LA RESERVE ALCALINE
La perte du chlorure de Na, s'accompagne d'une perte des autres sels de Na (carbonates) entraînant une baisse de la réserve alcaline.
Généralement légère (entre 50 et 40) elle peut être intense (entre 39 et 30) exceptionnellement sa valeur est inférieure
à 30 (MARANON).
Le LA GLUTATHIONEMIE
La glande surrénale est l'organe le plus riche de l'économie en glutathion réduit.
La perfusion des glandes surrénales avec de la cystéine et de l'acide glutamique amène une augmentation nette du glutathion réduit dans le liquide de perfusion.
Ces faits ont amené à penser que la glande surrénale joue un rôle important dans la synthèse du glutathion.
Une chute du taux du glutathion réduit a été signalée à diverses reprises chez les Addisonniens (BINET, WELTER) et même au cours des insuffisances surrénales plus frustes (AMADO).
La technique de BINET et WELTER donne un taux variant entre 18 et 26 centigrammes par litre de sang chez l'homme normal.
Chez l'Addisonnien, l'abaissement de cette teneur est constant et peut aller jusqu'à 6 centigrammes.
Au cours de l'insuffisance surrénale légère, cet abaissement est accusé en général très net le taux variant de 16 à 8 centigrammes par litre.
Cette hypoglutathionémie partielle, n'a pas une valeur absolue, pas plus d'ailleurs que telle ou telle autre recherche biologique, mais elle apparaît actuellement comme un élément assez constant pour prendre place dans le diagnostic surrénalien.
L'HYPOGLYCEMIE ET L'EPREUVE HYPOGLYCEMIQUE À L'INSULINE
L'hypoglycémie est très fréquente au cours des insuffisances surrénales. Dans 70 % des cas il y aurait une glycémie infé-
inférieure à 0,9 (MARANON). Dans les autres cas, on peut objectiver une tendance hypoglycémique par l'épreuve à l'insuline.
On «a vu au chapitre pathogénique, l'hypersensibilité des insuffisants surrénaux à l'insuline ; les réserves glycogéniques hépatiques de ces malades étant minimes, le foie réagit lentement et la combustion déterminée par l'insuline se réalise d'abord surtout aux dépens du sucre sanguin d'où une hypoglycémie plus intense que chez le sujet normal.
Les variations de la glycémie après injection d'insuline, semblent avoir été étudiées d'abord par LYMAN NICHOIS, et MAC CANN en 1923. Bien d'autres auteurs ont étudié ces faits, et surtout NORGAARD et THAYSEN en 1929.
En 1930, Marcel LABBE, ESCALIER et URLEY ont repnis cete étude et voici leur technique.
Le malade à jeun, couché depuis au moins une heure (au repos complet) est en équilibre thermique, (conditions absolument nécessaires pour éviter des variations de ia giycémi+ sans rapport avec l'expérience).
Puur les dosages, les auteurs utilisent la micro méthode de BANG, un peu modifiée par H. LABBE et NEPVEUX.
Deux prises de sang sont faites à jeun; on prend ia moyenne. On injecte alors 12 unités d'insuline par voie intraveineuse, puis on effectue 9 prises de cinq en cinq minutes.
4 de 10 en 10 minutes 5 denls en 15 »
La durée de l'épreuve est donc de 2 h. 3-4 (chez l'enfant âgé d'environ une douzaine d'années, on utilisera 6 unités).
Résultats. Les valeurs en centigrammes des différentes glycémies sont portées en ordonnées, le temps en minutes sur l'axe des abcissés. On obtient ainsi une courbe.
Tout d'abord, la ligne de descente s'amorce après une brè-
ve réaction d'hyperglycémie, le plus souvent peu marquée, mais que les auteurs ont constamment retrouvée chez les sujets normaux : niée par Sendrail, elle a été signalée par nombre d'auteurs.
La chute glycémique est assez brutale et se fait en un temps variant de trente à quatre vingt-dix minutes (moyenne 35 minutes), l'abaissement de la glycémie variant de 0 gr. 25 à 0 gr. 65 (moyenne de 0 gr. 48) dans les 7 cas étudiés par Marcel LAB5E et ses collaborateurs.
La deuxième partie de la courbe présente une réascension dont le profil est en général divisé en &eux portions : l'une de montée assez rapide, l'autre de montée secondaire beaucoup plus lente. Il n'y a toutefois là rien d'absolu; ces auteurs ont trouvé, à plusieurs reprises, des lignes de réascension assez régulières qui les invitaient à ne pas généraliser cette notion due aux auteurs scandinaves. La glycémie initiale est atteinte à nouveau de 65 à 135 minutes après l'acmé de la chute.
La courbe étant ainsi obtenue il est facile d'en calculer les éléments principaux.
C'est tout d'abord la flèche d'hypoglycémie initiale et celui de la glycémie la plus basse; le rapport de ce chiffre à celui de la glycémie de départ donne un pourcentage variant entre 35 et 60 pour 100.
Les courbes obtenues chez des individus normaux sont sensiblement identiques.
Application à la recherche de l'insuffisance surrénale
L'insuline entraînant dans ces cas une hypoglycémie intense, quelques précautions devront être prises lorsque l'insuffisance surrénale suspectée cliniquement est recherchée biologiquement. L'injection intramusculaire sera pratiquée très lentement, on surveillera attentivement le malade prêt à lui administrer adrénaline et sucre, à la moindre manifestation hy-
poglycémique. On obtient une chute de la glycémie variant de 65 à 70 %.
Pour MARANON cette hypersensibilité à l'insuline est un test important et représente une des bases du diagnostic.