‹ Les Psychoses d'Origine DigestiveChapitre 23 sur 29 · ARNO NET · texte numérisé non relu

ARNO NET

Quand on pense au grand nombre de psychoses dont l'étiologie est peu nette et partant la thérapeutique décevante, il n’est peut être pas inutile d'attirer une fois de plus l'attention des médecins sur l'importance qu'il y a chez ces malades à rechercher avec soin l'existence des troubles de la digestion gastro-intestinale, du fonctionnement hépatique ou de la nutrition élémentaire. Si lon songe, en effet, premièrement que le système nerveux est, de tous les systèmes du corps humain, celui qui, de par ses fonctions, est destiné à recevoir, avant et plus que tous les autres, le contre-coup de tout ce qui se passe d'anormal dans l'organisme ; si, en second lieu, on se rend compte que c’est au niveau du tube digestif que le processus physiologique normal est le plus facilement troublé, parce que l'alimentation et la digestion sont, de toutes les fonctions, celles qui sont le plus dépendantes de l'homme, de sa sagesse, mais aussi de ses erreurs, on comprendra aisément que c’est en cherchant du côté du tube digestif qu’on a le plus de chance de trouver la cause de ces troubles indéterminés.

Malgré l'avis de certains neuropathologistes el psychiâtres modernes, qui refusent aux affections gastro-intestinales le pouvoir de sréer des états névropathiques et qui à peine leur reconnaissent le droit d'aggraver, au titre de conditions occasionnelles, un. syndrome mental préexistant, nous croyons qu'au cours des affections digestives on peut observer la plupart des syndromes psy- Chiques possibles, depuis les petits troubles psychiques intermittents, compatibles avec la vie sociale, juqu’aux syndromes mentaux continus nécessitant l'isolement.

Ces divers syndromes s’observent avec prédominance chez les dyspeptiques d'une part et les hépathiques d’autre part : Cholémiques, ictériques ou insuffisants hépatiques, mais ils peuvent également s’observer dans d’autres affections du tube digestif et notamment chez des constipés ou des sujets atteints de gastro-entérite ou de colite etc.

La nécessité d'un terrain névropatique pour l'établissement d'une psychose digestive est admise par presque tous les auteurs. Les nerveux, les surmenés, les héréditaires nerveux sont surtout frappés. Certes, une affection digestive massive entraîne presque toujours la psychose malgré la résistance cérébrale, mais chez les prédisposés il] suffira souvent d’un moindre accident digestif pour perturber l'âme. C’est pourquoi il n’y a pas toujours parallélisme entre la gravité de l'affection digestive et l’intensité de la réaction cérébrale.

Les états psychopathiques liés aux perturbations digestives sont donc représentés par des variétés simples ou complexes demandant somme condition la connivence

d'un terrain nerveux et de troubles de la digestion. Quant aux déterminismes cliniques de forme et de degré, 1ls dépendent de la nature des troubles, de la participation du foie et de la susceptibilité du système nerveux. Quoiqu'il en soit l'existence d'un terrain névropathique 1mplique pour le médecin la nécessité, d’abord de fixer bien exactement l’état antérieur de son malade, puis de corroborer par un traitement s'adressant au système nerveux l'amélioration primitive due à la thérapeutique gastrique proprement dite. À

Toutes les théories pathogéniques ont leurs défenseurs et leurs raisons d’être. Tel trouble psychique peut en effet

être attribué à une auto-intoxication manifeste à point de

départ gastrique, intestinal ou hépathique ; tel autre à un phénomène réflexe, dont on retrouvera la génèse et qui sera d'accord avec l'invasion brusque, la marche même et la guérion de la maladie. La théorie éclectique, qui compte actuellement de nombreux partisans, et qui essaie de concilier les phénomènes toxiques avec les phénomènes réflexes, paraît la plus acceptable.

Quoi qu'il en soit des théories, aucune d'elles n’explique suffisamment la génèse des psychoses digestives et ne démontre leur origine réelle, et cependant on voit nombre de névropathies associées à des états gastriques, guérir par le traitement de ces derniers, l'amélioration des symptômes nerveux suivre presque immédiatement le mieux-être des fonctions stomacales et inversement. la réapparition presque immédiate de ja névropathie avec le retour de la dyspepsie. Les indications fournies par l'étude des troubles des échanges organiques, leur com-

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