d’asthénie profonde. Le malade s'oppose à toute tentative d'examen.
Le 12 mai : dans la soirée, apparition d’une expectoration purulent: très abondante, d’une sorte de vomique fluente, sans eïfort d'expulsion. Le 13 mai : un examen au laryngoscope découvre une sécrétion mu-
co-purulente paraissant faire issue de la trachée.
L'examen bactériologique qui en est fait montre une flore microbienne très riche, sans prédominance d’aucune espèce et sans BK. L'état de fatigue extrême du sujet ne permet pas d'examen radiolo-
gique, et l'examen clinique rapide des poumons ne révèle rien d’anormal.
an are
Des tâches pigmentaires apparaissent. Raie brune de Sergent. Pigmentation du gland.
Etat d’asthénie prononcé, tendance au collapsus, pouls dépressible, refroidissement des extrémités, même ‘refus d’alimentation.
On pratique des injections de cortico-surrénake, et on refait du sérum glocusé adrénalisé.
Le 14 mai : petite amélioration de l’état général et légère reprise de l’alimentation.
Nouvel examen des crachats qui sont purulents et abondants.
B.K. : recherche négative.
Flore polymorphe très nombreuse sans prédominance d'espèces gram + et gram — .
Pas de flore anaérobie spécialement développée, ni de spirochètes.
S.D. — au 1/40 pour para A. et B.
Le 7 mai : température en baisse 37° à 7 heures ; 37,5 à 20 heures. Très légère amélioration de l’état général. Evolution normale des furoncies sus-scapulaires.
Le 15 mai : nouveaux progrès dans l’état général malgré une faible alimentation. Diminution très marquée de l’expectoration purulente. Urines plus abondantes. Agitation encore assez vive pendant la nuit.
Le 17 mai : nuits plus calmes, amélioration lente mais progressive de l’état général avec T.A. Max. : 11 ; Min. : 8 ; i. o. : 2,5.
Le 22 mai : état général plus satisfaisant, malgré une asthénie profonde. Reprise d’alimentation légère.
Disparition de toute manifestation délirantes, mais état confusionel encore marqué.
Le 26 mai : état sensiblement stationnaire. On continue le traitement opoth‘rapique cortico-surrénalien.
Le 27 mai : apparition d’une petite éruption zostériforme au niveau de l'épaule droite en avant. Poussée fébrile le soir, à 38°2.
Le 28 mai : atténuation de l’éruption zostériforme : pigmentation brun foncé au niveau des vésicules flétries. T. 38°3. Une hémoculture est pratiquée et reste négative après 48 heures d’étuve.
Reprise de l’appétit. Le malade réclame de lui-même une alimentation plus substantielle,
Le 29 mai : température : matin 37°5, soir 38°3.
Le 2 juin : état général plus satisfaisant. Malade plus lucide mieux orienté.
Le 3 juin : reprise marquée de la température, contrastant avec une atténuation considérable des troubles confusionnels.
Aucun autre signe nouveau d'ordre local ou général.
Le 4 juin : on pratique quelques examens complémentaires :
sisi
ST
Urée dans le sang : 0,19 par litre de sérum (au xanthydron. Cholestérine : 1 gr. 85 par litre de sérum.
Traces infimes d’albumine dans les urines.
Traces d’urobiline.
Présence d’indican.
Le 9 juin : apparition d’une douleur inguinale avec réaction vive à la valpation du flanc. Point costo-lombaire particulièrement douloureux.
Température : matin 38° : soir, 38°7. V
Le malade est évacué sur les services de chirurgie où le diagnostic est porté de « collection suppurée du psoas droit ».
Du 9 au 11 juin : la température oscille entre 38°7 et 39°.
On fait une radiographie du rein droit et de la colonne vertébrale dorso-lombaire ; le rein n’est pas visible sur le film, non plus que 1 collection suppurée du psoas correspondant, et le rachis apparaît normal.
Le 11 juin : sous anesthésie locale, incision longitudinale à un travers de doïgt en dedans de l’épine iliaque antéro-supérieure droite. Incision de l’aponévrose et des muscles (incision de Roux). On récline le péritoine en dedans et on ouvre la gaine du psoas. Issue immédiate de pus ben lié 200 cc. environ, ; pose de 2 drains.
Examen direct : cocci gram + . Culture : staphylocoque doré.
Examen bactériologique du pus :
Le 13 juin : le drain est enlevé le deuxième jour, car la suppuration paraît tarie. L’hypochondre est devenu souple. La fièvre tombe et l’état général remonte ainsi que la T.A. Max. : 11,5. Min. : 7 ; io. : 2,5.
Il persiste cependant un certain degré de syndrome addisonnien peau bronzée, pouls rapide, asthénie.
On continue une médication adrénalisée, complétée par des injections de cortico-surrénale.
Dès la fin du mois de juin, l’état du malade remonte de façon progressive. Les manifestations d'ordre psychopathique ont complètement disparu. Le sujet est lucide, parfaitement orienté dans le temps et le lieu, de comportement en tous points normal, sans reliquat appréciabie d’imprégnation post-onirique, confusionnelle ou délirante.
On observe ensuite une atténuation progressive du syndrome addisonnien, le retour des forces et de l’activité, la disparition de la pigmentation bronzée des téguments et des muqueuses, la diminution de la tachycardie. QUE
Le 8 août, PI... quitte l'hôpital maritime de Brest pour partir en convalescence dans sa famille, aux environs de Poitiers.
C’est alors qu’il m'a été donné de voir PI.
ni EUR
Il est venu me consulter. Le 8 octobre pour de vagues douleurs lombaires, mais avec un état général excellent et une tension artérielle à 125-65 au Donzelot. \