‹ Les ptoses viscéralesChapitre 73 sur 103 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

80 cas

i Amaigrissement .

< Sténose du côlon transverse... .

35 p^lOO

1 Splénoptose .

[ Troubles intestinaux ....

8ipn00

y id. gastriques .

1 id. du sommeil.. . .

Op'lOO

42pn00

J Troubles hépatiques subjectifs.

40 p^OO

1 Faiblesse .

t Nervosisme .

33pn00

Tous ces malades sont donc bien de la même famille.

SIGNES OBJECTIFS

Ce n’est pas que depuis longtemps les observateurs n’aient été frappés, en dépit des dénominations si différentes qu’ils imposèrent à ces maladies, des traits de ressemblance quelles présentaient par leur étiologie, leur histoire pathologique, leurs indications thérapeutiques, il a bien fallu trouver une cause à ces analogies, en fournir une explication, leur découvrir un substratum commun et c’est ainsi qu’a été abstraite la notion d’une disposition morbide originelle commune à tous ces malades. Pour désigner cette disposition morbide ou « diathèse », ils choisirent celle de ses manifestations qu’ils considéraient comme la plus fréquente, la détermination articulaire, et imposèrent à la diathèse le nom d’ « arthritisme». C’était une constatation qu’on pouvait prendre pour ce quelle valait, ce n’était pas une explication. L’explication, on l’a trouvée plus tard dans une insuffisance des combustions organiques, une nutrition retardante, ce qu’on a appelé la « bradytrophie ». Gomme la cause de cette bradytrophie restait inconnue, on l’a déclarée originelle. Telle est la doctrine actuelle.

Ainsi donc les manifestations très diverses par lesquelles se traduit la maladie dans nos 42 cas d’hépatonéphroptose de la 3® variété (bord du foie rectiligne), auraient pour cause commune une même disposition de, tous' ces organismes aux déterminations articulaires {arthritisme), la cause et en même temps la preuve de cette disposition permanente résiderait dans un ralentissement de la nutrition (bradytrophie), le ralentissement de la nutrition serait inné, et par conséquent héréditaire.

, Ne voit-on pas de suite quels sont les points faibles d’une pareille interprétation ? une fois admise la nécessité d’une disposition, d’une diathèse communes, ne voit-on pas que le choix de celui des caractères qui est le plus propre à la personnifier, et qui est ici Taptitude aux déterminations articulaires, dépend de la rigueur avec laquelle tous ses caractères ont été inventoriés et pesés ? Une fois reconnue l’insuffisance des combustions organiques, ne voit-on pas que

PALPATION DU FOIE

le choix de la cause, capable de provoquer et de maintenir cette insuffisance des combustions, dépend à son tour de la rigueur avec laquelle sont analysées les causes susceptibles de créer un mouvement vicieux et définitif des humeurs ? Dire qu’un organisme est en puissance de diathèse parce que cette diathèse est innée, c’est répondre par la question, c’est reporter aux ascendants l’inconnue du même problème.

Pourtant notre génération s’endort avec tant de quiétude sur cette notion d’arthritisme, qu’il y a lieu d’en rechercher les causes. J’en puis découvrir trois : premièrement, c’est que cette notion d’arthritisme consacra une acquisition dont la pathologie a droit d’être fière, celle de la notion de diathèse ; en second lieu, on ne sait quel caractère placer, pour désigner cette diathèse, au-dessus de celui tiré de l’aptitude aux déterminations articulaires (l’aptitude aux manifestations herpétiques, celle aux localisations congestives, ayant en vain tenté de s’y substituer) ; en troisième lieu, on ne veut concevoir, ni l’action directe d’une cause cosmique sur le mouvement nutritif, ni la répercussion, sur le mouvement nutritif, du trouble fonctionnel d’un organe donné, ni, quand même il en serait ainsi, la possibilité pour cet organe de retentir directement à une cause cosmique et de conserver définitivement, pour créer un mouvement nutritif définitivement vicieux, l’empreinte morbide tracée par une cause cosmique passagère.

