AU NOUVELLISTE DE VERSAILLES. 26 OCTOBRE
Placard dont le recto seul est imprimé ; imp. Cusset.' — C'est la réponse d'un sieur D*** à la fameuse lettre du ministre des Etat-Unis J. Bancroft à Bismark; lettre dans laquelle ledit Bancroft se félicitait de sa longévité, puisqu'il lui devait le grand bonheur de voir trois ou quatre hommes aimant la paix par-dessus tout, recueillir dans une guerre défensive plus de gloire militaire que l'imagination la plus hardie n'aurait pu se le figurer.
276. — Oraison funèbre à la mémoire des gardes nationaux morts pour la République. MONUMENT COMMÉMORATIF ÉLEVÉ A LEUR GLOIRE, PLACE VENDOME, EN REMPLACEMENT DE LA
COLONNE. 2 p. in-fol., avec filets noirs; imp. G Masquin.
« Eh bien! nous aussi, nous avons nos'fétes: quand un de nos compagnons, après avoir embrassé une dernière fois sa femme et ses enfants, marche en avant, bravant la mitraille avec courage, et, victime de son patriotisme, tombe frappé par les balles versaillaises, nous relevons son cadavre avec respect nous suivons sa bière couverte d'un drap noir; nous venons au bord de la fosse, nous nous mettons à genoux devant le tombeau, nous nous penchons ve-s notre Irére enseveh, et nous lui disons : Ami, nous te félicitons d'avoir été intrépide et courageux, nous te félicitons d'avoir donné à ta foi républicaine jusqu'au dernier souffle de ta bouche, jusqu'au dernier battement de ton cœur, nous te féhcitons d'avoir souffert, nous te félicitons d'être mort! Puis nous
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relevons la tête, nous étendons nos mains sur sa fosse en jurant de le venger et nous nous en allons le cœur plein d'une sombre joie.
Ce sont là nos fêtes, à nous!... «
Puis venant à son projet de monument commemoratif, le citoyen F. Deschamps espère que tout le monde s'associera à son idée, et que la Commune, daignant l'approuver, votera l'exécution de ce projet qui perpétuera le souvenir des braves dont le sang a coulé pour la liberté.
077 Organisation de la vraie République. 2 p. petit in-fol.; imp. Berthélemy. — Première mesure. Garanties à exiger de toute personne voulant obtenir un emploi public ou remplir une fonction élective. — Les dossiers sociaux. — Le livre d'or du bien..., par le promoteur Gallus, docteur A. de Bonnart.
078 — Organisation des communes de France. 2 p. petit in-fol.; imp. Noizette. - M. Jamet, fondateur du Flambeau républicain (voir le n° 2 56), après avoir opposé aux séniles elucubrntions de l'Assemblée de Versailles son projet d'organisation de la Commune en France, mvite les bons citoyens à lui présenter leurs observations ; en attendant, il prévient le citoyen Charles Petit, adjoint à la municipalité d'Asnières, qu il vient de publier sous un titre à surprise : la Commune devoilée, étiquette qui ne répond aucunement au contenu du.sac, un plan d'organisation communale, que lui, A. Jamet, réfutera dans son procnam numéro du Flambeau républicain,- le trouvant aussi
vicieux dans le principe que dans les applications.
279. — Organisation militaire de la France. 18 mars i 871. 8 p. in-8; imp. P. Dupont. — Projet de loi proposé par Frédéric-Armand Macquin père, négociant à Montereau et émigré de Seine-et-Marne.
280. — Otto Edouard von Bismark Schœnhausen. 8 p. in-8 : imp. Voitelain. — Signé Ferragus.
C'est la biographie de M. de Bismark, extraite de la publication intitulée : Nos contemporains, par M. Louis Ulbach.
Elle débute ainsi : « Bismark aura peut-être rendu plus de services à la France qu'à l'Allemagne. 11 a travaillé à une fausse unité de son pays, mais il a travaillé efficacement à la régénération du nôtre. Il nous a délivré de l'empire. Il nous a rendu l'énergie, la haine de l'étranger, l'amour du sol natal, le mépris de la vie, le sentiment du sacrifice, toutes les vertus que Bonaparte avait empoisonnées en nous. Salut donc à cet ennemi farouche qui nous sauve en voulant nous perdre! »
On voit bien que M Ulbach est heureux, mais, la main sur son gros cœur, voyons, n'y a-t-ii pas là un peu trop d'optimisme?
