Le Testament de Victor Bouton
27 SEPTEMBRE 1870. 8 p. in-4. Pièce autographiée. — Cette pièce fort curieuse roule tout entière sur^ pour et contre la police. Le sieur Bouton, qui appelle l'Internationale la fleur du prolétariat et qui avait accepté de M. Delangle (celui-ci n'étant pas sûr de ce qui l'entourait) de surveiller la police et de lui dire la vérité, raconte tout ce qu'il a fait en faveur des républicains, et il termine en disant qu'il est constamment resté révolutionnaire et qu'il s'est conduit comme un vieux conventionnel.
répétant ces paroles : Périsse ma mémoire pourvu que mon pays soit sauvé.
A la fin de son testament, le sieur Bouton conseille au Gouvernement de la Défense nationale de tenir la police dans son ensemble comme dans ses détails, pour briser les mauvais vouloirs, depuis le marchand de beurre ou de pommes de terre qui donne la faim^ jusqu'au marchand d*or qui donne la soif, « Gardez la ruse qui est une force. N'abandonnez pas, même dans l'avenir, à une assemblée quelconque, une force qu'elle ne saurait pas manœuvrer. »
Ce testament renferme aussi une pièce signée Joiron^ pièce intéressante pour l'histoire du com plot de l'Hippodrome et de TOpéra-Comique.
Quant au sieur Bouton, il est trop connu... pour que nous ayons quelque chose à en dire.
411.— Thiers, général en chef des ar • mées de Versailles. Placard avec dessin, le recto seul est imprimé; typ. Rouge. — Le dessin est signé A. Doteul.
Nous allons démontrer, de façon péremptoire,
A ce bon peuple de Paris Ce quMI en coûte aux gens de faire de Phistoire^
Et dans quelle impasse il est pris.
Il a sur le papier — gagné tant de batailles,
Échelonné tant de soldats, Et fait, sous son niveau, défiler tant de tailles,
Qu'un jour il s*est dit : — « Pourquoi pas t »
Etc.
C'est moins mauvais que ce que nous sommes contraints d'enregistrer à chaque instant.
4t2. — Là fràhlBdii et léË» t)rbjeii3 infâmes du grand Congrès éti^6]déeti. 8 p;
in-8 ; îîth. Capitaine. — Poésie, par uH dérûocratè.
4î3. — Lé Ttaltè dëpâlx. 4 p. ih-8; itrip.
Wâlder. — Pièce de Vers signée Urbain Babailfaàlid. C'est le monologue du roiGuillaUitie^ le soir dilJôUr oti il fut proclamé empereur d'Alletnagtie.
Ëâbdilrialid est bdilapattiste, Bàbondaild regrette son Ethpet-eur (Jui, dit-il, eût triplé les bàtàillbhs^ tandis que les radicaux, turbulents et brôUilloftSi trbuVàierlt quil y avait trop de soldats, trop de gardes mobiles... Et Ëabôhhâûd qui, ttlîeuit qiie personne, sait pour qui il écrit, pdùr dè§ boiiaj3dr* tistés intelligents et instruits cbitinie llii, fdt suivre
son petit poëirie de notes blêësâhtéé pOUi" tdut
autre lecteur :
Ëacchus, dieu du vin.
Mars, dieu de la guerre.
Piuton, dieu des enfers.
Bismark, ministre du roi Guillaume.
Albion, le plus ancien nom de la Grande- Bretagne.
Etc.
On n'est pas plus bonapartiste.
414. — Le Traité dô pai±. è ^. in-fol.; imp. V* Poitevin; — Peuple fràriçaisl je iie suis ni Français, ni Prussien, ni républicam, ni royaliste, ni israélite, ni protestant, je suis votre plus proche parent. Votre plufe proche voisin, •=- je descends delà race latihe...
C'est un Espagnol, disons- lé de suite, uii Espagnol tJUi dbéit aux commatidetneilts de Dieu plutôt qu'à la volonté des hommes, qui est prêt à toUt eiitendte et qUi ne ci-ai ht pas les foudres dé Satan : « Ma cuirasse est impénétrable, ye^w/^ abrité par le droit des gens, et je combats dans l'intérêt de l'humanité; » un Espagnol qui admire un libre- penseur parce qu*il â tés facultés de l'aigle comme celles dé V oiseau de nuit, il fixe le soleil et volt datis les ténèbres, enfin, un Espagnol étohnant.
Cet Espagnol tious accuse de rtiârcher sdh^ conviction, sans savbir où nous allons, de parler contré nos idées..., et de toujours rejeter les fautes cônimises sur le .Gouvernement, tandis que nous n'avons ni cbhsciéiice, ni volonté, ni dignité pour dire hautement et publiquement nos opinions, pour refusét- ce qtiè lidùs ne voulons pas et pour demander ce que nous voulohëi Cela lui vehait à l'esprit toutes les fois que le hasard le mettait en pirésence dès pailtotninlés qii*exécutait, pendant le siège, cette pâUVré gàtde nàtiohâlè, des pirouettes quë faisaient tous ces pantins, qUi àgissâietit sàhs cdtivietiori, marchaient par crainte bu par faiblesse, mais contre léufs débits...