Or, ces diverses conceptions, auxquelles se refuse la • pathologie générale actuelle, sont précisément celles que proclame, comme l’expression de la réahté, la doctrine que j’ai proposée et que je défends ici, la doctrine de l’hépatisme.

C’est bien un mouvement nutritif vicieux qui trahit la diathèse, mais c’est un trouble fonctionnel du foie qui a causé et qui entretient ce mouvement nutritif vicieux, et ce sont lés causes cosmiques qui ont déterminé ce trouble fonctionnel du foie.

J’ai à maintes reprises énuméré les arguments sur lesquels se fondait la doctrine de l’hépatisme, je n’y reviendrai

SIGNES OBJECTIFS

ici que pour montrer quelle clarté apporte cette doctrine et quelle force elle puise dans l’interprétation pathogénique de nos observations d’hépatonéphroptose de la 3® variété.

A celui qui protesterait, je répondrai -combien il était mal documenté puisque, chez aucun de ces malades il n’avait constaté, ni la ptose du foie, ni celle du rein, puisqu’il ne savait pas, avant que nous l’eussions démontré, qu’une maladie avérée du foie peut se présenter sous le masque d’une affection gastro-intestinale ou d’une simple névropathie, ou, comme nous l’avons vu, sous celui de la goutte, de la gravelle, de la migraine ou d’une affection utérine ; enfin et surtout, parce que n’ayant pas « pesé » les caractères, il n’a attaché aucune importance à ceux fondamentaux tirés de l’état des fonctions digestives, des fonctions intestinales, du sommeil, des forces, des variations de poids du corps, etc., tous symptômes que leur « poids » dans la balance séméiologique nous a obligés à mettre en première ligne.

A celui qui, poussé à bout, dira que le trouble fonctionnel du foie est une conséquence de l’altération des humeurs ou des localisations coexistantes, je dirai d’étudier avec soin la chronologie des symptômes, la succession des signes, de chercher laquelle de sa doctrine bu de la mienne donne les plus précieux enseignements pour l’enquête étiologique, les indications prophylactiques ou thérapeutiques, la classification nosologique.

Mais alors, et c’est là le fait remarquable, puisqu’il s’agit toujours de malades groupés ensemble par le seul fait que tous ont de l’hépatonéphroplose, alors que dans les deux, premières variétés tous les syndrômes étaient concordants pour affirmer la prépondérance pathogénique du caractère de « ptose », dans la 3® variété c’^est le caractère plus général de trouble fonctionnel du foie qui règle la symptomatologie.. Non seulement nous trouvons d’autres espèces morbides que l’Entéroptose, mais encore nous rencontrons de ces états intercalaires où il n’est plus possible de déterminer la maladie, .

PALPATION DU FOIE

sinon par des symptômes insignifiants ou, même moins, par le simple énoncé de l’état diathésique — et toujours c’est l’hépatisme.

N’est-ce pas une preuve que l’état du foie domine la pathogénie dans l’hépatonéphroptose, que la ptose du rein ne joue qu’un rôle insignifiant ? N’est-ce pas une preuve que le nouveau type de ptose du foie que nous décrivons a une valeur séméiologique importante? Cette valeur séméiologique n’est-elle pas encore accrue de ce fait que le syndrôme, dont nous avons vu l’aspect varier dans ses traits superficiels, suivant que le lobe pendant des deux premières variétés présente une arête accessible sur ses deux côtés (l'"® variété) ou seulement sur son côté interne (2® variété), suivant que le foie est indolent ou sensible à la pression, varie maintenant dans quelques-uns de ses traits fondamentaux , en même temps qu’à la place de la ligne brisée de son bord inférieur on trouve, comme dans la 3® variété, une ligne droite, et devient surtout un syndrôme hépatique au lieu d’être surtout un syndrôme ptosique.

