‹ Les puissances devant la révolte arabeChapitre 26 sur 30 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

A France a occupé et occupe encore dans l'Orient une situation prépondérante basée sur son protectorat religieux. Elle possédait, il y a peu de temps, dans ces régions une clientèle considérable qui lui permettait d'étendre partout son influence et d'exercer même une action de tout premier ordre sur les événements futurs. Or, il semble que depuis quelques années notre protectorat a subi de fâcheuses atteintes par la faute de nos agents consulaires. Ceux-c1 n’ont pas compris leur rôle; ils ont oublié la parole si juste de Gambetta : « L’anticléricalisme n’est pas un article d'exportation. » Les catholiques orientaux protégés par nous sont, en effet, absolument indifférents au régime de notre gouvernement intérieur et à sa politique vis-à-vis des Congrégations et des Églises. Nos protégés aiment la France parce

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qu'elle les défend contre l'arbitraire et l’hostilité des Sultans de Constantinople et aussi parce qu’étant en grande majorité de leur religion, les Français les aident généreusement par des moyens moraux et matériels.

Notre politique religieuse intérieure n’a donc eu aucune répercussion en Orient, contrairement à ce que certaines personnes ont pu croire. De même celles qui ont conseillé de poursuivre en Orient une politique anticléricale ont commis une erreur, plus profonde encore. Elles n'ont pas réfléchi que si nous avons le droit d'agir chez nous comme bon nous semble, nous sommes par là même obligés de respecter l’indépendance intérieure des autres nations.

Cependant nos consuls, plus préoccupés de ce qui se passe en France que de leur devoir sur place, ont pris le parti de copier la métropole. Ils ont donc voulu faire de l’anticléricalisme français contre les catholiques allemands, italiens, américains, russes et orientaux. Or, si notre gouvernement a des motifs quelconques pour sévir contre les religieux et rompre avec le Vatican, nos agents à l’étranger n’ont aucune raison de s’écarter de la politique traditionnelle de la France et de com-

promettre maladroitement des intérêts supérieurs que des siècles d'efforts et de sacrifices nous ont conservés jusqu’à ce jour.

Dans les provinces arabes de la Turquie, seulement, notre protectorat s’étendait sur cinq églises indigènes classées suivant leur importance : les Maronites (450 000) avec un patriarche et huit évêques diocésains ; les Grecs-melkites-catholiques (150 000) avec un patriarche et treize évêques ; les Syriens catholiques (60000) avec un patriarche et huit évêques; les Latins Arabes en Palestine (20 000) avec un patriarche et un évêque italiens.

De plus, nous protégions les deux délégués apostoliques de Beyrouth et de Bagdad dont la juridiction s'étend sur toutes les nationalités. Tous les couvents catholiques relevaient également de nos consuls, quel que füt leur pays d’origine.

Cette magnifique clientèle nous donnait une influence politique et économique prépondérante, Grâce à elle, nos consuls avaient un prestige qui excitait les jalousies des représentants des autres Puissances.

Ce protectorat séculaire ne nous demandait guère de sacrifices. De temps en temps, notre

ambassadeur à Constantinople devait inviter les ministres ottomans à rappeler les valys des provinces au respect des lois internationales. Au point de vue pécuniaire, la charge de la France était tout aussi minime. Îl n’est, en effet, pas exact de dire que nous dépensons beaucoup d'argent pour nos écoles d'Orient, tous les missionnaires qui servent notre influence étant entretenus par la charité privée. D'autre part, le Ministère des affaires étrangères a seulement à sa disposition un crédit de 750 000 francs qu'il répartit entre toutes les écoles françaises (congréganistes et laïques, sans distinction) d'Égypte, de Syrie, d’Anatolie, de Macédoine et de Constantinople.

Malgré les intrigues de l’Allemagne, de l'Italie et de la Russie, nos consuls n'avaient donc qu’à faire leur devoir pour que notre protectorat demeurûât intact. Pour justifier l'attitude de certains d’entre eux, on a dit et répété qu'il n’était pas possible de soulever des difficultés à chaque instant pour le bon plaisir des missionnaires.