tt De là je conclus que la majorité des homhies Sont indignés du nom qu'ils portent : ce àorit des lâches. »
Puis, cet Espagnol raconte qu'il à pratiqué avec nous les souffrances du siège, mais qu'il n*a pas cotnbâttu, comme nous, les àrnies à la niàirl. « Ce système odieux et barbare n'est pas le mien ; Dieu a bien voulu me faire grâce de la vie en me livrant aux lois qui ont paru petldant cette dernière guerre, par le seul fait que je suis né en Espagfae, fils dé
parents espagnols. .. » Oui, et il se serait formellement refusé à prendre les armes, dût cette conduite lui coûter la vie : « mieux vaut être victime de ses opinions et monter sur l'échafaud sans aucun remords, que d'être le bourreau et l'assassin de ses frères et se rendre criminel et complice des coupables. »
Là-dessus, cet Espagnol nous annonce un ouvrage sous le titre de : Le mal et le remède^ la souveraineté et la question militaire, etc.
Eh I mais, senor José Vila y Pons, avez- vous donc oublié ce proverbe de votre pays qui dit que Tâne perdit la vie pour s'être mêlé des affaires d'autrui.
Cuidados agenos matan al asno.
415. — Trochu (L.-J.), gouverneur de Paris, découvert et mis à nu. 8 p. in-8 ; imp. E. Voitelain, — Le découvert et mis à nu de cette brochure, signée Galtier, avait pour résultat d'attirer sur les malheureux aboyeurs chargés de la vente sur la voie publique les colères et les indignations des gardes nationaux de l'ordre...
Au fond, loin d'être dirigée contre Trochu, cette publication n'est qu'une apologie de la conduite de ce général breton, auquel les Prussiens doivent tant; elle se résunxe en ces lignes :
Pouvions-nous confier nos destinées à un homme plus habile? Non.
Pouvions-nous trouver un homme plus prudent?
Non,
Trochu capitulera-t-îl? Non.
Que fait Trochu? Il temporise. Que doit-il faire? Ce qu'il fait.
Et là-dessus, Tauteur s'emballe et croit bonnement aux déclarations de Trochu, à celle entre autres dans laquelle ce pieux breton disait que les Français lui faisaient aimer la cause qu'ils juraient tous de défendre et pour laquelle ils périraient tous, s'il le fallait : la République I
416. — Les Trois cortèges, auxmanesdes gardes' nationaux tués sous les feux du mont-vale- RiEN. Paris libre ou le peuple et l'armée. Placard dont le recto seul est imprimé; imp. E. Vert. — Ce sont deux chansons dues à la muse infatigable du citoyen Sénéchal, un pôëte populaire qui, sa guitare à la main, ne manquait jamais une occasion...
Ils s^en allaient chantant la Marseillaise, Honte aux partis de la servilité !
Ils sont tombés sous les balles françaises En s^écriant : Vive la liberté !
Nous avons eu malheureusement souvent à citer du même auteur de plus mauvais vers que ceux-là (voir, les n*'*4i, 67, i36, i52 et 419).
417. — Trois larrons prussienslll Placard dont le recto seul est imprimé; imp. E. Vert. — Chanson sur lair du Roi Dagobert; elle est signée Martial Tristan.
Si vous voulez, nous n'en citerons rien, ce sera autant de papier d'économisé.
418. *- Union. A mes amis de Belleyille, 1870. Paris captif. 4 p. à 2 col. in-4 ; imp.
Berthélemy. — Poésie, par M"' Céleste, comtesse de Chabrillan.
419. — L*Union républicaine. Placard avec dessin, le recto seul est imprimé; imp. E. Vert. — C'est une chanson du citoyen J.-A, Sénéchal.
Au son de caisse on vous dît : La Commune Veut partager votre bien, votre avoir.
Tous ces pamphlets^ dictés par la rancuhcj En ont menti ; car notre unique espoir Est de chasser la race tyrannique, Qui, pour de l'or, a vendu le pays; Pour égorger la jeune République, Elle a juré d'anéantir Paris.
Peuple français, sauvez la République, Avec ardeur, accourez à nos cris :
Néron brûla Rome, la ville antique, Sauvez Paris !
420. — La Veille dé Môfttf èlÔUt, Placard dont le recto seul est imprimé; lith. t)uvOye. — Ce petit morceau de prose, signé Duchéne (volontaire), lieutenant au 11^ bataillon, 4^ comp. de la garde nationale, est extrait du Moniteur de ta guerre et distribué au profit des Veuves et orphelins de la garde nationale.
J'ai dit morceau de prdsè, bieii qu*il renferttie quatre vers dont lih dé dix-sept Jîiëds :
Ce n'est plus en soldats que vous foiteà la gubi-îré, niàlë eh
bandits...
a On vous a abusés, soldats àlléiilâtids, si oh vous a promis le pillage après l'assassinat ; vous ne retitrere:É pàé dans nos murs, dU àlotà^ si la fatalité nous poUl-suivâit à ce point, votte part dé butift se-
rait bien triste; ce jour-là, vous n'çmriez plus 1 choix qu'entre des monceaux de ruines et nos cadavres. »
a France, salut I nous allons à la mort ou à t^ délivrance I »