‹ Les ptoses viscéralesChapitre 55 sur 103 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° L’application systématique d’un procédé nouveau de palpation, le « procédé néphrolep tique,» à l’exploration de l’hypocliondre, permet de déceler un rein mobile nouveau, le «rein mobile de l’hypochondre », dont les signes et symptômes apparents diffèrent radicalement de ceux du rein mobile classique, du « rein mobile du flanc » .

2° La fréquence de la mobilité du rein, qui jusqu’ici était estimé à 1 p. 100 et chez les femmes seulement, se trouve portée, par l’adjonction du nouveau rein mobile, à 22 p. 100 chez les femmes, à 3 p. 100 chez les hommes.

3“ La mobilitésdu rein se rencontre, avec cette fréquence, dans un groupe de maladies où on ne la cherchait pas, dans les mi ^-’dies de la nutrition, et presque exclusivement, parmi ces maiauies, dans les dyspepsies, les névropathies et la lithiase biliaire.

4° Le rein mobile, et, contrairement à la doctrine classique, le rein mobile du flanc lui-même, s’abaisse pendant le mouvement d’inspiration, remonte pendant le mouvement d’expiration ; la respiration mobilise le rein, à la condition que le rein soit dans la zône d’influence du diaphragme, ou qu’il y soit placé s’il n’y est pas, à condition surtout que l’on fasse donner aux mouvements respiratoires leur maximum d’amplitude.

5° On ne peut pas atteindre le rein à l’état normal. Tout rein dont on peut constater, par la palpation, l’abaissement sous l’influence d’un mouvement d’inspiration, quelque minime que soit l’étendue de cet abaissement, est un « rein mobile », c’est-à-dire un rein dont les moyens de fixation sont insuffisants.

(1) Les conclusions qui suivent présentent, au point de vue de l’histoire du rein mobile, un intérêt tout particulier dans le fait qu’elles ont été proposées par leur auteur dès 1886.

PALPATION DU REIN

6° Grâce à la notion nouvelle dé la mobilité respiratoire du rein et à l’application de cette mobilité, — substituée aujourd’hui par la plupart des auteurs à la mobilité manuelle, seule en usage auparavant — , au diagnostic du rein mobile, il est admis maintenant qu’il y a plusieurs variétés de mobilité du rein et que ces variétés ne sont autre chose que les degrés d’un processus unique, le processus de néphroptose, commun au rein mobile classique, le « rein mobile du flanc », et au rein mobile nouveau, le « rein mobile de l’bypochondre » .

7° Les degrés, de néphroptose, si distincts cliniquement, sont également distincts au point de vue anatomique, par une modalité, spéciale à chaque degré, des moyens de fixation du rein.

8° Le rein mobile est indolent ^ la pression (1) à moins qu’il ne soit malade en même temps qu’il est mobile.

9° Le « procédé néphroleptique » qui a pour but de « s^^ir au piège » le rein, lorsqu’il est mobile, par la fouille u^diodique du flanc et de l’hypochondre, pendant que le malade fait un mouvement de profonde inspiration, consiste à régler la trajectoire du rein mobile en combinant, pour diriger le rein, les forces que l’on peut faire agir sur lui (mouvement d’inspiration, redressement du plan postérieur, réaction des moyens de fixation). L’intervention des deux mains et d’un des polices (suivant le côté examiné) est nécessaire.

10° Il faut penser au rein mobile pour le chercher, pour le trouver. C’est seulement avec le procédé nephroleptique qu’on peut»être sûr de trouver le rein quand il existe, qu’on peut être sûr qu’il n’existe pas, quand on le trouve pas.

11° Le c< procédé néphroleptique », par les caractères spécifiques qu’il fournit, soit au diagnostic direct, soit au diagnostic différentiel, réduit à un minimum insignifiant les erreurs d’interprétation, jusqu’à ce jour innombrables, auxquelles donnait lieu le diagnostic des tumeurs mobiles de l’abdomen. Il supprime les erreurs par omission.

12° Le rein mobile présente le triple caractère d’être uni organe ectopié, mobilisé et ptosé ! L’abstraclion du caractère de ptose, au lieu de ceux d’ectopie ou de mobilité, seuls envisagés jusqu’ici, ouvre à la pathologie générale un domaine nouveau, celui de la splanchnoptose, dont la néphroptose n’est plus qu’un épisode accessoire et contingent.

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