Cette excuse n'est pas valable; nous sommes assez forts pour nous faire respecter par les Turcs.

Pour la seule créance Lorando-Tubini, nous

avons demandé et fait plus que pour notre protectorat pendant ces quarante dernières années.

Enfin, il convient de remarquer que, sans ce protectorat, nos consuls dans le Levant n'auraient aucune raison d'exister. La colonie française en Syrie est insignifiante; notre pays y est représenté, en dehors des missionnaires, par quelques cuisiniers et restaurateurs dont la présence en Orient ne saurait justifier les 25 000 francs d’appointements donnés à chacun de nos consuls.

Il est évident que si notre consulat général à Jérusalem s'était donné la peine de protéger les PP. franciscains lors de la dernière bagarre du Saint-Sépulcre, ceux-ci n’auraient pas sollicité les bons offices de leurs consuls respectifs. Au contraire, notre consulat général en Terre sainte refusa son appui aux franciscains allemands et italiens et ne voulut même pas poursuivre les agresseurs du vicaire général de la Custodie, un Français de France cependant. Ceux qui avaient frappé les prêtres allemands et italiens furent punis sévèrement, grâce aux consuls de ces puissances, tandis que ceux qui avaient essayé de mutiler notre compatriote, ne reçurent même pas une réprimande. Bien plus, notre consul général eut

la fâcheuse idée de demander à notre gouvernement la cravate de commandeur de la Légion d'honneur pour le gouverneur turc de Jérusalem, qui avait travaillé contre nous de concert avec les Allemands, et la rosette d’officier pour les colonels turcs qui avaient assisté, impassibles, à l'agression armée contre nos compatriotes et nos protégés.

Ce sont de tels faits, et non la politique de Waldeck-Rousseau et de M. Combes, ou la rupture avec le Vatican, qui ont enlevé aux missionnaires la confiance qu’ils avaient en nous et qui les ont incités à se réclamer de leurs consulats respectifs.

Notre protectorat a été ainsi entamé. Encouragée par ce succès, la Société catholique allemande de Cologne, très protégée par l’empereur lui-même, redouble en ce moment d'efforts pour annihiler l’action de nos écoles. De même une association catholique italienne vient de s'organiser à Milan, pour centraliser la direction des missions italiennes et leur imprimer un mouvement de propagande nationale et, par conséquent, antifrançaise. On assure aussi que le gouvernement du Quirinal a donné à cette société les trente millions de francs

provenant de l'indemnité chinoise versée pour les missions italiennes détruites par les Boxers. Cette Association, entrant de suite en action, a fait demander par les conventuels de Constantinople et par les salésiens de Palestine la protection italienne qui leur a été aussitôt accordée.

Nos agents diplomatiques et consulaires ont accueilli cette désertion avec une complète indifférence. Cependant, les missions salésiennes de Terre sainte ont été construites avec l’argent de la charité française, et c'est grâce à notre protection qu'elles ont pu prospérer. Le moment est pourtant mal choisi pour nous désintéresser de cette question capitale, les événements qui se préparent, c’est-à-dire l'émancipation des Arabes, devant avoir une grande répercussion politique. Laisser les autres puissances nous supplanter auprès de nos anciens protégés, c’est leur assurer en grande partie la prédominance dans la Méditerranée orientale. Est-ce cela que nous avons cherché ?

Grâce également à l’incurie de notre diplomatie, nous venons de perdre la délégation apostolique de Beyrouth. À feu Mgr Duval, dominicain français, succède l’ex-custode de Jérusalem, Mgr Fre-

diano Giannini. Pourtant, après des efforts inouïs, notre gouvernement avait réussi à faire donner à un Français ce poste qu'avait dù quitter Mgr Piavi, qui vient de mourir patriarche de Jérusalem. On comprendra l'importance de la délégation apostotique de Beyrouth en apprenant que son titulaire remplit les fonctions de commissaire de la curie romaine auprès de toutes les églises orientales. Il peut, à son gré, leur imprimer un mouvement favorable ou hostile au gouvernement qu'il veut servir ou qu’il cherche à discréditer.

