PAR UN RÉPUBLICAIN AMI DU GOUVERNEMENT NATIONAL
2 p. in-fol.; imp. Berthélemy. — Cet ami, M. Alexandre Ravoux, attaque vivement, et non sans raison, le projet de loi sur les échéances adopté par l'Assemblée nationale dans sa séance du 1 o mars 1 87 1 , « projet de loi tortueux, incompréhensible, véritable nid à procès, dans la rédaction duquel une vache ne reconnaîtrait pas son veau... »
Puis il supplie les gros négociants de signer une proposition faite par le Cercle du X^ arrondissement.
« Avec ce décret qui a sauvé la République américaine, la faillite parisienne est évitée, le commerce
est sauvé, la grève des huissiers continue... Et ce sera justice. »
340. — La Question des échéances et la question des loyers, i p. in-fol.; imp. Vert. — De la prorogation des échéances à trois mois après la guerre, et de la réduction des loyers d'un tiers et de la résiliation des baux — par C. V.
341. — Question des loyers. 2 p. in-fol.; imp. Dubuisson. — Ce rapport a été approuvé à l'unanimité parla société V Union républicaine qui en a voté l'impression.
On sait que Y Union républicaine centrale^ fondée par d'anciens représentants du peuple, avait pour président M. Dupont (de Bussac).
Ce rapport prouve clairement que le locataire chercherait vainement dans la loi quoi que ce soit qui pût le protéger contre le propriétaire^ et que le droit commun n'offre aucune ressource pour résoudre la question actuelle des loyers parisiens au point de vue social. Le seul principe qui doive présider à la solution de cette question, c'est le principe du salut public. Et le rapport conclut :
Le salut public, le salut des propriétaires euxmêmes exigent la remise complète des loyers pendant tout le temps de la guerre et six mois au moins après que l'ennemi aura été chassé du territoire,
342. — La Question des loyers. Placard dont le recto seul est imprimé ; imp. Vallée. — M. Frédéric Bercioux, architecte, désireux d'établir une juste balance entre le locataire, le propriétaire
et la Ville, indique certains moyens dont plusieurs me semblent avoir été adoptés par la Commission chargée de régler cette question.
343. — La Question du jour. 6 p. in-fol.; imp. Moquet. — Cette pièce, publiée pendant la Commune, et imprimée sur trois colonnes in-folio, necontient pas moins de 1200 lignes; son auteur, le docteur Benjamin Millipt, commence par un travail de patientes recherches sur les nationalités romane, germaine et slave; puis il indique ce qu'il croit être le point de départ de la guerre francoprussienne, etc., etc. Il arrive à la Commune : a Nous laissons aux générations futures l'impartiale appréciation des actes du gouvernement de Versailles et de ceux de la Commune de Paris; nous dirons seulement que cette dernière s'organisa avec le calme et la modération que lui donne la conscience de son droit et de sa force.... Le gouvernement populaire de Paris est aujourd'hui un fait accompli, et nul homme sérieux ne saurait en contester la signification. On pourra entraver la Commune dans sa marche; mais on ne réussira pas à anéantir l'aspiration du peuple parisien, et bientôt de la France entière, vers cette nouvelle forme gouvernementale, accusée jusqu'ici d'utopie. Nous avons la conviction profonde que cette forme est la seule qui puisse sauver notre patrie, par la raison qu'elle est réellement basée sur le peuple français. »
Et plus loin : « La lutte fratricide et passionnée qui vient d'être engagée ne peut avoir que trois issues : ou bien Versailles viendra à bout de Paris par la force, et la lutte sera remise à un temps prochain ; ou bien Paris aura le dessus et la France
sera sauvée; ou bien, enfin, la partie étant égale, ce sera le vautour prussien... etc. »
Le docteur Milliot termine en disant aux ouvriers que le paysan, cet éternel mineur en politique^ ne leur tendra la main que le jour où, en lui montrant notre vieille oriflamme coiffée du bonnet phrygien, ils s'écrieront d'une voix forte et fière : a Dieu protège la France I »
Bizarre I
344. — Question militaire* Placard dont le recto seul est imprimé; imp. Dubuisson. — C'est unç délibération de l'union républicaine centrale, fondée par d'anciens représentants républicains de 184S et 184g (séance du 3i décembre 1870), signée du président : Dupont (de Bussac), et des secrétaires : F. Gambon et G. Goudchaux.
Cette pièce tombe d'aplomb sur les épaules de l'éminent général Trochu ; les hauts faits militaires de ce diseur à' ave y sont justement appréciés et la conclusion est qu'il doit céder la place, non pas son plan, mais sa place à quelqu'un de plus capable.
L'Union républicaine propose le général Faidherbe, puisque la guerre sous Paris est principalement une guerre d'artillerie; au ministère de la guerre, elle voudrait voir M. Dorian qui, libre de vieilles attaches, saura dominer ou briser les routines et le mauvais vouloir des corps spéciaux; et, enfin, comme major-général des armées de la République, elle présente : J. Brunet, capitaine commandant d'artillerie, mis plusieurs fois, pour faits de guerre, à l'ordre du jour de l'arniée.
Il ne s'agit pas ici de renverser le Gouvernement,
mais de sauver Paris et la France. — Il n'y a pas une minute à perdre.