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Il est grand, 1 m. 69, et ne pèse que 59 kilogs.
Son crâne, dont l'indice céphalique est de 86, le range parmi les brachycéphales.
La physionomie expressive du malade exprime la mauvaise humeur, et une méfiance agressive.
Ë $ ; Ses pupilles sont inégales et réagissent seulement à l’accomodation (sine d’Agyll) ; sa langue fissurée, légèrement trémulante ; sa parole légèrement embarrassée aux mots d’épreuve ; les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés, les réflexes peauciers sont forts, les réflexes
plantaires sont normaux.
Les mains sont agitées d’un léger tremblement ; sa démarche est mal assurée, légèrement titubante, en dehors même d’une claudication due à un raccourcissement du fémur droit consécutif à une ostéite de l’adolescence ayant laissé une fistule sur la face postérieure du fémur.
La force musculaire est diminuée et les muscles sont atrophiés dans leur ensemble.
La sensibilité générale est anormale : il présente une hyperesth‘sie généralisée qui lui fait pousser des cris dès qu’on le touche ou qu’on le percute, et des douleurs spontanées localisées dans le thorax.
D’autre part, il présente des alternatives de sensation de chaleur ou de froid qui le poussent à modifier constamment l'arrangement de son lit et de s°s couvertures.
Ses artères périphériques sont dures et sinueuses, sa tension artérielle est très faible. Les bruits du cœur sont normaux.
Le système lymphatique est hypertrophié : on sent de nombreux
ganglions volumineux et durs dans les plis de l’aine et dans la région cervicale.
Le thorax est déformé dans sa partie droite ; à ce niveau il y a de Ia submatité et la respiration est faible. Les sommets présentent également une diminution de l'intensité du murmure vésiculaire, mais pas de craquements ni de bruits anormaux. L'appareil digestif nous paraît sain à part toutefois un dégoft pour tous les aliments qu’on lui présente.
Enfin, pour être complet, notons une cicatrice de la peau adhérente à l'os pariétal droit et des fractures anciennes du bras et du pouce droits consécutives à une chute d’un arbre survenue dans l'enfance.
De cette longue énumération de symptômes physiques nous concluons. pour nous résumer, que chez un tuberculeux guéri (ostéïte de la cuisse, pleurésie fibreuse, adénite), nous trouvons le syndrome addisonien (pigmentation bronzée, amaisrissement et faiblesse musculaire, hyperes-
lhésie, hypotension) ; et le syndrome paralytique : inégalité pupillaire,
A OLITe L AE TA ; Pre -:
signe d’Argyll, léger embarras de la parole, exagération du réflexe, tremblement et instabilité musculaire.
Au point de vue mental, le diagnostic était également difficile.
L’affaiblissement des facultés intellectuelles existe, mais il n’est pas énorme. La mémoire est assez bien conservée. Il peut nous donner des renseignements sur lui-même et sur sa famille. Il est de la Savoie, son père est mort à soixante-cinq ans, il ne sait de quelle affection, sa mère €st morte jeune. Un frère et une sœur sont morts jeunes et il aurait encore une sœur bien portante.
Il se rappelle les évènements de son enfance, raconte la chute qu’il fit d’un cerisier alors qu'il s’est cassé le bras, la longue suppuration d° sa cuisse qui le rendit boiteux et le fit réformer du service militaire, etc
Il était néanmoins d’une force musculaire peu commune et était très apprécié comme garçon boulanger, et il se montre très affecté de cette faiblesse musculaire survenue il y a quelques années.
Il a eu dans sa jeunesse un chancre suivi d’une adénite suppurée de laine.
Gagnant largement sa vie comme boulanger, il a vécu quinze ans avec une femme, dont il a eu une petite fille morte jeune. 3
Il avoue qu’il boit beaucoup de vin, 4 litres par jour.
Il ne peut dire depuis quand il ne travaille plus.
Le caractéristique de son état mental au moment de son entrée et aussi pendant le séjour qu'il fit à l’asile, était de l'excitation et une mauvaise humeur constante se traduisant par des plaintes continuelies, des récriminations sur tout, sur la nourriture, l’alitement, les soins qu’on lui donnait, etc sur la faiblesse musculaire. La nourriture, c’est du poison, de la viande pourrie qu’on lui donne pour le faire mourir ; son lit est ignoble, tantôt il y brûle, tantôt il y gèle ; le médecin, les infirmiers sont des canaïlles, des bandits bons à pendre, ils le brutalisent tout le temps.
En effet, il s'efforce de cracher tout le poison qu’il a en lui, il défait et refait son lit, il fait des plaintes sur l’infirmier qui l’a bordé dans son lit ou sur le médecin qui l’a examiné, palpé ou ausculté, les accusant d’avoir provoqué par des brutalités les douleurs qu’il ressent.
Jamais il n’a manifesté l’idée de satisfaction ou de grandeur ; parfois il faisait allusion à une grande aisance que ses parents auraient eue et à une propriété qu’aurait possédée sa sœur, mais l’absence de renseignements ne nous a pas permis de vérifier la véracité ou la fausseté de ses dires.
Son état mental ne se modifie pas pendant les sept mois qu’il séjourne dans le service ; il reste toujours irritable, de méchante humeur