Le premier résultat de cette victoire italienne ou allemande a été de détacher de nous le patriarche grec-melkite-catholique. Le chef de cette église, qui a toujours vécu de notre protection et de nos largesses, n’est pas allé à Paris présenter ses hommages à notre gouvernement. Il s’est fait l'intermédiaire entre le Sultan et le Pape pour la création d’une ambassade turque auprès du Vatican et d’une nonciature à Constantinople.

Le Sultan, poussé par Guillaume IT, n’a pas eu de peine à convaincre le patriarche melkite, parce

que celui-ci est chef d’une église qui n'a pas de

| pays propre. Ses 150 000 fidèles sont éparpillés

| un peu dans toutes les villes de la Syrie et de

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l'Égypte. Ils sont pour la plupart commerçants, ouvriers, employés ou domestiques.

Cela suffit à expliquer comment cette église est tenue à une servilité évidente vis-à-vis des Turcs, afin de pouvoir vivre en paix. Le patriarche lui-même ne peut exercer ses fonctions que par une investiture spéciale de la Porte. Il en est de même des Syriens et des Chaldéens catholiques. Aussi on peut prévoir que ces derniers rites feront également défection, si nos diplomates persistent dans leur attitude et négligent nos intérêts.

Restent les Maronites. Ceux qui convoitent notre protectorat essayent en ce moment de nous enlever le boulevard de notre influence en Orient, c’est-à-dire le patriarche maronite et sa nation. Contrairement aux autres rites dont nous avons parlé plus haut, les Maronites forment un véritable État dans l’État turc. Ce petit peuple de 450 000 âmes est retranché dans les montagnes du Liban, entre l’embouchure du Léontès et celle de l’Oronte. De là, il a défié tous les conquérants qui ont dévasté la Syrie : les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes et les Turcs, Le caractère de ces montagnards est, s’il nous est permis de nous exprimer ainsi, aussi fier que.

leurs montagnes qui se dressent en amphithéâtre imposant, dominant la mer jusqu’à la plaine de Bekaa (Cœlo-Syrie), où leurs plus hauts sommets atteignent 3 500 mètres.

Jusqu'en 1845, les Maronites vécurent absolument indépendants, sous l’autorité de leur émirs et de leurs patriarches. À cette époque, la Porte chercha à pénétrer dans leur pays et à les réduire à l’obéissance, parce qu'ils avaient été d’un grand appui à Ibrahim-Pacha, dans sa marche en Syrie. Fidèle à sa tactique, le gouvernement turc suscita des querelles intestines entre les Maronites et les Druses, afin d’en profiter. Cet état de choses dura jusqu’en 1860, époque à laquelle l'intervention de Napoléon IIT et de l’armée française mit fin aux désordres. Le Liban fut constitué en province autonome sous le haut contrôle des grandes puissances.

La position même du Liban, qui constitue la clef de tout le nord de l’Arabie et qui forme une base d’opérations incomparable ‘sur la Méditerranée, a donné lieu à des intrigues européennes. Toutes les puissances ont voulu s’assurer l’amitié de ce petit peuple et, en quelque sorte, un piedà-terre dans ce pays. C’est ainsi que, lors de la

constitution du Liban en province autonome, la Turquie s’est habilement ménagée le port de Bey-

elle aurait risqué de perdre toute l'Arabie du Nord si le Liban s'était révolté et avait empêché le ravitaillement du corps d'armée de Damas, par la Méditerranée.

Il serait trop long de parler en détail des

routh sur son littoral. Sans cette sage précaution,

intérêts et des rivalités des puissances sur ce petit coin de l’Asie Mineure. En résumé, depuis saint Louis jusqu’à nos jours, le peuple du Liban est demeuré un allié fidèle de la France et s’est tou-

jours montré disposé à appuyer notre politique

en Orient, et ce, avec un dévouement sans bornes, en retour de la protection que nous lui offrions. C'était une véritable alliance.