L'analyse des 42 obsenations d' hépatonéphroptose de la 3® variété confirme la valeur séméiologique, — déjà affirmée par l'analyse des 26 observations de la 1'’® variété et des 12 observations de la seconde — , de la ptose du foie, quelle que soit sa forme, c'est-à-dire du foie souple, accessible à la palpation {type nouveau).

La ptose du foie est signe d'hépatisme, la forme de ptose est signe d'espèce dans l'hépatisme. La ptose de la 1"® et de la 2® variétés est signe pathognomonique d' Entéroptose, celle de la 3® variété, sans être . exclusive de ï Enléroptose, peut traduire d’autres espèces de l'hépatisme telles que la goutte, le rhumatisme chronique, la lithiase urique, la migraine, etc., etc.

Ces affirmations que je n’eusse pas osé formuler, si chacun n’en pouvait vérifier la légitimité par la lecture des quatre-

SIGNES OBJECTIFS

vingts observations dont je viens de donner le résumé, concordent à merveille avec mes conclusions antérieures.

Dans une étude sur le « processus d’évolution hépatique da,ns le diabète », c’est-à-dire dans une des maladies chroniques où le foie présente les aspects objectifs les plus variés, je concluai :

« Tout foie {les foies souples comme les foies indurés), perçu par la palpation chez le vivant, est un foie anormal ».

« Le foie des diabétiques est le siège d’un processus évolutif constant et les variétés objectives (les foies souples comme les foies indurés) observées chez les diabétiques ne sont que les phases de ce processus ».

c< L’objectivité du ressaut (e?^ particulier dans les foies souples, accessibles par le seul procédé du pouce, c’est-à-dire ptosés) est le stigmate, le relief d’une affection hypertrophique ancienne du foie et implique une susceptibilité, une vulnérabilité anormales de cet organe {ce qui est le caractère fondamental de V hépatisme) ». (1)

Dans une étude sur les injections aqueuses du foie, je montrai l’appui donné par l’anatomie expérimentale à cette formule :

« La perturbation objective du foie varie du reste avec les. divers syndrômes : ce sont les formes..., les formes stigmatiques de déformation, d’abaissement ou de ressaut {types de foies souples) dans les phases intercalaires aux maladies diathésiques (maladies de Vhépatisme) ou dans leurs périodes d’accalmie ». (2)

Enfin, dans le chapitre que j’ai consacré à la théorie du

(1) F. Glénaed. Des rêsultais objectifs de l' exploration du foie chez les diabétiques. Communie, à l’Acad. Méd. 21 avril 1890. Lyon Médical 20 avril 1890 et tirage à part: Paris, Masson, 1890. 72 pages avec 342 diagrammes lithographiés de foies et 8 tableaux synoptiques .

(2) F. Glénaed. 1895. Rev. Mal. Nutr. et Lyon Médical.

PALPATION DU FOIE

foie mobile et où je montre que le foie mobile est nécessairement un foie en même temps abaissé et déformé, j’écrivais :

« Dans un grand nombre de cas de déformation ou de mobilité (ptose du foie), c’est une maladie actuelle ou antécédente du foie qui ajoute sa cause de perturbation aux changements de situation et de forme du bord de cet organe, attribués à tort au seul défaut de soutien, avec ou sans constriction du corset ». (1)

L’analyse des quatre-vingts observations d’hépatonéphroptose est l’absolue confirmation de ces aphorismes. Et nous sommes autorisés à dresser, comme nous l’avons fait pour les 26 cas de l’hépatonéphroptose de la 1"'® variété, et afin de les comparer avec notre premier tableau, les tableaux suivants qui synthétisent, sous forine d’une nouvelle classification nosologique, les enseignements fournis par l’analyse des 12 observations d’hépatanéphroptose de la 2® variété et des 42 de la 3® variété.

(1) F. Glénaed. 1897. Ree. Mal. Nutr.

SIGNES OBJECTIFS

Classification nosologique de 12 cas de « Maladies de la nutrMon » avec liépatonéphroptose de la 2° variété

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