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« âge, l’état de ce malade reste merveilleux, comme il « ne l'était plus depuis sa jeunesse.
« Les exemples qui viennent d’être cités témoignent, € sans nul doute, de l'importance qu'aftecte la toxi- «infection microbienne et spécialement colibacillaire « dans la genèse des troubles morbides si variés, enté- « ritiques, vagotoniques et sympathicotoniques, névro- « pathiques aussi, qui accompagnent souvent les enté- « rocolites chroniques. Dans certaines entéropathies, « ces symptômes confèrent à la maladie la plus grande « partie de sa gravité et de ses caractères si doulou- « reux. La neutralisation, par un sérum actif et spéci- « fique du B. coli apporte la preuve du rôle que rem- « plissent ces toxines comme facteur pathogénique, en « faisant disparaître les, symptômes locaux et généraux « qu’elles produisent. Si jamais le vieil adage : « Natu-
« rum morborum curationes ostendunt » trouve sa
justification, c'est assurément dans de tel fait ». En 1930, dans le journal italien : La Riforma Médica, sous le titre : « La sérothérapie anticolibacillaire, ses principales applications en médecine et en chirurgie », M. le Professeur Vincent écrit ce qui suit; « La toxine a quelquefois un effet tardif, chez l'homme « comme chez l'animal. Ce qui pourrait donner l’ex- « plication pathogénique de certains syndromes névro- « pathiques psychasthéniques ou hypochondriaques... » « La sérothérapie dont les effets sont énergiques « dans ces états infectieux témoigne de leur origine « colibacillaire.. »
«Mais il est nécessaire dans ces affections du sys-
(ème nerveux de pratiquer la sérothérapie le plus précocerent possible, Si on attend, la guérison peut ue plus s’obtenir, probablement par le fait que les altérations cellulaires par fixation de la toxine coli-
bacillaire sont définitives. ».
En 1927, dans un compte rendu à la Société de Bio-
logie, M. Weinberg et À, R Prévot signalent avoir
fait des expériences analogues à celles de M. le Pro-
fesseur H. Vincent et avoir retrouvé les deux toxines
du colibacille : la toxine entérotrope et hépalotrope et
l’'exotoxine neurotrope.
En 1930, M. J. Fisch publie à son tour un travail
dans la Revue de Médecine : « l'évolution du colibacille
intestinal et ses conséquences. »
Nous relevons les passages suivants :
&« L'appareil le plus sensible à l’action des toxines estle système nerveux. C’est lui qui sous leur influence aide à créer la lésion locale ou à en favoriser l'infection générale. »
&« Parmi les substances solubles élaborées par les microbes, il en est qui par impressions des centres nerveux ont une répercussion sur d’autres propriétés cellulaires : il en est qui provoquent de la vaso-dilalation ou de la vaso-constriction, d’autres qui favorisant un chimio-tactisme négatif ou positif aident ou contrarient la diapédèse ; ces faits ont été vérifiés par l'expérience : Bouchard en injectant d’abord des toxines sous la peau d’un animal, puis ensuite
une culture stérilisée du même microbe, put cons-
tater une action empêchante de la toxine sur la diapédèse. »
À ce propos, nous rappelons que l’ischémie provo-
quée par le colibacille est importante du point de vue
psychiatrique où il étudie l’action du colibacille sur le Système nerveux, M. J. Fisch écrit :
« L'action des toxines sur le système nerveux est aussi complexe que variée dans les manifestations de son intensité. Une petite variation dans la quantité de culture injectée nous a fait obtenir des différences
notables dans le degré de la réaction réflexe.
& À trois lapins de poids sensiblement égal, nous avons injecté dans la veine marginale de l'oreille, de petites quantités de culture de 24 heures de B. coli, diluées dans du sérum physiologique. Le 1” reçut 1/2 cmc., le 2° 3/4 de cmc. et le 3° 1 eme. environ. Quoique la différence entre les quantités injectées fût minime, le degré d'intensité de Ia réaction fut
assez prononcé.
« Chez le premier animal, 3 minutes après l’injection, nous constatons une forte réaction nerveuse avec tremblement, une action excitatrice des vaso-
moteurs avec congestion, dilatation des vaisseaux
auriculaires, hyperthermie locale, dilatation pupil-
laire. : deux heures après, tout est rentré dans l'ordre et les manifestations précédentes ne sont plus perceptibles ; le lendemain, l'animal mange. Le deuxième animal présente une hyperexcitabilité plus marquée, ensuite $se manifeste une asthénie suivie
J. Forestier 8
« d’une paralysie des membres postérieurs, qui après « trois jours disparait.
« Chez ces deux lapins, la réaction nerveuse dès le « début a été due, non seulement au liquide de cul- «ture, mais aussi à l'introduction des microbes dans «la circulation 3 mais l’action du microorganisme a « disparu assez rapidement car une hémoculture de « contrôle, pratiquée deux heures après l'injection, est « restée négative. L'action tardive sur le système ner- « veux central est donc due uniquement à la sécrétion « du microbe.
