‹ Les puissances devant la révolte arabeChapitre 16 sur 30 · L'OMAN · texte numérisé non relu

L'OMAN

our compléter l'étude politique de l’Arabie il P convient de donner quelques détails historiques sur l’Oman, bien que ce pays ne soit pas encore entraîné dans le mouvement national actuel.

L'Oman est gouverné par un Sultan improprement appelé iman de Mascate ; il n'exerce pas, en effet, les fonctions d’iman.

Jusqu'au xvui° siècle, le pays était dirigé par la famille des Yaribah qui fut détrônée par Ahmedebn-Saïd, de la famile des Ghafari. Depuis, les Yaribah se contentèrent d’une autorité locale sur les domaines du djebel Akdar.

Auparavant, FOman avait été envahi par les Portugais, puis par les Hollandais et les Persans ; mais les habitants réussirent à les chasser.

Ahmed-ebn-Saïd régna de 1759 à 1780. Son fils lui succéda.

Son petit-fils, Saïd, créa une flotte de 30 frésates et prit Zanzibar, Socotora, et les îles du golfe Persique. Sa prospérité fut troublée par l'invasion wahabite. L’Oman devint tributaire du Nedjed.

À ce moment se place la première intervention de l’Angleterre par suite de la piraterie sur mer. Un agent politique anglais obtint l'autorisation de résider à Mascate.

Le renversement de l'empire wahabite par Ibrahim-pacha permit à Saïd de recouvrer l'indépendance. À sa mort il partagea ses possessions entre ses trois fils :

Thoweyni, l'aîné, eut les îles du golfe Persique et l’Oman, depuis Barka jusqu’au djebel Akhdar ;

Madjid eut les possessions d'Afrique (dont Zanzibar) ;

Amdijed eut la partie occidentale de l’Oman, entre Barka et le Katar, avec Sohar comme capitale.

Cette situation fausse eut des résultats fâcheux. Thoweyni voulut contraindre son frère Madjid à lui payer l'impôt, d’où seconde intervention des Anglais pour un arbitrage. Madjid devint indépendant.

Thoweyni se retourna contre Amdjed. Grâce, cette fois, à l'appui de l'Angleterre. il put triompher et s'emparer de son frère, mais les partisans continuèrent la lutte.

Thoweyni appela à ce moment à son aide Fayssal, roi du Nedjed, qui avait rétabli l'empire wahabite. Fayssal fit la campagne contre les infidèles. Ses lieutenants furent arrètés dans leur conquête par la grâce des filles de Oman. Thoweyni put traiter avec les envahisseurs et promit d’envoyer à Er-Riad, capitale du 'Nedjed, un tribut annuel (1853).

En 1862, les gouvernements français et anglais s’engagèrent à respecter l'indépendance du Sultan de l’'Oman. Ce traité concernait également Zanzibar. Depuis, les événements se précipitèrent.

En 1890, à la suite d’une convention entre la France et l'Angleterre, le protectorat anglais fut autorisé à Zanzibar, mais le traité de 1862 fut maintenu en ce qui concernait l'Oman.

Le Sultan actuel, Feysul ben Turki, eut, à l’occasion de son avènement au trône, à lutter contre d'autres compétiteurs (1888) et fit appel au gouvernement des Indes (1890). Grâce à cet appui, il put s'installer définitivement. Il s’engagea, à ce

A on A AIS OU TERRES

moment, à n'aliéner aucune partie de son territoire sans le consentement de la Grande-Bretagne. |

Pendant plusieurs années le gouvernemeut des Indes accorda au Sultan un subside de 7200 roupies par mois, et lord Curzon, en 1892, exprimait l'opinion que l’Oman étaitune dépendance anglaise.

Aussi, dès que lord Curzon fut nommé vice-roi des Indes, empêcha-t-il l'Oman de conclure un traité particulier avec la France, traité qui accordait à cette dernière une station de charbon à Bunder-Jisseh (à 5 milles au sud-est de Mascate), avec droit d'y élever des fortifications et d’y créer une base navale (1898).

On se rappelle qu’à cette époque l'amiral Douglas, avec de nombreux navires de guerre, arriva devant Mascate (14 février 1899) et donna au Sultan deux heures pour retirer sa signature. Le Sultan céda, la France également.

L’Angleterre voulut bien autoriser la France à avoir un dépôt de charbon à Mascate même. Elle qugeait que les intérêts français sur cette côte étaient minimes et qu'elle seule, grâce à ses longues relations commerciales avee l'Oman, pouvait commander au Sultan.

Le consul de France, cependant, usant des prérogatives du traité de 1862, continua à exercer sa juridiction sur tous ses protégés, à délivrer des lettres patentes à des boutres et autres voiliers, et à autoriser ceux-ci à arborer le pavillon fran- Çais.

Le Sultan, certainement incité à agir de la sorte, prétendit (14902) qu'une partie de ces protégés français étaient ses sujets et refusa de reconnaître les lettres du consul. Il fit comparattre devant lui un certain nombre d’indigènes et les condamna.

La France envoya un vaisseau de guerre à Mascate pour appuyer ses réclamations.

Le Sultan se retourna de nouveau vers l’Angleterre qui lui conseilla de différer le châtiment de ses sujets en attendant la décision du tribunal de La Haye.

Cette décision, intervenue en août 14905, confirme les droits de la France, mais ne permet à cette puissance de les exercer que vis-à-vis des personnes considérées comme ses protégés en 1862. De même, les embarcations qui ont obtenu l’autorisation de battre pavillon français doivent être les mêmes que celles de 1862. Enfin, les

équipages restent soumis à la juridiction du Sultan. En réalité la France perd le procès.

Telle est la situation actuelle de Oman dont

nous aurons à nous occuper de nouveau,

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