‹ Les publications de la rue pendant le siége et la Commune: Satires - canards - complaintesChapitre 12 sur 113 · Le Ballon de l'État. 8 p. in-8; typ · texte numérisé non relu

Le Ballon de l'État. 8 p. in-8; typ

Morris.

Gambetta, d'humeur voyageuse, Venait de partir pour l'Ouest. . .

Monsieur SpuUer servait de lest ; La brise était un peu douteuse. . .

La sombre épaisseur du brouillard Rendait l'occurrence critique . .

Les pigeons de la République Montaient le ballon de Godard !

Dix couplets comme celui-là et que leur auteur, M. Félix Duverne, intitule : Satire héroïque.

41. — Les Barricades. Placard avec dessin, le recto seul est imprimé; imp. E. Vert. — Une chanson intitulée Paris sauvée et signée J. A. Sénéchal, accompagne la Notice historique sur les barricades. Le dessin qui est en tête de ce placard est le même que celui qui figure au-dessus d'une pièce intitulée : L'Union républicaine^ et publiée pendant la Commune par le sieur Sénéchal; le dessin est le même... mais les sentiments sont bien différents. Aujourd'hui ce particulier s'écrie :

Chacun frémit en voyant cette audace.

Et l'Assemblée, surmontant son dégoût, A notre armée dit ; c'est à vous la place.

De la Commune il faut briser le joug.

Etc.

Le même qui disait alors :

Au son de caisse on vous dit : La Commune Veut partager votre bien, votre avoir.

Tous ces pamphlets dictés par la rancune En ont menti;

Etc.

(Voir le n» 419.)

42. — LalBastionnaise. Placard dont le recto seul est imprimé; imp. Berthélemy. — Ces 6 couplets sont signés Jamon {le vieux Barde).

43. — Le Bilan de la Commune et des communeux. 8 p. in-8; imp. Chaumont. — Quarante-cinq couplets d'une complainte, « récit douloureux, authentique et mémorable des faits et gestes des misérables auteurs des calamités monstrueuses qui ont ensanglanté, ruiné et incendié Paris, du 18 mars jusqu'au 29 mai 1871. »

Mais dans un élan sublime.

Mus par le seul point d'honneur, Secondes par les artilleurs, Les vaillants soldats d' la ligne Les ont tous exterminés, Sauf ceux qui s' sont échappés.

Il était presque impossible^ Quoique c' fût bien opportun.

Qu'il ne s'en sauve pas quéqu's-uns, Ne serait-ce que des bribes ; Ou leurs femmes, vu que d' cell's-là On ne s'en méfiait pas.

Mais on faisait bonne garde, Cell's qu'on a pu découvrir N'ont eu qu'à se repentir.

De leurs cruell's incartades.

Les lignards ont bien pris soin D' les fusiller dans les coins.

44. — Biographie des 43 députés de Paris. Placard in-fol.; imp Cusset. — Ces biographies ne sont pas aussi mal faites que celles débitées ordinairement sur la voie publique; il n*y en a que seize et elles ne sont pas signées.

A la fin de ce placard, on lit : « La deuxième et dernière Série sera mise en vente le dimanche 19 mars. »

45. — Bismark. 3i mars 1871. 8 p. in-8; imp. Guérin. — Pièce de vers dédiée à Victor Hugo, par un garde du 100® bataillon.

— Réduire la France à l'état d'anathème. . .

— Araignée à l'aftût, clignant toujours sa proie...

— Et la France, au lointain, bouillonnait à Tinjure. . .

Etc.

Locutions à éviter; à part cela... rien à dire.

46. — Bismark, donn'-moi l'pot. Placard avec dessin colorié, le recto seul est autographié; imp. Grognet. — « Guillaume, ayant la venette, demande le pot; Bismark apporte son casque. » Voilà la légende, inutile de décrire le dessin. Je demande bien pardon à M. de la Tramblais, mais sa chanson ne vaut pas mieux que son dessin... C'est naïvement vantard, voilà tout!

47. — Bismark le cuisinier. Placard dont le recto seul est autographié ; imp. Dellery.

Bismark a dit: « Pour les réduire.

Tous ces Parisiens que j'eus En haine, il faut les laisser cuire Jusqu'au bon moment dans leur jus. »

La strophe suivante est préférable :

Il veut, — c'est le désir en somme Dont il fut toujours démangé, — Dire un jour de nous, le pauvre homme :

« Ils étaient bons, j'en ai mangé ! »

Le tout est signé ; Mirhyl Moch.

48 — Le Bombardement de Gomorrhe .

Janvier 1871. 8 p. in-8; imp. Jouaust. — Strophes, signées Abraham Dreyfus.

II faut brûler Paris, comme autrefois Gomorrhe ! Dieu nous l'ordonne ! II faut que la flamme dévore Cet antre de débauche et de perdition.

Après avoir lancé le feu qui purifie, Nous pourrons exercer dans cette ville impie La Sainte Réquisition.

• Etc.

Ces strophes ont été dites par M. Saint-Germain.

49. — La Bonne année au comte de Bismark. 3 p. in-8; imp. Chaix. — Chanson pour ses étrennés, par Messire Jean.

bo. — La Borne maudite. Histoire infernale DE l'empire; projet de monuments d'expiation A ériger a la honte des malfaiteurs de l'humanité. Immense placard dont le recto seul est imprimé; avec plan, coupe et élévation d'un modèle de borne maudite^ i5 avril 1871; imp. Berthélemy. — Pièce très-curieuse et accompagnée d'une lettre (imprimée) adressée aux Citoyens membres de la Commune de Paris; l'auteur, MA. Barnout, ancien architecte, propose à la Commune d'élever dans les coins de la place Vendôme, — qui sera alors la place de la Paix, — une borne maudite destinée à rappeler les ignominies du second empire. Des bornes maudites (sortes de piloris) seraient dressées sur le côté des places publiques, dont le milieu ap partiendra toujours aux gloires et aux illustrations.

Suit une liste — avec preuves à l'appui — des Individus voués à la malédiction et au mépris de$

citoyens^ à la haine et ci l'exécration des peuples, d l'opprobre et d l'infamie dans les générations futures, a l'animadversion universelle,,.

Je connais beaucoup d'architectes (on n'est pas parfait), j'en connais de toutes les écoles, mais j'avoue ne jamais en avoir rencontré d'aussi féroces et je ne puis réellement rien citer de ce placard violent, issu cependant d'une haine après tout fort légitime.

5 1 . — Les Bouches inutiles. 1 6 février i 87 i . 7 p. in-i6; imp. Laine. — Poésie, par A. L.

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