« Chez le troisième animal, la réaction fut beaucoup « plus accentuée. En plus des manifestations consta- «tées chez les autres lapins, celui-ci présenta une «toux spasmodique accompagnée de cris plaintifs ; « l'agitation et la douleur paraissaient si grandes que « nous avons sacrifié l'animal sans attendre le résul- «tat des manifestations terminales.
« Quel que soit le degré de ces manifestations, il «s’agit là d’une action irritative du système nerveux « périphérique ou central et d’une action vaso-motrice. « Il est à noter que dans le cas d'introduction directe « de ces produits dans le système circulatoire, les réac- «tions sont brutales et plus intenses ; dans le cas « d'ingestion, les troubles fonctionnels sont plus longs « à se produire et plus perceptibles séparément.
« Ces expériences mettent en évidence que le B. coli «en proliférant dans l'intestin peut donner naissance « à des substances susceptibles de produire des troubles
« d'ordre général et même des paraplégies, mais sans
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€ constituer de lésions du côté de la moelle, car: elles « guérissent avec la cessation de l’action microbienne, « et cela rentre dans le cadre de ce qu’a exposé Char- € cot dans sa leçon de juin 1780, sur les paraplégies
« urinaires survenant au cours des maladies des voies
« urinaires.
« Comme nous le savons aujourd'hui, les infections
urinaires sont dues en grande partie au B,. coli; il
y a donc lieu d'admettre que les manifestations ner-
« veuses constatées par Charcot au cours des mala-
«dies des voies urinaires sont causées, dans la majo-
« rité des cas, par l’action toxique du colibacille. » Enfin dans un chapitre où il mentionne les maniiestations neuro-circulatoires, M. J. Fisch écrit : «Nous ne nous occuperons pas ici de l'infection «uripäire à colibacille avec grosses manifestations ‘nerveuses, mais seulement des manifestations que
EN
l’interrogatoire des malades nous révélera, les petits
«troubles nerveux et circulatoires auxquels ils peuvent être sujets. [ls sont variables d’un individu « à l’autre, mais dans l’ensemble, on constate de la parésie, une faiblesse des membres inférieurs, des engourdissements, souvent une anesthésie où une «analgésie des extrémités, une hyperexcitabilité des réflexes. La douleur dorso-lombaire est fréquente ; on observe aussi de la céphalée, des troubles de la mémoire et surtout des ‘changements d'humeur ; on « constate parfois des douleurs articulaires, souvent « dans la région cervicale. »
Différents auteurs ont publié encore des travaux sur
la colibacillose, en 1926, MM. May et Boulin sous le titre : Ictère grave avec septicémie colibacillaire simulant une spirochélose ictéro-hémorragique, font une communication à la Société médicale des Hôpitaux de Paris. Il nous paraît intéressant de signaler que ces auteurs ont constaté l'existence d'une azotémie importante chez le malade qu’ils ont observé.
Lagrange, en 1932, dans un compte rendu à la Société de Biologie : « Sur l’action à distance exercée par certains colibacilles », étudie despropriétés décolorantes, in vitro, du colibacille. |
M. P. Déesgeorges, médecin de l'hôpital de Vichy, a écrit, en 1930, un article dans le journal L’Avenir médical : « Comment il m'advint de soupconner les mille et un méfait de la colibacillose », et enfin, le même auteur, en 1932, dans un compte rendu à la Société de Médecine de Paris : « Le grand retentissement de la colibacillose sur le système endocrino-sympathique », dont nous détachons le paragraphe suivant, écrivait :
«Dès mes premières recherches sur la colibacil- « lose, j'avais été frappé par la quasi-constance avec «laquelle les malades atteints de cette infection pré- « sentaient toute une série de troubles que j'appelais « nerveux ou généraux: Céphalée, asthénie, lassitude, « fatigabilité, dépression, tendance à la tristesse, aux
«idées noires, irritabilité, inégalité d'humeur, inapti-
EN
tude au travail intellectuel, insomnie, hypotension, « frilosité, froid aux pieds habituel, engourdissement « des extrémités, douleurs de la nuque, topoal-
(GRIS ELEC)
*. , We SÉSrS)
Des auteurs étrangers se sont également occupés de la question. En Allemagne, Gross : « Uber colitoxine » dans le journal Centralblatt en 1929 ; en Angleterre,
. Carr Walter, Caldwel, Eckstein, Grey et Young...
De ces divers travaux expérimentaux, il résulte que le Bacillus coli peut être la cause de désordres multiples. Par son exotoxine neurotrope, il peut se fixer électivement sur le système nerveux central. Il peut, ainsi, déterminer des paralysies et des troubles mentaux. Il est important de connaître ce facteur de certains états psychopathiques. La thérapeutique, par le sérum anticolibacillaire de Vincent, possède une arme puissante, lorsque c'est le Bacillus coli qui est en cause.
Dans certains cas, ce rôle doit être soupçonné. On a parlé, en particulier, de la folie puerpérale, or quand on sait que la constipation est fréquente chez les femmes enceintes et que cette stase favorise le développement du colibacille, on est en droit dese demander sil n’est pas la cause déterminante de cet état mental puerpéral. On peut dire que, dans un tel cas, il convient de rechercher systématiquement ce micro-
organisme.