281. — Paix aux morts! souvenir des journées DE MAI 1871. Placard avec filets noirs, le recto seul est imprimé; imp. E, Blot. — Ce placard est agrémenté de têtes de morts et de couronnes d'im-
mortelles sur lesquelles sont écrits ces mots : Aux victimes de la guerre civile!
Il fallait avoir perdu la tête ou avoir bien envie de la perdre, pour publier, au lendemain des journées de Mai, des phrases comme celles-ci : « Respect à ceux qui, pour soutenir une opinion vraie ou fausse, n'ont pas hésité à sacrifier leur vie. Parmi les nombreuses victimes de la Révolution de Mai, il en est beaucoup qui, égarées par les discours mensongers de ceux que leur ambition personnelle poussait au crime, ont suivi leur drapeau, persuadés que c'était celui du Droit et de la Liberté. Ceux-là ont droit au respect des honnêtes gens de tous les partis : ce sont des martyrs de la Foi; et de quelque camp qu'ils furent, il faut se découvrir devant le corps de ces citoyens qui n'ont pas hésité à répandre leur sang pour ce que, à tort ou à raison, ils croyaient être la République. Parmi les gardes nationaux de Paris qui ont succombé vaillamment derrière les barricades, il n'y avait pas que des Vandales; etc. etc. »
Certainement.
282. — La Paix avec les Prussiens. Placard dont le recto seul est imprimé; imp. G. Masquin. — L'auteur de ce canard, P. J. Bertrand, qui, cette fois, fait suivre son nom de cette qualification : ancien élève de l'Ecole normale^ breveté^ pense qu'on doit être fatigué, rassasié du désir de mourir pour la patrie. Il préférerait vivre pour la patrie., et croit que si tous les jeunes Parisiens ne sont pas de son avis, il lui reste du moins un grand nombre de pères de famille, d'hommes aimant l'humanité,
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d'hommes qui tiennent à la vie tant qu'il ne plaira pas à la Providence de la leur enlever.
Et là-dessus P. J. Bertrand part... pour Bicêtre ou Charenton!
2 83. — La Paix en 24 heures dictée par
Paris à Versailles. 2 p. in-tol.; imp. Dubuisson. — Ceci est un longfactum signé Victor Considérant. Ecrite avant l'attaque des Versaillais, cette lettre — car à cette époque c'était une lettre — était destinée au Temps, « journal froid, constitutionnellement sage, en garde sur l'équilibre, l'œil au balancier, anxieux de ne pencher ni à droite ni à gauche, ni en avant ni en arrière ». Aujourd'hui, la lettre s est allongée, allongée, quinze cents lignes au moins, et M. Considérant, n'ayant pas tenu son engagement de « froideur » , ne peut plus la donner au Temps.
M. Schérer en eût été malade.
11 m'est impossible d'analyser en quelques lignes, encore moins de résumer ce travail, et des extraits seraient insuffisants; M. Considérant est un peu prolixe! On se rappelle qu'après les Journées de Juin, il demanda à l'Assemblée de vouloir bien lui accorder cinq séances de nuit pour lui faire connaître son plan de régénération sociale. En tous cas, M. Considérant est trop connu pour qu'on ne soit pas sûr de rencontrer dans cette Adresse au peuple français des aperçus utiles et judicieux exposés avec talent, en même temps que des rêveries reposant trop sur des données attrayantes et passionnelles dont n'a jamais pu se défaire le plus raisonnable desfourriéristes.
Somme toute, la paix en vingt-quatre heures
devait se faire, d'après lui, par une manifestation de l'opinion publique de Paris, une sorte de plébiscite.
En attendant « Paris, — au nom de la libre Amérique qui t'a montré la voie et qui, ici, ne démentira pas un fils adoptif, — je te salue, Paris, sal-
VATOR ORBIS ! «
284. — Papiers et correspondance de la famille impériale. In-8 ; imp. Balitout. —J'ai cru devoir faire entrer dans les Publications de la rue cette édition populaire de la publication officielle des papiers trouvés aux Tuileries; elle se débitait sur la voie publique par livraisons de huit pages.
Il y eut encore une autre édition qui prit ce titre': Le Linge sale de l'Empire. Papiers et correspondances de la Famille impériale, accompagnés de notes et d'éclaircissements.