Or, aujourd’hui, profitant de notre querelle avec le Saint-Siège, et de la maladresse de nos consuls, nos concurrents italiens, russes et allemands cherchent par tous les moyens à détourner de nous les Maronites. Les plus habiles et les plus acharnés sont les Allemands qui, cachés derrière le Sultan, essayent par toutes sortes de promesses séduisantes de supprimer l’autonomie des Maronites en détruisant le prestige séculaire de leur

patriarche au profit du gouvernement turc du Liban. A cet effet, on s’eflorce de persuader à Mgr Hoyek, le patriarche actuel, que la France ne veut plus le protéger et qu’il a tout avantage à faire comme les autres patriaches orientaux, c’est-à-dire à accepter l’investiture officielle du Sultan pour l'exercice de sa fonction.

Il est évident que si ces intrigues aboutissaient, le Liban deviendrait une simple province turque et les Maronites cesseraient d’être un peuple indépendant.

Il est regrettable de constater que les membres de la curie romaine inclinent fortement vers ce but. Quelques Maronites privilégiés par Abdul-Hamid et comblés de faveur par lui, veulent, dans leur intérêt personnel, persuader au patriarche de céder.

Cependant, il est bon de le reconnaître, grâce aux conseils de notre Ministre des affaires étrangères, appuyé en ce sens par l'Angleterre, le patriarche a résisté. Il ne s’est pas départi de la ligne de conduite et de la fidélité que ses prédécesseurs ont eues vis-à-vis de la France, malgré ce qu’on a pu lui dire de défavorable sur nous et de notre désintéressement des affaires de Syrie au profit du Maroc.

198 LES PUISSANCES DEVANT LA RÉVOLTE ARABE C’est pourquoi il est indispensable que notre gouvernement continue notre politique traditionnelle envers les Maronites. Ceux-ci forment seuls le noyau de notre protectorat et de nos intérêts en Asie Mineure. Même si nous perdions tous nos autres protégés, notre alliance avec les Maronites

nous assurerait une situation prépondérante.

La véritable raison du voyage à Rome du patriarche maronite est qu’il a été appelé par le pape lui-même. La curie romaine, dégagée de l’action de notre représentant diplomatique auprès d’elle, s’est laissé influencer par les efforts redoublés de la légation allemande. Elle voulait discuter avec les patriarches orientaux quelle ligne de conduite ils devraient suivre envers la France, si cette dernière continuait à violenter le Saint-Siège, à persécuter les religieux chez elle et à refuser sa protection aux missionnaires à l'étranger.

L’intention du Vatican est l’évidence même. Il voulait purement et simplement détruire notre influence dans toute la Méditerranée orientale et à Constantinople, comme on lui prête le désir de vouloir le faire à Tunis. Naturellement, en parlant du Vatican, on sait qui agit en arrière.

Cette politique du Saint-Siège a obtenu du suc-

cès auprès des patriarches orientaux dont la nomination est confirmée par la Porte.

En perdant notre influence religieuse, nous n'avons plus aucune action directe sur le pays et nous faisons oublier toutes nos œuvres séculaires. Or, le Japon nous en donne lui-même l'exemple en ce moment en envoyant des bonzes et en créant des bonzeries en Chine et dans Pile de Haïnan ; c’est, en effet, par les missionnaires que l’on pénètre d’abord dans une région et que l’on y prend pied. Notre gouvernement commet donc une lourde faute en sacrifiant nos intérêts religieux. Ceux-ci, quoi qu’on en dise, sont fort compromis, ainsi qu'on a pu le voir plus haut. La note ci-contre, envoyée de Rome ces jours derniers, est d’une précision parfaite à ce sujet :

« On a dit et répété, ces jours-ci, que personne au Vatican ne pensait à faire ou à proposer, pour le moment, des modifications dans le régime du protectorat des catholiques d'Orient.

« La chose est exacte. Mais les dispositions actuelles n’empêchent pas que, le problème d'un

changement dans les œapports avec la France s'étant posé, même sur ce point, le Vatican n’ait déjà arrêté ses décisions.

« Elles se résument dans un projet présenté par la Congrégation de la Propagande au pape, et auquel on assure que Pie X aurait déjà donné son approbation.

