LA CRISE ARABE
L y a exactement un an, sous le titre Le Réveil de la Nation arabe dans l'Asie Turque, parut
à Paris un livre sensationnel de M. Negib-Azourybey, ancien adjoint au gouverneur de Jérusalem. Ce livre fut une révélation. Ces vastes contrées,
. presque inconnues, situées cependant aux portes . de l’Europe, ces pays soi-disant composés de | déserts de sables piqués de rares oasis, renfermaient donc une race forte, qui cherchait à se ‘ reprendre, qui voulait vivre de sa vie propre, redevenir un peuple indépendant, une nation? Un grand nombre d'hommes politiques, tant en France qu’à l'étranger, s’intéressèrent à cette question, et la presse mondiale s’en préoccupa activement.
Toutefois, plus ou moins bien informés, des écrivains Youlurent généralement localiser la ‘révolte’ arabe au Yémen sans tenir compte des
1 11 utres : : parties de cet immense pays aujourd’hui
réellement soulevé contre l’Empire turc. D’autres se refusèrent à admettre la possibilité d’une crise politique dans ces régions ; cette éventualité troublait, en effet, certaines combinaisons de politique extérieure et il était préférable de ne pas parler des Affaires d'Arabie ou, tout au moins, de les présenter comme une utopie. Les Arabes, des nomades pillards, sans attaches entre les tribus, disait-on, ne pouvaient s’unir, tenter un vigoureux effort, secouer leur torpeur et un joug de plusieurs siècles.
L'ignorance où on se trouvait de l’histoire moderne de l’Arabie et de ses richesses territoriales excusait en partie cette manière de voir. Aujourd'hui il ne saurait en être de même. Le Réveil de la Nation Arabe est devenu une réalité de plus en plus tangible. Les événements se sont succédé avec rapidité et n’autorisent plus aucun doute.
Il était utile dans ces conditions de poser nettement la question devant l’opinion publique. Des