Le rein est ectopié 1 On peut palper tout le
mais on peut le ré- / rein qui est derrière la intégrer dans sa \ paroi antérieure de j rabdomen (4? de Glé- I nard) ou s’en laisse facilement rapprocher.
1 de GlénardJ . II' degré
B. Le rein est ectopié et fixé dans son ectopie.
M. Ewald accepte donc la mobilité respiratoire comme caractère essentiel de classification ; il accepte aussi le rein mobile de l’hypochondre, celui dont on ne peut pas même atteindre les deux tiers. Nous avons vu plus haut d’ailleurs qu’il considérait la mobilité respiratoire, à la palpation, comme trahissant toujours un rein anormalement fixé ; mais pourquoi, si un rein mobile, dont on atteint le tiers ou la moitié inférieure seulement, est déjà un rein anormalement abaissé, pourquoi ne compter le 1®’’ degré d’abaissement qu’à partir du rein dont on peut atteindre les 2/3 ? Pourquoi, puisque la mobilité respiratoire est le caractère fondamental du rein mobile, ne pas distinguer le rein qui s’abaisse naturellement pendant l’inspiration, de celui qui, parce qu’il était trop bas, doit être remonté sous l’hypochondre pour que l’on puisse constater la mobilité respiratoire ? Pourquoi faire intervenir, pour distinguer entre elles des variétés, des caractères qui sont communs à toutes les variétés de rein mobile, tels que celui de pouvoir être réintégré dans sa loge, celui d’être ectopié ?
Je me permets de critiquer cette classification, parce qu’elle est artificielle, que les caractères n’en sont pas nettement subordonnés suivant leur hiérarchie et que des caractères fort
A. Le rein est déplacé par la respiration.
SIGNES OBJECTIFS
importants sont passés sous silence, tels que l’accessibilité du sillon au-dessus du rein, l’accessibilité avec ou sans mouvement d’inspiration.
M. Ewald s’exprime ainsi (1) sur le procédé néphroleptique, après en avoir donné un exposé fort exact : « Glénard, dit-il, suivant la méthode des Français qui aiment à tout représenter en actes isolés, séparés d’une façon purement schématique, distingue, dans la palpation néphroleptique, le moment de 1’ « affût », (c’est, autant que je sache, une expression, empruntée aux termes de chasse, qui signifie : être en arrêt), puis la capture et enfin l’échappement. » (2).
Et il ajoute : « Le procédé de Glénard ne diffère pas de celui que nous employons aussi, mais auquel et pour de bonnes raisons nous recourons fort peu... »
Il est fâcheux que M. Ewald ne nous fasse pas savoir quelles sont ces raisons ; où ce procédé se trouve décrit ; pourquoi, s’il était connu, on a attendu ma description pour admettre la mobilité respiratoire du rein et l’existence de reins mobiles dont on ne sent que les 3/4 ou la moitié, ou même seulement le 1 /4 inférieur, pour admettre enfin la fréquence aujourd’hui si grande du rein mobile, relativement à celle qu’on lui attribuait. Cette fréquence, M. Ewald en confirme lui-même l’exactitude, prouve bien que le savant professeur de Berlin a eu recours, en partie seulement, au procédé néphroleptique.
Il y a lieu de croire en effet qu’il y a là quelque confusion, et que si M. Ewald voulait bien expérimenter mon procédé avec autant de rigueur qu’il en reproduit la description, non seulement il trouverait mauvaises et non bonnes les raisons de ne pas l’employer, mais il reconnaîtrait que les temps de la pal-
(1) Ewald. — Loc. cit. et tirage à part p. 6.
(2) Dans le cours de l’importante discussion sur l’Entéroptose, soulevée à la Société de médecine de Berlin par sa communication, M. Ewald revenant sur la question du rein mobile, lait grâce au terme «échappement » en disant, du ressaut brusque du rein mobile qui fuit des doigts : « ce que le Français désigne d’une façon tout à fait excellente (Ganz Treffend) sous le nom d’ « échappement ». Ewald, loc. cit.
PALPATION DU REIN
patioD néphrolep tique, loin d’être schématiques, sont d’une exquise netteté, et il serait heureux d’en utiliser les indications pour classer les variétés du rein mobile. Alors, au lieu de dire que mon IP et mon IV® degrés n’en font qu’un, puisque dans les deux cas on touche le rein sur toute sa hauteur, il m’approuverait d’avoir séparé le rein qui est tout entier caché dans l’hypochondre, qu’on ne peut atteindre que pendant une inspiration et au-dessus duquel on ne sent pas de sillon de séparation du foie (//® degré de Glénard), de celui qui gît dans le flanc ou la fosse iliaque, et qu’une main se promenant sur le ventre suffit à faire rencontrer, reconnaître et palper en entier, même pendant l’expiration (/F® degré de Glénard).
Enfin et surtout, il séparerait d’une façon moins tranchée le rein dont on ne sent que le 1/3 ou la 1/2 inférieure, et qu’il admettrait comme I®'" degré, du rein dont on senties 3/4 et à partir duquel commence seulement pour M. Ewald, le !“■ degré de dislocation; car on rencontre toutes les étapes de transition qui prouvent que le « Processus de Ptose » est exclusif et qu’il est graduel.
Dans les classifications suivantes, nous voyons peu à peu s’affirmer celte notion d’un <{ processus de ptose » .
Déjà Küttner (1), élève d’Ewald, écrit :
« Si l’on veut se représenter les différents stades par « lesquels le rein se montre accessible à l’exploration bima- « nuelle, il est utile de distinguer quatre formes principales. »
Ailleurs il dit : « La différence entre les variétés de rein mobile est seulement graduelle... Gomme nous rencontrons' très fréquemment la mobilité et la dislocation du rein mobile seulement à un degré' modéré, et que nous avons rarement l’occasion de constater un rein mobile tout à fait pur, il en résulte le besoin de distinguer différents degrés dans
(1) Kuttner. — Loc. cit.
la mobilité de cet organe ». Voici la classification de Küttner :
Classification de Küttner (1890)
CARACTÈRES TIRÉS DE LA MOBILITÉ RESPIRATOIRE ET DE l’eCTOPIE
Ia. Sans dislocation essentielle (l'' degré de Glénard) . I" degré
/Du l" degré. On peut atteindre, retenir, 1/3,
1/2, 2/3, du rein (2' degré de Glénard).. II' degré
I J \Du2“degré.0npeut palper
Le rein ( 1 6. Avec dis- j le rein dans toute son
location. S étendue, il est situé près j de la paroi antérieure I de l’abdomen (4' degré I de Glénard) ou s’en laisse facilement rap- 1 procher /3' degré de
\ Glénard) . III 'degré
^B. Est fixé dans sa dislocation . . . . . IV' degré
Küttner, qui d’ailleurs accepte que tout rein dont on sent la mobilité par la palpation est un rein anormal, se rapproche donc de ma classification : 1° d’abord en adoptant l’uniformité du processus, puis 2° en admettant comme l®"" degré le rein dont on ne sent pas même le 1/3 inférieur (puisque son 2® degré (1®” de dislocation) est compté à partir du rein dont on sent le 1/3 inférieur) ; 3° en adoptant la « capture » comme signe distinctif du II® degré par rapport au I®'' degré.
Voici maintenant la classification de Hilbert (1), qui franchit un pas de plus vers la mienne :
(1) Hilbebt. — Deutsches archiv. Klin, méd., mai 1892.
PALPATION DU REIN
Classification de Hilbert (1892)