Le Peuple à la garde nationale
Placard; imp. Joslain. — 5 couplets signés E. R.
305. — Le Peuple au peuple. Placard dont le recto seul est imprimé; typ. A Parent. — Ce travail a été écrit en juin 1 852, au bagne de Dellys, en Algérie ; il est signé : Théodore six, ouvrier tapissier ; combattant de Saint-Merry en i832; combattant de Février 1848; délégué du peuple au Comité démocratique-socialiste en 1848, 4g, 5o; transporté politique en i85i, 52, 53; détenu politique en 1862.
C'est une sorte depoëme lugubre, sombre et sanglant, poëme en prose avec vision, rêve, invocation...; quelques passages ne manquent pas d'une certaine grandeur :
i3. — J'ai dit : l'air de ma mansarde m'étouffe, je veux respirer.
I j^, J'ai dit : les liommes sont égaux. i5.J'ai dit : République universelle! !
i6. — Alors :
17 —Ils m'ont saisi, ils m'ont enfermé dans de noirs cachots, ils m'ont laissé pendant de longues semaines couché sur la paille infecte, et puis, une nuit ils mont enchaîné, ils m'ont emmené dans un entrepont de vaisseau, rempli de vermme, cote à côte avec les enfants du crime, les forçats de leur société- après, ils m'ont emmené bien loin, bien loin de mon pays, de la terre où j étais né, où vivaient ma femme et mes petits entants; bien loin, dans le pays où le soleil brûle, où la terre brûle, ou l'air brûle l'âme du prisonnier; puis ils ont mis dans mes mains une pioche, moi qui travaillais le diamant. Ils m'ont dit en ricanant :
j 8. — Forçat, tu veux le droit au travail, travaille. ,
ig.__ Forçat, l'air de ta mansarde t etoutie,
respire.
1. Or, j'ai publié ceci pour que celui qui veut savoir, sache.
2. J'ai publié ceci dans les douleurs de 1 esclavage, après vingt années d'iniquités et d'injustices.
3. __ J'ai publié ceci pour pouvoir dire : A tous par tous, peuple, médite et souviens-toi :
« Que tu es force et nombre, mais que tant que tu seras force et nombre sans idée, tu ne seras qu'une béte de somme. »
4. J'ai publié ceci pour te dire, peuple! que ton émancipation réside dans ta solidarité; pour te
dire que l'heure la plus sombre est celle qui précède l'aurore !
Etc.
3o6. — Les Peuples seront souverains et frères avec la République socialiste.
Placard dont le recto seul est imprimé; imp. A. Vallée. — Pièce de vers, signée Poirson père, ancien officier au i" corps franc de la Lorraine^ Campagne de France.
Eh bien là, vraiment, si Poirson père ou le père Poirson, comme vous voudrez, me croyait, il renoncerait à tout jamais à la poésie: — la rime surtout ne lui réussit pas.
Cependant, je ne dis pas qu'il n'a ni rime, ni raison :
Si les peuples, un jour, finissaient par s'entendre, Ils pourraient sans soldats s'aider à se défendre; Plus ne serait besoin de ces vieux sénateurs Si grassement payés de leurs minces labeurs. L'on ferait travailler les moines et les nonnes Et de leurs biens vendus l'on ferait des aumônes.
Etc.
?07. —Le Plan Eading'. Placard; imp. Vert. — Rondeau -parodie par E. Mathieu.
3 08. — Plan de bataille adressé a trochu le 2 JANVIER 1871. 2 p. in-toL; imp. Voitelain. Le verso de ce feuillet a pour titre : Le Siège de
Paris. DE SEDAN A MONTRETOUT OU LES HOMMES DE LA DÉFENSE NATIONALE JUGÉS PAR LES DOCUMENTS OFFICIELS. HISTOIRE MILITAIRE ET POLITIQUE RACONTÉE