« Selon ce projet, on réserverait à l'Italie le protectorat à Constantinople, dans une partie de l’Albanie, la Tripolitaine, la Cirénaïque, la Palestine et les îles de la mer Égée.

« L’Autriche-Hongrie aurait les droits de protectorat sur la péninsule balkanique, excepté la Turquie.

« À la Belgique échoierait l'Afrique occidentale; à l'Espagne le Maroc et une partie de l'Afrique orientale ; à lAngleterre les Indes et l'Afrique centrale. De son côté, l'Allemagne aurait la Chine, le Japon et la Corée. »

Cette note est complétée par les informations suivantes : |

« Sans que le Vatican leur ait donné un ordre quelconque, les franciscains établis dans la capitale turque ont profité du jour anniversaire de la naissance du roi d'Italie pour donner la preuve

qu'ils avaient cessé de recôurir à la protection de la France.

« Un drapeau italien tout neuf fut déployé sur l’église Saint-Antoine et l’intérieur décoré des couleurs nationales.

« Toute la colonie italienne entourait l’ambassadeur et tout le personnel de l’ambassade et du consulat.

« Après la messe et un Te Deum, le supérieur des franciscains appela la bénédiction de Dieu sur le roi d'Italie, tandis que l'orgue jouait la « Marche royale ».

« Smyrne, 20 janvier. — Les dominicains ont arboré à Smyrne et à Constantinople le drapeau italien. »

Le mal paraît donc sans remède, l’esprit de parti étant plus fort que l’esprit politique. Quant aux intérêts d’un autre ordre que nous possédons en Arabie, ils sont relativement minimes :

4° La ligne de Mersina à Adana dans la Cilicie. — La concession de cette ligne a été cédée à une compagnie française qui en dirige l’administration; . mais, sur 8250 actions de 500 francs, les Anglais en détiennent 3500, les Français 2500 et les autres nations 2250. Ce chemin de fer est très

prospère et donne ordinairement un revenu de 6 p. 100.

2 Ligne de Beyrouth-Damas, Damas-Hauran, |

Damas-Alep-Biredjik (1891-1893). — Les premières sont en exploitation depuis une dizaine d'années; la troisième a été construite jusqu’à Homs en 1903 et Hama en 1905.

3° La ligne de Jaffa à Jérusalem cédée à une Compagnie française en 1888 et livrée au trafic en 1892. Le firman de concession accorde aussi la construction d’une section sur Gaza et d’une sur Naplouze.

4. D'après les nouvelles relatives au chemin de fer français de Hama à Alep, les travaux de construction de cette ligne dont la concession a été obtenue avec tant de difficultés par la diplomatie française, avancent rapidement, et seront, espère-t-on, terminés dans un an d'ici. Des modifications apportées aux plans primitifs tendent à diminuer dans une assez large mesure les dépenses prévues au premier abord. La longueur de la ligne de Hama à Alep est de 154 kilomètres.

Ce sera Alep qui formera le point terminus de la ligne Beyrouth-Rayak-Damas, et lorsque tous les travaux seront complétés, c’est-à-dire dans un an d'ici, les Français auront en £yrie l'exploitation de 600 kilomètres en comptant la ligne de Damas-Mezireb. Ce réseau est susceptible d’être prolongé plus tard jusqu’à Biredjik, soit encore une longueur de 150 kilomètres environ, et de se joindre alors au chemin de Konia-Bagdad. ‘

La Société française étudie en ce moment le projet d'un tunnel à construire sur un point du parcours de la ligne Beyrouth-Damas. Par ce tunnel, le trajet entre ces deux villes sera raccourci de trois heures.

4° Tramways libanais de Saïda à Tripoli; un tronçon seulement, de Beyrouth à Djoumeh, est en exploitation.

ë° Le port de Beyrouth appartient à une Compagnie française.

6° Compagnie d'éclairage au gaz de Beyrouth.

Nous avons vu d’autre part qu'à Mascate nos droits étaient à peu près réduits à néant et que nous n’avions pas su rétablir la ligne de navigation du golfe Persique. Djibouti seul fait un assez important commerce, de contrebande surtout, avec les provinces sud de l’Arabie.

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